Arte Magazine n°12 18 mar 2000
Arte Magazine n°12 18 mar 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°12 de 18 mar 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : Escroquerie à la russe, l'affaire MMM.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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● ● v en d redi 24 mars que cela ne se produise pas, on en a appelé au droit, à la loi égalitaire pour tous, qui est la pire. Un concept qui permet de masquer les déséquilibres et de les laisser en état. En tenant compte des déséquilibre s pour mieux les réduire, toute justice se doit donc d’être inégalitaire. (…) Le droit à la désobéissance au nom d’un d roit supérieur est fondamental aujourd’hui. Ce n’est pas une idée nouvelle, simplement une tentative de revenir à l’esprit de la loi, chaque fois que son application à la lettre aboutit à une injustice. C’est ce que nous disions au moment où les lois Pasqua-Debré allaient être votées [C l ai re Devers est signat ai re de l’appel à la désobéissance civile des cinéastes]. Françoise Barnier dit la même chose. (…) Elle refuse par son geste de déléguer son droit à manger convenablement. C’est un acte violent. Mais l’obéissance à un droit injuste est tout aussi criminelle. C’est d’ailleurs l’esprit de l’état de nécessité évoqué lors de son acquittement. (...) Françoise oscille entre le respect de la loi – la pro t e c t i on des biens d’autrui, le paiement des dettes – et une valeur qui lui semble supérieure donc nécessaire – le droit à une alimentation équilibrée pour ses enfants. Par son délit, elle désobéit à la loi mais pro u- ve son sens moral et son attachement profond à la loi. » (C l ai re Devers) aire Devers Claire Devers Son premier long métrage Noir et blanc (1985) reçoit le Prix Perspective du cinéma français et la Caméra d’or au Festival de Cannes 1986. Elle alterne depuis les films pour la télévision et pour le cinéma. Pour la télévision, elle a réalisé le Crime de Monsieur Stil (1995) et M y l è ne (1996) ; au cinéma elle explore des genres très diff é- rents : C h i m è re avec Béatrice Dalle (sélection officielle, Cannes 1989), Max et Jérémie (1992), où elle met en scène Philippe Noiret et Christophe Lambert. Elle prépare actuellement un long métrage. 22.05 Junkies Vivre sa toxicomanie Sans tabous, des toxicomanes norv é g i en s racontent la drogue, la prostitution, le sida, la prison… Un film coup de poing, parfois très dur, mais qui off re une heure et demie d’intimité avec des hommes et des femmes lucides, drôles et attachants. « D’abord, on vend tout ce qu’on possède. Ensuite, on vend tout ce que possèdent vos voisins... » (Un toxicomane) Documentaire de Trond Kvist (Norvège, 1998-1h30mn) Production : Sub Film A/S, NRK NDR En Norvège, 177 personnes sont mortes d’une overdose en 1997 ; plus de 90% des prostituées sont toxicomanes ; dans les prisons, la moitié des détenus ont été condamnés pour des délits liés à la drogue. Comment en est-on arrivé là ? Pour répondre à cette question, Trond Kvist a choisi de donner la parole aux toxicomanes eux-mêmes. Sans tabous, ils racontent leur vie : le cercle vicieux drogue-cambriolageprostitution-prison, le rôle du milieu familial, les traitements médicaux, la méthadone, le comportement de la police et de la justice, les conditions dans les prisons et les centres de réhabilitation... Tous dénoncent la politique antidrogues menée par le g ou v ernement norvégien : « Il est plus difficile d’acheter un gramme de haschisch que dix grammes d’héroïne, explique l’un des toxicos. Laissez la nouvelle génération grandir comme cela, et vous n’aurez plus que des camés à l’héroïne... »
Nous et eux J un k i e s est un film dur qui ne cache rien : ni les habitudes de la police (contrôles humiliants, violences), ni celles des toxicomanes (la préparation du shoot, le placement de la seringue, les risques d’overd o- se). Avec une grande franchise, les junkies parlent de la difficulté de trouver de l’argent, mais aussi du plaisir que l’on peut é prouver à cambrioler des appart e me n ts. Ils donnent leurs « trucs » pour mieux quêter dans la rue ou retirer de l’argent d’un compte à découvert… Les femmes expliquent que, pour elles, la prostitution est quasi o b l i g a t o i re. Tous évoquent des rêves perdus, émettent des souhaits : « Si on pouvait ê t re acceptés au même degré que les alcooliques, on pourrait déjà améliore r n o t re qualité de vie. » Ces junkies se confient comme s’ils étaient en face d’amis. C’est d’autant plus surprenant que les contacts entre toxicos et « gens norma u x » sont difficiles – et les amitiés très rares. « Si tu as vécu en marginalité, si tu n’as jamais été un membre de la société, ça devient un cas de ‘nous contre eux’. Eux, ce sont les gens clean. Il n’y a aucun mal avec eux. Mais ils nous re g ardent de haut. » Si le film est parfois dur à support er, il off re une intimité rare avec le monde méconnu des toxicomanes. 23.35 Cinéma. Happy Hour (Trees Lounge) Film de SteveBuscemi (États-Unis, 1996-1h31mn) - VOSTF Scénario : SteveBuscemi Avec : SteveBuscemi (Tommy), Mark Boone Jr (Mike), Chloe Sevigny (Debbie), Anthony Lapaglia (Rob), Elizabeth Bracco (Theresa), Carole Kane (Connie), Seymour Cassel (oncle Al), Mimi Rogers (Patty) Photographie : Lisa Rinzler Son : Coll Anderson Production : Addis Wechsler/Hanly Wyman ARD SteveBuscemi, star du cinéma indépendant américain et habitué des films de Quentin Tarantino, de Jim Jarmusch et des frères Coen, passe de l’autre côté de la caméra pour un portrait tragi-comique de la vie américaine vue depuis le comptoir. Tommy Basilio est un raté parfait. Il a été licencié par son ami et patron pour avoir pris de l’argent dans la caisse. Sa compagne, T h e resa, enceinte, l’a quitté pour ce même e x - p a t ron ! À Valley Stream, petite ville de la banlieue new-yorkaise, personne ne veut plus l’embaucher, d’autant qu’il n’arr i v e même pas à réparer sa pro pre voiture... L’ex-mécano passe alors son temps à traîner devant son ex-lieu de travail et à se consoler au comptoir du « Trees Lounge ». Ayant hérité du camion à glace de son oncle Al, Tommy se met à parcourir les rues assisté par Debbie, la séduisante nièce de T h e resa. La chance semble enfin lui sourire. Mais Debbie n’a que 17 ans, et une nouvelle galère l’attend au tourn ant... Total loser « Je me suis imaginé ce qui aurait pu se passer si je n’avais jamais quitté Valley Stre a m », explique SteveBuscemi, qui a tourné ce premier film dans sa ville natale. Avec un petit budget et une brochette d’excellents amis acteurs, il a réalisé une tragi-comédie à l’atmosphère authentique. C’est le monde des paumés, à l’opposé des fameux w i n ne r s américains et de leur société faussement p arfaite. Les habitués du bar forment une petite société glauque, mais solidaire. To m m y, difficile à supporter tellement il peut ê t re nul, est quand même attachant dans ses malheurs. Parfois, il laisse entrevoir des qualités. Mais à peine ébauche-t-il une f orme de sagesse psychologique qu’il se plante à nouveau… Un vrai loser ! « Quelque chose a tourné mal, et alors ? Pour tout le monde il y a des trucs qui ne tournent pas rond, non ? Mais personne ne doit s’en apercevoir. Seulement, tout le monde le sait quand même... » (Tommy) Avec Chloe Sevigny, l’égérie du jeune cinéma américain



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