Arte Magazine n°15 8 avr 2000
Arte Magazine n°15 8 avr 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°15 de 8 avr 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : sexe... hommes / femmes mode d'emploi.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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d i m a n c h e9 avril Histoires de poisons 22.30 Poison contre poison Documentaire d’Alain Lasfargues (France, 2000-54mn) Coproduction : La Sept ARTE, Coup d’œil Dans les coulisses des laboratoires Johnson, où l’on teste les insecticides. Les plus grands empoisonneurs du siècle sont les militaires. « On a tous, dans nos armoires à pharmacie, largement de quoi tuer toute notre famille. » Du « profiler » au spécialiste en insecticide, le poison occupe nombre de praticiens. Sur un mode ludique et drôle, Alain Lasfargues part à la rencontre de ces figures modernes d’empoisonneurs et de « dépoisonneurs ». Si l’on sait que le poison se verse dans la soupe d’une riche belle-mère, on connaît mal ses autres utilisations. En cinq volets, ce documentaire passe en revue tous les aspects du poison d’hier et d’aujourd’hui : poison historique (avec Jean de Maleyssie, auteur d’une H i s t o i re du poison), poison m i l i t ai re, criminel, quotidien et naturel. Si, depuis la mise au point de tests de détection de l’arsenic par James Marsh, les empoisonneurs traditionnels sont au chômage ou en prison, le rôle des substances toxiques ne se limite pas à l’élimination des rats. Les plus grands empoisonneurs du siècle sont les militaires. Ils ont remplacé le sympathique arsenic de nos grands-mères par des neurotoxiques qui tuent par simple contact. L’école de lutte antichimique de l’armée française de Caen forme ainsi des « dépoisonneurs ». Des Laboratoire s Johnson, le plus grand producteur mondial d’insecticide, ce documentaire nous emmène au centre antipoison de l’hôpital Fern a n d - Vidal, où les médecins mènent un vrai travail d’enquêteurs pour déterminer la composition des produits ingérés accidentellement. Enfin, le curare paralysant est souvent employé dans les opérations chirurgicales. Autre f o i s p orteur de mort, le poison peut aujourd’h u i aider à sauver des vies. Le crime était presque parfait Ce documentaire très réussi commence sur un mode humoristique qui dédramatise d’emblée tout discours venimeux. Des extraits de film muet, où l’agonie de l’em - poisonné est comiquement spectaculaire, des tableaux de maître inattendus illustrent les reportages et les entretiens tout en sou - lignant le potentiel romanesque du poison. D’ailleurs, le réalisateur Alain Lasfarg u e s revêt les attributs de Sherlock Holmes avec un plaisir non dissimulé. Le documentaire est lui-même contaminé par cet enthousias - me soulevé par le poison. À cro i re qu’il réveille en chacun de nous une vieille envie de meurt re ! Mais attention : si les crimes par empoisonnement sont devenus rare s dans les statistiques, c’est sans doute que beaucoup passent inaperçus. Ce sont des crimes prémédités accomplis de sangf roid. Avec le poison, la mort peut se don - ner sans contact, elle perd de son caractè - re violent et sanglant. Du même coup, elle apparaît comme libérée de ce qui la re n - dait sacrilège. Si les États-Unis exécutent leurs condamnés à mort par injections létales (en 1999, sur 98 exécutions, 94 ont eu lieu par injection), c’est aussi pour avoir l’i m pression de garder les mains pro pres. Le crime passe mieux quand il est insidieux et opère de l’intérieur…
23.25 A ff ai res de poison, affaires de femmes ? Documentaire de Jean-Louis Gonnet (France, 2000-24mn) Coproduction : La Sept ARTE, Coup d’œil Marie Capelle, Violette Nozières, Marie Besnard : trois femmes accusées d’empoisonnement, trois procès retentissants qui ont fait ressurgir l’image ancestrale de l’empoisonneuse. Dans l’imaginaire collectif, de Lucrèce B orgia à la marquise de Brinvilliers, les femmes et le poison ont partie liée. Le stéréotype de l’empoisonneuse perd u re à travers les siècles. Entre 1850 et 1950, tro i s a ff ai res ont permis de mesurer la prégnance de cette image, entre la sorc i è re et la faiseuse d’anges : Marie Capelle, soupçonnée en 1840 d’avoir empoisonné son mari à l’arsenic, condamnée aux travaux forcés ; Violette Nozières, accusée d’avoir tué son père avec des barbituriques, condamnée à la perpétuité ; Marie Besnard, enfin, accusée en 1955 d’avoir empoisonné douze personnes de son entourage, acquittée au t erme de trois procès sur une période de qu a t o rze ans. À chaque fois se rejouent la même hystérie collective, le même ballet des experts en tout genre et des avocats en représentation… En 1934, Violette Nozières est accusée d’avoir tué son père avec des barbituriques. À travers l’hystérie collective liée au crime, ces affaires mettent en lumière une certaine image de la femme aux XIX e et XX e siècles. L’apprentie sorcière Le but de ce documentaire n’est pas de re f ai re le procès de ces femmes, mais de pre n d re conscience du déchaînement des passions autour du poison. À travers l’hys - térie collective liée au crime, ces aff ai re s mettent en lumière une certaine image de la femme aux XIX e et XX e siècles. La somme des estampes, des photographies et des images d’archives, qui permettent de suivre l’h i s t o i re de ces empoisonnements suppo - sés, montre à quel point l’attention du public de l’époque s’est cristallisée sur ces f i g u res de femmes diabolisées. Cappelle, N o z i è res, Besnard sont mises au pilori comme autant de symboles de déprava - tion. Jean-Louis Gonnet raconte trois his - t o i res passionnantes en refusant d’alimen - ter l’hystérie suscitée par ces résurg en c e s de chasses aux sorc i è res. Le poison se fond aux aliments pour passer inaperçu ? Seule la femme est assez fourbe pour user de ce moyen perfide de donner la mort … 23.50 Les couleurs du poison Documentaire de Chris Godden et Mags MacRae (Grande-Bretagne, 1995-50mn) Piquant bestiaire. Pour se nourrir ou se défendre, nos amies les bêtes (serpents, tarentules, scorpions, f o urmis-bouledogues et autres poissonsscorpions) sont dotées d’un arsenal chimique impressionnant. Sous la robe rou g e flamboyante de la grenouille des fraises se cache un poison des plus re d ou t a b l es. Dans ce documentaire, le scorpion cro i s e la veuve noire, le serpent arboricole re n- c on t re le cobra royal, mais ces joyeuses joutes ne sont rien en comparaison de ce qui attend le spectateur sensible. Arachnophobiques s’abstenir !



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