Art' Pi n°7H HS 2012
Art' Pi n°7H HS 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7H de HS 2012

  • Périodicité : irrégulier

  • Editeur : Art'Sign

  • Format : (220 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 10,5 Mo

  • Dans ce numéro : tricentenaire de la naissance de l'abbé de l'Epée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 30 - 31  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
30 31
30 Art’Pi !
Le musée universel des sourds-muets Le Musée universel des sourds-muets Il fut un temps où de nombreux artistes sourds produisaient des œuvres et remportaient des concours à l’égal des entendants. Saviez-vous qu’en 1892, pour immortaliser cette période, un Musée universel des sourds-muets voyait le jour à Paris ? C’est en 1970 qu’Yves Bernard, ancien professeur à l'INJS(*) de Paris, découvrit les vestiges de ce musée. Il nous en raconte ici l’histoire. Après la mort de l’abbé de l’Épée, son travail fut repris et les sourds continuèrent à s’instruire et à s’épanouir. Les meilleurs élèves de l’Institut de Sourds-Muets de Paris (actuel Institut National de Jeunes Sourds, situé rue Saint Jacques) devenaient graveurs, ébénistes, photographes, peintres, sculpteurs. Les grandes académies d’art les recevaient auprès des plus grands maîtres. De nombreux sourds remportaient des prix lors de concours en France ou à l’étranger. Mais la période fut également riche en découvertes et en progrès pour d’autres domaines et les médecins et autres érudits ne tardèrent pas à s’intéresser de très près à la surdité. Un courant oraliste se développa petit à petit et finit par l’emporter en 1880, au Congrès de Milan, interdisant par la suite l’usage des signes. Les professeurs sourds furent renvoyés. L’instruction orientée dorénavant vers l’accession à la parole plutôt qu’au savoir, les résultats des élèves chutèrent. Les sourds de l’ancienne époque devenaient nostalgiques de leur passé glorieux. Eux qui, grâce à l’abbé de l’Épée et aux signes, avaient montré au monde leurs talents et leurs connaissances, devenaient avec l’oralisme des êtres différents qu’il fallait "réparer". Un musée pour glorifier le passé Le dimanche 29 novembre 1891, lors de la célébration du 179ème anniversaire de la naissance de l'abbé de l'Épée, le président honoraire de la journée, Théophile Denis, fonctionnaire au Ministère de l’Intérieur, déclarait : «...On s'étonnait de rencontrer comme par hasard un sourd-muet qui ne fut pas un parfait ignorant […] Aussi pour essayer de faire apprécier à sa juste valeur le monde des sourds-muets, je m'occupe à réunir dans un musée spécial tous les éléments susceptibles de vous faire bien connaître. » Dès 1875, Théophile Denis commençait déjà à constituer une galerie à l'Institut National des Sourds-Muets de Paris en rassemblant quelques œuvres sur l'histoire de l'établissement. Il voulait honorer la grandeur philanthropique des donateurs, administrateurs, penseurs, philosophes, pédagogues et médecins qui, depuis l’Antiquité, avaient contribué à la reconnaissance de l’éducabilité des sourds. Cette galerie ayant eu du succès, l'idée fut avancée de l'étendre au niveau mondial. C'est ainsi que l'on créa le Musée universel des sourds-muets. Deux parties le composaient : une section historique regroupant toutes les œuvres en lien avec l'art d'instruire les sourds et une section artistique réunissant les œuvres des artistes sourds. On y trouvait des bustes, médaillons, photographies... des œuvres de Choppin, Colas, Deseine, Etienne de Fay... les tableaux Les derniers moments de l'abbé de l'Épée de Peyson, Une leçon de l'abbé de l'Épée de Ginouvier, Carnot à Wattignies de Loustau et bien d'autres. Une vitrine du Musée présentait les prix remportés lors de concours en France ou à l’étranger. En 1896, 2 096 œuvres furent disposées dans une vaste salle située sous le théâtre actuel de l’Institut. L'élite de la société des sourds constituée des enseignants sourds d’autrefois, des artistes et artisans renommés, de journalistes sourds parfaitement bilingues contribuait à son enrichissement. " Les musées sont des espaces où le temps se fige, la mémoire s’éveille. " Portrait de Théophile Denis Archives de l'INJS de Paris PAGE DE GAUCHE Une leçon de l’abbé de l’Épée, huile sur toile d’après une esquisse peinte de Frédéric Peyson, 1891. Par Nachor Ginouvier, sourd-muet Collection de l'INJS de Paris Musée universel des sourds-muets à l'INJS de Paris Archives de l'INJS de Paris 31 Art’Pi !



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :