Art' Pi n°7H HS 2012
Art' Pi n°7H HS 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7H de HS 2012

  • Périodicité : irrégulier

  • Editeur : Art'Sign

  • Format : (220 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 10,5 Mo

  • Dans ce numéro : tricentenaire de la naissance de l'abbé de l'Epée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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La Défense des Abbé de l'Épée (1712-1789) XVIII e siècle XIX e siècle Libéralisation de la presse (1867) 1ère presse entièrement sourde (1870) La polémique repose en fait sur la volonté de faire restaurer ou non "l’ancienne méthode", c’est-à-dire de défendre ou non la Langue des Signes. Chazal, au contraire de Gaillard, considère que vouloir retourner à l’avant-Milan est illusoire. Il pense qu’il faut accepter le progrès et se tourner vers la méthode orale. Ces différents provoquent une multiplication du nombre de revues, les articles contiennent des textes virulents et des procès surviennent pour clore les querelles. Le déclin de la presse Sourde Dans les années 1920-1950, le nombre de journaux diminue et les publications deviennent de plus en plus locales ou associatives. Tous les journaux fondés à la Belle Époque disparaissent, étranglés financièrement, ou avec la mort de leur fondateur. Ainsi, la presse Sourde entre dans sa période de long déclin, devenant moins passionnée et plus consensuelle. La Gazette des Sourds-Muets reste à flot jusqu’en 1961, elle aura tenu presque soixante-dix ans. Ceci grâce à Eugène Rubens-Alcais (1884-1963) qui reprit le flambeau en 1931 en rachetant le journal à Gaillard. En 1961, la Confédération Nationale des Sourds de France rebaptise La Gazette : La Voix du Sourd (1961-1993). Ce nom symbolique montre la nouvelle orientation du journal. Il deviendra ensuite Actua’Sourd, journal d’information de la FNSF qui n’est plus publié depuis presque dix ans. Dans les années 1970-1980, il n’existe plus, à part les papiers publiés par les associations, que L’Écho, créé en 1908 (aujourd’hui Écho magazine) et La voix du Sourd. Cependant, ces deux journaux publient des articles avec une vision médicalisée du sourd, ne défendant que l’éducation oraliste. Le Réveil Sourd (2) dans la presse aura lieu vingt ans après le début du mouvement. De nos jours, la presse Sourde semble renaître, notamment grâce à Internet qui facilite les publications. Pour qu'elle soit vivante et pérenne, des auteurs sourds de l’envergure de Gaillard seront nécessaires. L’âge d’or de la presse Sourde a bien existé durant la Belle Époque. De brillants textes ont été écrits, de forts débats ont eu lieu, signes d’un bouillonnement intellectuel Sourd. Est-ce que cela va reprendre ? Espérons que oui ! YANN CANTIN De gauche à droite Echo de famille, 1935 Actua'Sourd, 1995 La voix du sourd, 1976 (1) Les sourds se définissaient à l'époque comme les "Silencieux". Ce terme était préféré puisqu'il incluait les CODAs qui pouvaient aussi noétomalalier. (2) Période où les sourds redécouvrent et défendent leur langue et leur culture, dans la vague de la redécouverte des minorités linguistiques et culturelles consécutive à Mai 68. 42 Art’Pi !
sourds-muets (1883) Le Sourd-Muet Illustré/La Gazette des Sourds-Muets (1890) Eugène Rubens-Alcais (1884-1963) Henri Gaillard (1866-1939) Belle Époque (1870-1914) XXe siècle Le Réveil Sourd de la presse (1990) Loi de la liberté de la presse (1881) L'Echo (1908) Le Journal des Sourds-Muets (1895) La Gazette : La Voix du Sourd (1961) Actua'Sourd (1993) noétomalalier, verbe Qui est Henri Gaillard ? Henri Gaillard était l’un des plus vigoureux militants sourds de France du XIXème siècle. Ancien élève de l’Institut de Paris (INJS), il faisait partie de la Société des gens de lettres. On lui doit de nombreux écrits défendant la Langue des Signes, promouvant la culture Sourde, valorisant les écrivains et artistes sourds. Chose rare, il est le créateur du verbe "noétomalalier" (s'exprimer, montrer ses pensées par gestes, par la Langue des Signes), mot tombé dans l’oubli vers le XXème siècle et qui semble renaître de nos jours. Le parcours de Gaillard est brillant, unique et passionné, pourtant vers la fin il se retrouve isolé, rejeté par les sourds pour avoir trop aimé la Langue des Signes, et par ses enfants pour avoir été trop fier d’être sourd. La presse et la loi Deux actions législatives facilitèrent l’existence et la multiplication des journaux : la libéralisation de la presse en 1867 qui permit de créer une presse à moindre coût et la loi de la liberté de la presse de 1881 qui rendit la censure plus souple. Fait intéressant Gaillard crée L’imprimerie des sourds-muets et publie de nombreux ouvrages venant d’auteurs grands publics, devenant ainsi financièrement viable. Cet apport financier lui permet d’éditer Le journal du Sourd-Muet et ainsi de continuer à être publié en dépit d’un faible nombre de lecteurs. Il peut même rémunérer les auteurs, et employer quelques sourds. D’autre part, les relations de Gaillard l'aident à trouver des appuis permettant également à La Gazette d’exister : Francisque Sarcey (critique dramatique et journaliste français), Paul Deschanel (homme de lettres et homme d’État français sous la IIIème République) ont écrit dans les colonnes de ces journaux. 43 Art’Pi ! Photo de l’imprimerie d’ouvriers sourds-muets ARSCA LE SAVIEZ-VOUS ? L’écrivain Victor Hugo (1802-1885) devint sourd à la fin de sa vie. Son célèbre personnage de Quasimodo est un carillonneur sourd communiquant en Langue des Signes. Victor Hugo dira : « Qu’importe la surdité de l’oreille, quand l’esprit entend ; la seule surdité, la surdité vraie, la surdité incurable, c’est celle de l’intelligence. » Cette phrase figurera longtemps sous le bandeau de La Gazette des sourds-muets. Art’Pi ! 43



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