Arte Magazine n°12 14 mar 2020
Arte Magazine n°12 14 mar 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°12 de 14 mar 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Copenhague Connection.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°12. LE PROGRAMME DU 14 AU 20 MARS 2020 6 Réaliste et sombre, la nouvelle série danoise Dos au mur, créée par Jeppe Gjervig Gram (le coscénariste de Borgen), plonge dans l’univers du trafic de drogue et du blanchiment d’argent. Entretien. J Jeppe Gjervig Gram Jeudi 19 mars à 20.55 Série Dos au mur (1-3) Lire page 22 12/3 31/5 L’argent sale Où avez-vous puisé votre inspiration pour imaginer Dos au mur ? Jeppe Gjervig Gram  : J’ai été sidéré par l’énorme scandale qui a touché HSBC, l’une des plus grandes banques au monde, accusée en 2012 d’avoir blanchi des milliards de dollars provenant des cartels de la drogue colombiens et mexicains. Plus récemment, j’ai commencé à me renseigner sur le rôle des banques au Danemark dans des affaires similaires. Au même moment, la police a mené des investigations dans les établissements bancaires du pays. Finalement, la plus grande banque danoise s’est trouvée mise en cause juste avant la première de Dos au mur au Danemark  : c’était fou car la réalité rattrapait la fiction ! La série s’attache à la trajectoire de trois personnages. Quelles sont leurs particularités ? Il y a Nicky, un jeune trafiquant en rupture avec sa famille. Quand son fils de 5 ans resurgit dans sa vie, cela le bouleverse et remet en question ses projets. Au centre de l’intrigue, un autre homme  : Alf, un policier de la brigade des stupéfiants qui lutte contre ses insomnies et son stress en abusant de médicaments qui vont le rendre dépendant. Après un jeu du chat et de la souris, Nicky et Alf vont s’affronter, une rencontre au sommet entre deux adversaires de même calibre, qui, dans un autre contexte, pourraient sympathiser, à la manière d’Al Pacino et de Robert De Niro dans Heat de Michael Mann, un film qui m’a beaucoup inspiré. J’ai pimenté ce schéma flic/voyou en créant une héroïne singulière  : Anna, une banquière à laquelle une promotion échappe, ce qui la frustre énormément. Parallèlement, son mari se retrouve en difficulté financière. Pour l’aider, elle se met à blanchir de l’argent et se découvre douée dans ce domaine. Je voyais Anna comme le pendant féminin du personnage de Walter White, ce professeur de chimie devenu dealer, dans la série Breaking Bad. C’était aussi l’occasion de mettre en lumière une héroïne d’âge mûr, un type de personnage que l’on voit rarement à l’écran. Vous insufflez un réalisme cru à l’histoire… C’est celui de la rue et plus particulièrement de Norrebro, le quartier de Copenhague où je vis et où l’action se situe. Le trafic se déroule à deux pas de chez moi, à proximité de bureaux de change soupçonnés de blanchir de l’argent. Dos au mur met en scène la vente de cannabis, une drogue illégale au Danemark. Sa légalisation représente un vrai dilemme à travers le monde, car son interdiction permet au crime organisé de continuer de s’enrichir. Propos recueillis par Laure Naimski Disponible en intégralité sur arte.tv du 12 mars au 31 mai. TRIER MOERK
ANNA GORDON/EYEVINE/BUREAU233 Margaret Atwood vient de publier Les testaments *, la suite de son roman culte La servante écarlate. À 80 ans, l’écrivaine canadienne, au centre d’un portrait documentaire, continue de créer l’événement avec ses dystopies visionnaires. Margaret Atwood, l’insoumise Mercredi 18 mars à 22.50 Documentaire Margaret Atwood De la force des mots Lire page 21 15/6 I De son enfance dans le Grand Nord canadien, sans école ni électricité mais au contact des ours et des loups, Margaret Atwood a gardé une liberté de sauvageonne. Née en 1939 à Ottawa, d’un père entomologiste qui l’initie aux mystères de la forêt et d’une mère qui lui transmet sa conviction que rien n’est inaccessible aux filles, elle a grandi au grand air, affûtant son esprit en dévorant les livres. Parmi ses auteurs préférés, Aldous Huxley, George Orwell et Ray Bradbury ont semé en elle les graines de la science-fiction, dont elle est devenue une orfèvre. Des décennies plus tard, après une riche carrière d’universitaire et l’écriture d’une cinquantaine d’ouvrages – des romans, mais aussi des essais et de la poésie –, Margaret Atwood n’a rien perdu de sa fougue. Posant chapeautée de noir en couverture du supplément mode du Sunday Times, elle assurait cet automne le marathon promotionnel de son dernier roman, Les testaments, sans que rien ne trahisse la tristesse causée par la disparition brutale, au même moment, de son mari, l’écrivain Graeme Gibson. Dans cet ouvrage très attendu, l’écrivaine livre la suite de son roman culte La servante écarlate. Publiée en 1985 et redécouverte grâce à son adaptation en série télé à succès avec Elisabeth Moss, en 2017, cette dystopie féministe sur l’avènement d’une théocratie patriarcale en Amérique du Nord est sa pièce maîtresse. Un succès colossal, vendu à plusieurs millions d’exemplaires à travers le monde, qui trouve aujourd’hui de nouveaux échos. RÉSISTANCE Après l’élection de Donald Trump, et ses attaques contre les droits des femmes, les « servantes » imaginées par la romancière sont devenues des icônes et leur cape écarlate est désormais arborée en signe de résistance dans le monde entier. Regard bleu perçant, l’écrivaine octogénaire continue, infatigable insoumise, d’encourager toutes les luttes, aussi bien féministes que climatiques. Elle clame ainsi son soutien à Greta Thunberg, qu’elle qualifie de « Jeanne d’Arc de l’environnement », et arborait un badge Extinction Rebellion lorsqu’elle est allée recevoir à Londres, en octobre dernier, le Booker Prize décerné à son dernier livre. Sur le mouvement #MeToo, Margaret Atwood se montre en revanche plus réservée. Dans une tribune titrée « Suis-je une mauvaise féministe ? », parue en janvier 2018, elle en interrogeait les méthodes, mettant en garde contre les tentations d’une justice populaire. Laetitia Moller * Éditions Robert Laffont. 7ARTE MAG N°12. LE PROGRAMME DU 14 AU 20 MARS 2020



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