Arte Magazine n°14 28 mar 2020
Arte Magazine n°14 28 mar 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de 28 mar 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : histoire du trafic de drogue.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°14. LE PROGRAMME DU 28 MARS AU 3 AVRIL 2020 8 À force d’obsession et d’intransigeance, Jean-Pierre Melville, au centre du documentaire de Cyril Leuthy, aura réussi à dynamiter le cinéma français de l’intérieur, créant un style inimitable qui fait toujours école. Noir est sa couleur Dimanche 29 mars à 20.55 Soirée Jean- Pierre Melville Film Le deuxième souffle Lire page 14 29/3 4/4 Suivi du documentaire Melville Le dernier samouraï Lire page 15 22/3 27/5 Durant un quart de siècle, de 1947 à 1972, le cinéma français fut arpenté par un gangster se rêvant séminariste, à moins que ce ne fût l’inverse. Du gangster, Jean- Pierre Melville avait la méticulosité et le culot, braquant littéralement son premier film, Le silence de la mer, à la barbe de Vercors, l’auteur du livre éponyme, dont il passa outre le refus d’adaptation, et fracturant par la suite les règles syndicales de sa profession pour assurer son indépendance. Du séminariste, cet ancien résistant partageait l’attrait pour l’isolement, enfermé dans ses immenses studios comme dans un cloître, et dans ses souvenirs de guerre comme dans une cellule. Ces deux facettes complémentaires expliquent comment le même homme put réaliser Le samouraï et Léon Morin, prêtre. UNE VIE DANS LES SALLES OBSCURES Jean-Pierre Melville assurait être dérangé par la lumière. Pour s’en prémunir, il portait des lunettes de soleil, fermait les volets de sa chambre afin d’écrire, et passait sa vie dans les salles obscures. C’est donc naturellement qu’il devint un esthète du film noir. Si une règle tacite veut que la qualité et la beauté en art naissent de la contrainte, le cinéaste l’aura prouvé toute sa carrière à travers l’un de ses plus étonnants paradoxes  : il vénérait le septième art, adorait les acteurs, mais détestait les tournages, auxquels il ne pouvait pour autant se soustraire, voyant le cinéma comme une activité organique  : «Un film doit être fait avec son sang», disait-il. Cette contradiction fertile l’enchaîna à une existence de Sisyphe, de perfectionniste maladif et donc d’éternel insatisfait. Melville se brouilla avec presque tous ses proches, y compris son alter ego, Alain Delon, ce «frère qu’il aurait voulu garder, et ce fils qu’il aurait aimé avoir». Cette liberté d’esprit et cette inadéquation avec son époque nourriront l’étrangeté de son œuvre, sorte de recréation en miniature d’une Amérique de fantasme transposée dans des paysages français. En se refusant à suivre les modes, même les plus populaires comme la Nouvelle Vague, qui ne rêvait pourtant que de son approbation, il créa obstinément la sienne, qui lui permit d’atteindre une forme d’immortalité et de servir de modèle à des réalisateurs comme Quentin Tarantino ou Michael Mann. Une postérité qu’il appelait de ses vœux dans une scène d’interview fameuse d’À bout de souffle de Jean-Luc Godard, où Patricia (Jean Seberg) lui demandait qu’elle était sa plus grande ambition  : «Devenir immortel, et puis mourir.» Augustin Faure LES FILMS CORONA/EURO INTERNATIONAL FILM (EIA)/SELENIA CINEMATOGRAFICA DILTZ/BRIDGEMAN IMAGES
MILGRAM Lettres d’amour 2.0 Adaptée du livre de Morgane Ortin, Amours solitaires raconte la romance épistolaire de Maud et Simon, qui se courtisent via leur téléphone portable. Une websérie feuilletonnante au romantisme doux-amer. Amours solitaires En ligne le 30 mars sur Instagram et Youtube, et le 4 avril sur arte.tv/amourssolitaires. La série est codiffusée par les partenaires de l’Atelier audiovisuel public (atelieravpublic.fr). Comment parle-t-on d'amour en 2020 ? Réponse dans la nouvelle websérie d’ARTE. Adaptée par Joris Goulenok du tome 1 du livre éponyme de Morgane Ortin, la fiction générationnelle Amours solitaires, découpée en vingt-trois épisodes de une à trois minutes (diffusé au quotidien sur quatre semaines), suit au jour le jour la correspondance numérique de l'audacieuse Maud (Manika Auxire) et du timide Simon (Adam Bessa), deux amants des temps modernes. Les messages qu’ils s'envoient sont un subtil montage de SMS authentiques glanés par l’auteure du livre sur son compte Instagram @amours_solitaires. Depuis 2017, cette «archiviste de l’amour 2.0» y partage des milliers de captures d'écran de conversations intimes d'anonymes qu’elle reçoit via l'application. «Je voulais qu'on lise ces messages comme les strophes d’un poème», précise cette adepte du romantisme, par ailleurs ex-responsable d’édition chez Des Lettres. Des bulles de mots doux, crus, coquins, drôles, touchants ou piquants, mis en images dans Amours solitaires, la websérie réalisée par Xavier Reim et produite par Milgram avec les partenaires de L'Atelier de l'audiovisuel public. BILLET DOUX AUX WC Sélectionnée avec quatre autres propositions dans le cadre de l'Atelier – un appel à projets commun lancé en 2018 sur le thème «Ma vie sur les réseaux sociaux» –, Amours solitaires se décline en deux formats, l’un horizontal (à destination de Youtube et d'ARTE.TV), et l’autre vertical, comme filmé par les personnages eux-mêmes (vidéos sur Instagram). Chaque épisode superpose les messages et la situation dans laquelle Maud et Simon les écrivent (lors d’une soirée festive, à un dîner entre potes rigolards, au fond du lit, voire aux toilettes…). Contrairement au compte Instagram et au livre, la série dévoile donc l’envers du décor. «Nous voulions jouer sur ces mensonges du quotidien qui font la beauté des échanges. Le contexte n’est parfois pas du tout romantique mais cela apporte du second degré», s'amuse Morgane Ortin. Sous ses airs de comédie romantique, Amours solitaires nourrit également une réflexion sur la complexité du sentiment amoureux en dévoilant ses multiples facettes. Au fil des épisodes, la légèreté des premiers textos fait place à des interrogations plus profondes, notamment quand se pose la question de l’engagement. Les vannes aguicheuses s’effacent au profit de missives brûlantes et parfois désespérées, comme pour révéler le feu qui couve sous les petits écrans glacés des portables. Hélène Porret Rendez-vous sur Instagram ARTE lance fin mars un nouveau compte Instagram dédié aux séries feuilletonnantes. Fiction ou documentaire, des récits adaptés aux usages de l’application y seront proposés tous les deux mois, sur IGTV (l’espace vidéo de l’application) ou en story. ARTE MAG N°14. LE PROGRAMME DU 28 MARS AU 3 AVRIL 2020 9



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