Arte Magazine n°10 4 mar 2000
Arte Magazine n°10 4 mar 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°10 de 4 mar 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : mondialisation, la contre-attaque des citoyens.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 30 - 31  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
30 31
v en d redi 10 mars Le Détour Quelle a été votre réaction lorsqu’ART E vous a proposé de réaliser un film sur les notions de politique et de social ? P i erre Savadori : Initialement, la commande était la suivante : évoquer la politique à travers le film de genre. Pierre Chevalier et Gilles Sandoz m’avaient proposé le polar. J’ai longtemps hésité parce que cette proposition « Gauche/Droite » me paraissait un peu abstraite. En revanche, l’idée du g en re me séduisait énormément. J’y ai donc réfléchi : une chose m’est alors apparue évidente. Le projet n’était intéressant que s’il parvenait à évoquer toutes mes incertitudes sur cette question. Je crois que ma propre réticence à faire ce film au départ reflétait déjà ce qui allait devenir un de ses sujets : l’engagement, ou plutôt la peur de l’engagement. Et puis aussi le poids de plus en plus prégnant de l’économique sur le politique. Nicolas Saada, le coscénariste du film, m’a alors convaincu que ces deux idées pouvaient parfaitement s’intégrer à la mécanique souvent implacable du film noir : un homme est témoin d’une machination, mais hésite à agir et finalement s’engage trop tard. Enfin, le principe d’une comman- La blanche et de d’ARTE me plaisait parce qu’elle me permettait d’essayer quelque chose de nouveau sans la lourdeur et la pression d’une économie de cinéma. C’est un lieu d’expérimentation idéal. Comment passer de la comédie au film noir ? Parler de politique en décrivant l’économie souterraine ? Entretien avec Pierre Salvadori. Stéphane (Guillaume Depardieu) doit vite prouver son innocence : Marie (Marina Golovine) est bien décidée à venger son frère. Le film décrit très précisément une économie parallèle. Il fallait créer une intrigue qui soit captivante et à l’intérieur de laquelle je pouvais représenter la violence d’une cert ai ne logique économique. L’univers de la d rogue, ou plutôt du deal, me paraissait p arfaitement convenir. Mais je ne voulais pas pour autant en donner une description p u rement documentaire. Je voulais qu’elle renvoie à quelque chose de plus universel : une machine inconsciente, qui ne se préoccupe que de sa pro pre survie, où chaque rouage pro s p è re sur le dos du suivant et le soumet à sa loi. Pour moi, c’est une image assez juste de la faillite du politique face à la suprématie de l’économique. À travers le personnage d’Alain, on a le sentiment d’ouvrir les yeux sur cette machination. Toujours Un scénario tout en détours, une mécanique formidable qui précipite Marie (Marina Golovine) et Alain (Serge Riaboukine) dans l’abîme. avec un temps de retard... La commande, le thème et le genre ont fait de ces personnages des figures. La place est un village, le café un poste d’observation. Alain est un témoin passif. Il pense que tout cela le dépasse, il a peur de mal faire. Il finit par s’eng a g er. Mais cet engagement est pure me n t émotionnel. En réalité, il s’engage trop tard. Ce geste tardif sera fatal à ceux qu’il aime.
le noir Après plusieurs comédies, le Détour est votre premier film noir. Qu’est-ce que cela a changé dans votre manière de travailler ? Il y a dans la comédie des enjeux plus immédiatement évidents au moment du t o urnage. Ici, le rythme interne des scènes n’est pas du tout le même que celui d’une comédie. On ne gagne pas la scène de la même façon. On ne court pas après les mêmes choses. Pour le Détour, le sujet même du film impliquait une réalisation totalement diff é rente de ce que j’avais fait jusque-là. Les personnages sont manipulés et privés de libre arbitre. On n’entre que très r a rement dans des plans subjectifs. Les lieux sont importants, les gens s’observ en t, s’épient, se suivent. Le film est très découpé, très cadré. La narration est un peu plus complexe. Le film se fait sur la longueur. C’est un eff ort de patience et de rigueur moins gratifiant au tournage qu’au montage. La musique est très présente dans le film. Comment avez-vous effectué les choix des morceaux ? Je n’ai mis que de la musique que j’aime, des morceaux que j’écoute. Camille Bazbaz m’a composé un thème qui est ensuite décliné plusieurs fois. Mais, sinon, ce sont des dubs et du reggae répétitif et lancinant. Je trouvais que ces musiques se mariaient parfaitement avec le film : il n’y avait qu’à les poser derr i è re les scènes ! ■ Propos recueillis par Arnaud Louvet Pierre Salvadori Il débute au cinéma en 1992, avec un court métrage remarqué, Ménage, primé dans de nombreux festivals. Par la suite, ses longs métrages vont trouver un large public : Cible émouvante (1993), les Apprentis (1995, une coproduction ARTE France Cinéma) et …Comme elle respire (1998, également coproduit par ARTE France Cinéma). Le Détour est sa première incursion à la télévision. Pierre Salvadori a réalisé une version longue du Détour qui sortira en salles en juin 2000. Le petit voleur, d’Erick Zonca Vendredi 3 mars à 20.45 FIPA d’or 1999 dans la catégorie Fiction Grand Prix du Festival international de Munich 1999 Retiens la nuit, de Dominique Cabrera Samedi 4 mars à 22.40 Prix de la meilleure photographie à Hélène Louvart au Festival Cinéma tout écran de Genève 1999 Le Détour, de Pierre Salvadori Vendredi 10 mars à 20.45 Les terres froides, de Sébastien Lifshitz Mercredi 15 mars à 00.10 Tontaine et Tonton, de Tonie Marshall Vendredi 17 mars à 20.45 La voleuse de Saint-Lubin, de Claire Devers Vendredi 24 mars à 20.45 Tous les scénarios sont coédités par ARTE Éditions et 00h00, à commander sur le www.arte-tv.com et sur le www.00h00.com L’intégralité de la collectio est disponible en coffret ARTE Vidéo.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :