Arte Magazine n°11 11 mar 2000
Arte Magazine n°11 11 mar 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°11 de 11 mar 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : mes nuits avec Mitterrand.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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v en d redi 17 mars 21.40 Derrière la forêt Hayri et Mehmet, paysans musiciens Un jour, en Turquie, Hayri, vieux paysan joueur de hautbois et de luth, va re n d re visite à son ami Mehmet, berger et virtuose du violon. Gulya Mirzoeva a suivi ces deux originaux d’une vallée à l’autre, dévoilant un monde singulier dans lequel « un village peut constituer à lui seul une minorité, et où la liberté de vie est frappante ». Hayri et Mehmet font le bœuf au yarenlik de Tasavlu ! Documentaire de Gulya Mirzoeva Écrit par Gulya Mirzoeva et Jérôme Cler (Turquie, 1999-1h15mn) Coproduction : Les Films de l’Observatoire, e-motion Picture, ZDF, ARTE ZDF Prix du public au Festival Vue sur les docs, Marseille 1999 Prix Alsace-Europe, Strasbourg 1999 Joueur inimitable de hautbois et d’ü ç t e l l i (petit luth à trois cordes), le vieux Hayri Dev vit au petit village de Tasavlu. Un matin, il décide d’aller re n d re visite à son ami de jeunesse Mehmet Sakir Akkulak, rude berger et violoniste impétueux qui habite à un jour de route, de l’autre côté des montagnes de Çameli. Après l’avoir ret rou v é dans les pâturages, Hayri convainc Mehmet de revenir avec lui à Tasavlu pour un y a re n l i k, une fête à l’ancienne où se conjuguent l’ivresse de la danse et une énergie musicale inépuisable. L’esprit d’enfance transfigure alors ces hommes âgés, épris d’une souveraine liberté… Vieux et libres ! Le voyage de Hayri est l’occasion de découvrir que, dans cette région, les paysages et les modes de vie peuvent être très différents à deux vallées de distance. « Pour nous, expliquent les auteurs, il s’agissait de présenter une Turquie qu’on ne voit jamais, ni dans le ‘cinéma paysan’turc, ni dans la p l u p art des documentaires réalisés sur ce pays ; de transmettre l’image d’un pays où un village peut constituer à lui seul une minorité et où la liberté de vie est frappante. À l’heure où, là aussi, se pose le problème des rapports du politique et du re l i- gieux, nous voulions proposer un re g ard sur une société paysanne dont les re s- s o urces s’amenuisent et où les jeunes ne voient pas réellement d’avenir pour eux, tandis que les ‘anciens’gardent leur éthique, leur liberté d’action et de paro l e, dansent, continuent à créer leur musique, entraînant tout le monde dans leur sillage. » À l’image de leurs villages, Hayri et Mehmet apparaissent comme des personnalités sing u l i è res, atypiques, presque antithétiques. Hayri, dont les conditions de vie sont plus du res, est un homme joueur, d’une grande souplesse et conscient de tout. Pour lui, la musique est un refuge. Mehmet, qui vit dans un environnement plus riant, est un homme de silence, réservé et un peu gauche. Mais quand il prend son violon, la métamorphose est totale… En filmant les ret rouvailles des deux amis, Gulya Mirzoeva nous fait entrer dans l’intimité profonde de cette petite société, espace ou v ert et en retrait, où la musique (part i e l- lement héritée des nomades d’Asie centrale) exprime une pensée du lieu. L’h o m me interprète ici l’essence du monde qui l’ent ou re en jouant une musique qu’il a re ç u e des générations antérieures.
22.55 Cinéma La danse du vent (Dance of the Wind) Film de Rajan Khosa (Inde/Allemagne/Grande-Bretagne, 1997-1h22mn) VOSTF Scénario : Robin Mukherjee, Rajan Khosa Avec : Kitu Gidwani (Pallavi ; chant : Shweta Javeri), Bhaveen Gosain (Ranmal, mari de Pallavi), Roshan Bano (Tara ; chant : Brinda Roy Choudhuri), Kapila Vatsyayan (Karuna Devi, mère de Pallavi ; chant : Shanti Hiranand), B.C. Sanyal (Munir Baba), Vinod Nagpal (le critique) Photographie : Piyush Shah Montage : Emma Matthews Musique : Shubha Mudgal Coproduction : Pandora/Elephant Eye, en association avec Illumination Films (Londres), JBAProductions (Paris), Filmcompany (Amsterdam), NFDC (Bombay) et HR/WDR/ARTE WDR Prix du public au London Film Festival 1997 Prix du public et Prix de la meilleure actrice (Kitu Gidwani) au Festival des Trois-Continents, Nantes 1998 Meilleur film asiatique, Rotterdam 1998 Inédit à la télévision Pallavi, chanteuse à New Delhi, perd sa mère et, avec elle, sa voix. Désespérée, elle part à la recherche du maître de la défunte... Dépaysant comme un beau voyage, apaisant comme une méditation, ce film d’une beauté presque sensuelle est aussi un merveilleux hommage à la musique classique indienne. Pallavi, chanteuse ambitieuse de musique hindoue à New Delhi, arrive à concilier les Pallavi (Kitu Gidwani) et sa mère Karuna (Kapila Vatsyayan). « Depuis cinq mille ans, de père en fils, de maître à disciple, résonne l’écho des chants de sagesse dans mon pays » (préface du film) « Donne du désir à mes ailes... » (Raga de départ chanté par Tara) vieilles traditions indiennes avec un mode de vie moderne. Elle est belle, applaudie par le public, admirée par ses élèves et adorée par son mari. Sa mère, musicienne célèbre, continue à lui transmettre son savoir et l’encourage. Mais, après la mort de cette mère, Pallavi sombre dans une crise profonde. Elle p erd d’abord sa voix, puis toute son assurance, comprenant que son art n’était qu’imitation. Son seul espoir est Tara, une fillette mystérieuse à la voix magique. Celle-ci aidera-t-elle Pallavi à ret rouver Munir Baba, l’ancien maître de sa mère ? L’empire des sons Ce premier long métrage de Rajan Khosa est un portrait sensible de l’Inde actuelle, entre tradition et modernité, et en même temps un voyage contemplatif dans l’empire de la musique indienne. La « danse du vent » signifie, d’après Khosa, la lutte intérieure de Pallavi pour son indépendance musicale, impalpable comme le vent. Car le détachement du maître représente le pas le plus difficile dans la tradition orale de la musique. Les images d’une beauté féerique, comme celle dans le vieux temple où la jeune Pallavi d é c ou v re le son pur de la musique sacrée, le charme étrange de cette musique vieille de cinq mille ans et la grâce des gestes font de ce film une vraie fête des sens. On a l’imp ression de sentir le vent, de humer le parfum des fleurs et de l’encens, de care s s e r les étoffes soyeuses et brillantes. On sort du film calme et serein, touché par le souffle de la sagesse. Un rare bonheur. Kitu Gidwani (Pallavi) et Bhaveen Gosain (Ranmal).



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