Arte Magazine n°10 4 mar 2000
Arte Magazine n°10 4 mar 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°10 de 4 mar 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : mondialisation, la contre-attaque des citoyens.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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v en d redi 10 mars « Ceux qui liront ce livre diront peut-être : comment cette femme a-t-elle osé montrer tout ce qu’elle a vécu, dire tout ce qu’elle pense, sans aucune retenue ? » (Nalan Türkeli) 22.00 Nalan Türkeli Une femme des bidonvilles Documentaire d’Évelyne Ragot (France, 1999-1h02mn) Coproduction : Dominant 7, Senso Films, Neyrac Films, La Sept ARTE LASEPT ARTE En 1973, à la suite du meurt re de sa mère par son père, Nalan Türkeli quitte l’Anatolie pour Istanbul, où l’accueille une de ses tantes. À 14 ans, on la marie à un ivro g ne. Veuve, puis remariée, elle fait toutes sortes de petits métiers pour élever ses tro i s enfants. Un jour, elle décide de raconter sa lutte quotidienne dans les bidonvilles. De ce travail clandestin naît un livre, Ê t re femme dans les bidonvilles, qui décrit l’a n archie et la vitalité de ces quartiers, la mainmise de la mafia et la faillite de l’État, la puissance montante de l’intégrisme, le rôle primordial des femmes… Nalan Türkeli vit dans les bidonvilles d’Istanbul. Le jour, elle fait mille métiers pour nourr i r sa famille. La nuit, elle écrit pour dénoncer la misère quotidienne, la violence, la corruption… Évelyne Ragot a filmé son combat. Bidon-vie Le film brosse le portrait d’une femme qui s’i n s urge contre la fatalité de sa vie misérable. Elle décrit sans honte la vie dans le g e c e k on du, ce bidonville turc dont le nom signifie « qui s’est posé la nuit ». À l’o r i g i ne, les paysans débarquaient des campagnes déshéritées et construisaient leurs maisons la nuit au risque de voir les bulldozers les d é t ru i re au matin. Aujourd’hui les autorités f erment les yeux et les maisons ont plusieurs étages. Malgré toute son énerg i e, Nalan échoue à transmettre à ses enfants sa volonté et son espoir de s’en sortir. Il lui faut souvent fuir, déménager, tout re c o m- me n c er. Le succès éphémère de son livre ne parvient pas à changer sa situation, et le système reste étouffant : les pro me s s e s préélectorales des politiques qui se ménagent ainsi un électorat docile, l’influence croissante de la mafia, le vol comme moyen de survie, la violence comme état d’esprit. La peur, le désarroi et le désespoir règnent sur ces g e c e k o n- du où les constructions précaire s poussent comme des champignons que l’État impuissant légalise après coup. Nous pénét rons au cœur de la souffrance de cette femme, guidés par sa voix empreinte de dignité et de révolte. Ce film donne une occasion rare de vivre de l’intérieur les difficultés quotidiennes de ces êtres humains, t rop souvent perçues à travers le prisme déformant d’un regard étranger restant à la surface des choses… Évelyne Ragot Elle a notamment réalisé pour ART E Yo u’l l Never Walk Alone(avec Jérôme de Missolz, 1992), Qui a peur des Tziganes roumains ? (1996) et O Fado, une nostalgie atlantique (1997).
23.05 Cinéma Adieu Philippine Film de Jacques Rozier (France, 1962-1h30mn) Scénario : Michèle O’Glor et Jacques Rozier Avec : Jean-Claude Aimini (Michel), Yveline Cery (Liliane), Stefania Sabatini (Juliette), Vittorio Caprioli (Pachala), André Tarroux (Régnier de l’Isle), Daniel Descamps (Daniel), Michel Soyer (André), Christian Longuet (Christian), Maurice Garrel (le père), Arlette Guilbert (la mère), Charles Lavialle (le voisin), Jeanne Perez (la voisine), Pierre Frag (Dédé), Marco Perrin (le propriétaire du magasin) Photographie : René Mathelin Son : Maurice Laroche et Jean-Michel Poudubois Musique : Jacques Denjean, Maxime Saury, Paul Mattei LA SEPTARTE (Rediffusion du 27 mai 1993) Portrait d’une jeunesse insouciante, filmé avec fougue et liberté, le premier long métrage de Jacques Rozier est emblématique de la Nouvelle Vague. Paris dans les années 60. C’est la guerre en Algérie. Michel, assistant cameraman à l’O RT F, est sur le point d’être appelé pour faire son service militaire : 28 mois sous les drapeaux. Il fait la connaissance de Liliane et de Juliette, deux filles inséparables comme les amandes « philippines ». Pour l’aider à débuter au cinéma, elles le présentent à un producteur bidon, Pachala, et essaient en vain de lui obtenir un sursis d’incorporation. Michel se fait flanquer à la p orte de la télévision et part en vacances en Corse, en attendant sa feuille de rou t e pour l’armée. Il y retrouve Juliette, Liliane et Pachala. « Adieu Philippine est un film de dernières vacances. Il s’agit des dernières vacances d’un petit Parisien de 20 ans. » (Jacques Rozier) Cycle N ou v e l l e Va g u e Une ode à la jeunesse « Adieu Philippine est le modèle de la Nouvelle Vague, le film où les vertus du jeune cinéma brillent de leur éclat le plus pur, où ses méthodes reçoivent la plus claire et la plus convaincante démonstration de leur bien-fondé, qu’il s’agisse du tourn a g e à la sauvette, du choix de nouveaux visages, des emprunts au style TV, de la désinvolture du récit, du thème, enfin de la jeunesse. » (Extrait du numéro spécial Nouvelle Vague des Cahiers du cinéma, novembre 1961). « Le premier film de Jacques Rozier, A d i e u P h i l i p p i ne, est la plus évidente réussite de ce nouveau cinéma dont la spontanéité est d’autant plus forte qu’elle est l’aboutissement d’un très long et minutieux travail. Il y a même là quelque chose de génial, c’est l’é qui l i b re entre l’insignifiance des événements et la densité de réalité qui leur confère une importance suffisante à nous passionner. » (François Truffaut) « Adieu Philippine, un film de Jacques R o z i er, qui est tout simplement le meilleur film français de ces dern i è res années. Adieu Philippine est, je l’écris sans jalousie, le film le plus jeune de la Nouvelle Vague. » (Jean-Luc Godard) Filmographie Courts métrages 1955 : Rentrée des classes 1957 : Blue Jeans 1962 : Dans le vent 1963 : Paparazzi Longs métrages 1960 : Adieu Philippine 1969 : Du côté d’Orouet 1976 : Les naufragés de l’île de la tortue 1986 : Maine Océan « J’ai voulu faire un film où s’expriment les personnages que l’on rencontre à tous les coins de rue. Ils sont pour moi les plus intéressants. » (Jacques Rozier)



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