Art' Pi n°7H HS 2012
Art' Pi n°7H HS 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7H de HS 2012

  • Périodicité : irrégulier

  • Editeur : Art'Sign

  • Format : (220 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 10,5 Mo

  • Dans ce numéro : tricentenaire de la naissance de l'abbé de l'Epée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 46 - 47  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
46 47
46 Art’Pi !
Le personnage sourd au théâtre Le personnage sourd authéâtre Le théâtre s’intéresse aux sourds depuis très longtemps. Le personnage sourd est tour à tour miraculé, ridiculisé ou valorisé suivant l’évolution de la société. Parallèlement, le théâtre Sourd, dont le passé est plus difficile à observer, sort lentement de l’ombre jusqu’à éclater au grand jour. De la moquerie à la considération Les premières traces de personnages sourds dans le théâtre datent du Moyen-Âge. À cette époque, sur les parvis des églises, des comédiens entendants jouent des scènes de la Bible pour enseigner la religion catholique. Les infirmes guérissent par miracle, des sourds se mettent à entendre, des aveugles se mettent à voir. En parallèle, en dehors du théâtre religieux, le théâtre profane présente la surdité comme un élément comique. Les personnages simulent la surdité pour se sortir de l’embarras ou pour faire enrager les autres. Le vrai sourd, idiot de la pièce, enchaîne les malentendus ou est ridiculisé. Pendant des siècles, pour grand nombre d’auteurs, le sourd servira à créer des quiproquos, des situations comiques, des moqueries. Il sera "le sourd" comme on pourrait dire "le bègue", "le muet", "le boiteux". Il faudra attendre un long moment avant d’assister à un spectacle proposant un vrai rôle pour un personnage sourd et il est encore plus rare d’en voir un qui ne soit pas joué par un entendant. À partir du XVIIIème siècle, avec l’arrivée de l’abbé de l’Épée, le public, aussi bien sourd qu’entendant, devient friand de spectacles autour de la surdité. De plus en plus de pièces intègrent des personnages sourds dans l’histoire. Malheureusement, ces rôles sont généralement tous joués par des entendants. Les comédiens se rendent à l’Institut Royal des Sourds-Muets de Paris – devenu l'Institut National des Jeunes Sourds de Paris - pour essayer de coller au plus près à "l’expression Sourde". Des sourds comme Massieu, Berthier ou Gaillard apportent leurs suggestions et se rendent dans les coulisses des spectacles pour conseiller sur place. De nombreuses pièces continuent à exploiter le burlesque de l’infirmité et à faire rire le public avec le personnage sourd ou malentendant. Un nouveau courant apparaît néanmoins, avec un angle différent sur la surdité, essayant d’être plus explicatif et dans la compréhension. L’abbé ayant rendu à la société des êtres auparavant exclus, de nombreux auteurs veulent honorer sa mémoire et son travail. Le sourd devient un personnage intelligent, réclamant justice, pouvant aimer ou être aimé. Une pièce va réussir à marquer l’histoire du théâtre par son incroyable succès et par l’image positive qu’elle contribue à donner des sourds. L’Abbé de l’Épée, comédie en cinq actes écrite par l’entendant Jean-Nicolas Bouilly en 1799, sera jouée pendant pratiquement cent ans. L’Abbé de l’Épée, comédie en cinq actes de Jean-Nicolas Bouilly, 1799 La pièce base son histoire sur l’affaire juridique s'étant déroulée de 1776 à 1792, couramment appelée "l’Affaire Solar". Bouilly en modifiera les noms et les faits. La pièce parle de Théodore, sourdmuet orphelin, recueilli et instruit par l’abbé de l’Épée. Découvrant qu’il est l’unique héritier du comte d'Harancour, aidé de l’abbé de l’Épée, Théodore fera tout pour retrouver son nom et ses biens. Bouilly prend des libertés avec la réalité et donne raison au jeune sourd. En fait, même si le doute persiste, le tribunal jugera en sa défaveur après plusieurs rebondissements. L’homme incriminé sera relaxé. Voyant la pièce, celuici se sentira offensé et essayera de faire interdire les représentations. Malgré cela, la comédie a un immense succès et sera jouée dans de grandes salles françaises et européennes. Le rôle du jeune sourd sera généralement joué par de jeunes femmes entendantes. Certains sourds, tels Ballestrier ou Charles Sinobre, réussissent à jouer dans la pièce lors de représentations en province. Cela restera malheureusement assez rare. Page de gauche Comédiens sourds inconnus Amicale des anciens élèves de l’INJS de Paris Buste de Jean- Nicolas Bouilly Archives de l'INJS de Paris Affiche de L'Abbé de l'Épée, 1890 Archives de l'INJS de Paris 47 Art’Pi !



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :