Arte Magazine n°13 21 mar 2020
Arte Magazine n°13 21 mar 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de 21 mar 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Paris-Brest.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°13. LE PROGRAMME DU 21 AU 27 MARS 2020 6 Trouver sa voie Vendredi 27 mars à 20.55 Téléfilm Paris-Brest Lire page 24 20/3 25/4 Philippe Lioret Qu’est-ce qui vous a attiré dans le roman de Tanguy Viel ? Philippe Lioret  : Le cadre, la ville de Brest, et surtout les personnages, qui n’attendaient qu’à se développer sur un écran  : la famille, la trahison, la repentance, tout cela résonnait intimement en moi. La famille est le lieu de toutes les dramaturgies. Comment avez-vous conçu l’adaptation ? À chaque fois que j’ai adapté un roman (Je vais bien, ne t’en fais pas, Toutes nos envies, Le fils de Jean), j’ai pris des libertés avec le matériau de départ et je m’en suis principalement servi comme d’une source d’inspiration. Même s’il n’y a pas de règle en la matière, pour moi, reproduire un livre à l’identique n’a pas vraiment de sens. Dans Paris-Brest, j’ai gardé Brest et les personnages, mais j’ai changé leurs trajectoires en me servant du livre lui-même comme d’un nouveau personnage, comme d’un enjeu. Colin revient dans sa ville natale pour se confronter à sa famille en annonçant qu’il a écrit ce livre, qui va bientôt être publié et qui révèle les turpitudes de ses parents. Ambiance… Le film parle aussi de la difficulté à se construire… Et à se lancer. En l’occurrence, pour Colin, à trouver sa voie. Le film nous révèle aussi qu’il a trahi et a été trahi. Alors, pour se reconstruire, il va le payer et le faire payer. Comme dans beaucoup de vos films, le récit crée une attente chez le spectateur autour d’un dévoilement progressif… Je crois que ce qu’on appelle la dramaturgie n’est rien d’autre que ça  : que va-t-il se passer ? Et ai-je envie de le découvrir ? C’est tout le plaisir du cinéma et Paris-Brest s’y prêtait particulièrement. J’ai aimé aussi déconstruire le récit sur deux époques qui s’entremêlent. Il me semble que c’est une façon de plonger davantage le spectateur dans l’intimité des personnages. Philippe Lioret (Welcome) s’empare du roman de Tanguy Viel Paris-Brest pour le transposer à l’écran avec autant de liberté que de justesse, grâce, entre autres, à l’excellence des interprètes, d’Anthony Bajon à Catherine Arditi. Comment avez-vous composé ce casting ? Colin, garçon puissant, est aussi un affectif dont les faiblesses affleurent. Anthony Bajon est apparu comme une évidence. Il a la force des grands, de ceux qui colorent les rôles avec leur personnalité sans que cela se voie  : il est là, il incarne, et d’emblée, on y croit. Comédienne tout aussi rare, Catherine Arditi s’épanouit au théâtre mais on la voit trop peu à l’écran. Sa finesse et son engagement m’ont fait beaucoup d’effet. Mettre en scène leur rencontre était forcément excitant. L’esprit de troupe s’est formé autour d’eux  : Valérie Karsenti, en mère glaçante, Gilles Cohen, en père arriviste et combinard, Kévin Azaïs, formidable dans un rôle débridé, Daphné Patakia, Alexia Chardard, Charlotte Deniel… Je suis ressorti du film avec l’envie de recommencer vite quelque chose avec eux. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène PHILIPPE LIORET
JOPARIGE FILMS/SCHUCH PRODUCTIONS Icône des temps modernes Loin d’être réductible à sa silhouette de pin-up et à sa sensuelle voix enfantine, Betty Boop, créée par les studios d’animation Fleischer en 1930, a reflété les avancées et les vicissitudes de son temps, en trois figures représentatives de la Grande Dépression. L’enfant du jazz Dès sa première apparition dans le dessin animé Dizzy Dishes en 1930, elle subjugue en chantant d’une voix sucrée son iconique «Boop-oop-a-doop». Popularisée par la chanteuse Helen «Sugar» Kane, qui elle-même l’avait «empruntée» à l’une des vedettes noires du Cotton Club de Harlem, Baby Esther, cette suite d’onomatopées s’inspire du scat, un chant associé au jazz, omniprésent dans les aventures de Betty Boop entre 1930 et 1934. Avec son swing bien balancé, la créature des frères Fleischer va en accompagner les plus célèbres représentants, dont Louis Armstrong en 1932, et Cab Calloway. Que ce soit Minnie the Moocher, Snow White – une relecture de Blanche-Neige – ou The Old Man of the Mountain, chaque dessin animé débute par une prise de vue réelle de l’orchestre et de son leader. Victimes de la censure, les musiciens noirs, les sous-entendus osés et les minirobes sexy disparaîtront de la série dès 1935. La flapper en détresse Archétype de la «flapper», jeune fille délurée des années 1920 aux jupes et cheveux courts, l’ultrasexualisée Betty Boop porte une vision ambivalente de la femme. Sans cesse déshabillée, tantôt des yeux (par un pirate dans S.O.S, un patron libidineux dans Betty Boop’s Big Boss), tantôt d’un geste, elle se fait harceler, voire agresser par des hommes abusant de leur position (Chess-Nuts, Boop-oop-a-doop). Malgré cette vulnérabilité, la belle ingénue se défend, distribuant force gifles et regards réfrigérants. En maillot de bain dans Betty Boop’s Penthouse, elle neutralise d’un coup de vaporisateur le monstre venu l’enlever sur son toit new-yorkais. Mais à l’exception de The Bum Bandit, où elle vole au secours des passagers d’un train, pris en otage par un truand, Betty Boop témoigne davantage des difficultés rencontrées par la femme émancipée dans un monde masculin que d’un combat proto-féministe. La working girl En dépit de ses atours de séductrice, Betty Boop n’est ni une vamp ténébreuse, ni une mondaine, mais une fille simple au grand cœur qui a table ouverte pour ses amis (Halloween’s Party), tient une taverne et sauve d’une explosion ses clients mineurs de fond dans I Heard. Courageuse, elle affronte un ogre prédateur menaçant la communauté (The Old Man of the Mountain), mais subit aussi la précarité liée à la crise (le chantage sexuel pour loyer impayé dans She Wronged Him Right ou la maison saisie faute d’emploi stable dans Ups and Downs). En prise avec les problèmes de la société, elle est recruteuse pour l’armée, dentiste amateur (dans le subversif Ha ! Ha ! Ha !, évoquant la drogue) et va même jusqu’à se présenter à l’élection présidentielle de 1932 en dénonçant subtilement la chaise électrique. Une héroïne engagée. Marie Gérard Vendredi 27 mars à 22.20 Documentaire Betty Boop For Ever Lire page 25 i I 20/3 27/7 7ARTE MAG N°13. LE PROGRAMME DU 21 AU 27 MARS 2020



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