Art' Pi n°7H HS 2012
Art' Pi n°7H HS 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7H de HS 2012

  • Périodicité : irrégulier

  • Editeur : Art'Sign

  • Format : (220 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 10,5 Mo

  • Dans ce numéro : tricentenaire de la naissance de l'abbé de l'Epée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 28 - 29  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
28 29
Un sculpteur engagé Un sculpteur engagé Claude-André Deseine (1740-1823) Né à Paris le mardi 12 avril 1740, Claude-André Deseine est l'aîné de huit enfants et le seul sourd dans une famille issue de menuisiers et serruriers. À 22 ans, lorsque son grand-oncle meurt, il reçoit une rente annuelle à vie de cent livres, un montant suffisant pour vivre convenablement. À la mort de son père, en 1777, ne sachant ni lire ni écrire (et non pas parce qu’il est sourd), la gestion de la succession est confiée à sa mère. Par la suite, il apprend un peu à lire et à écrire auprès de l’abbé de l’Épée, et signe ses œuvres de "Deseine, sourd et muet". À 38 ans il entre, avec son frère Louis Pierre Deseine (1749-1822), sculpteur lui-aussi, à l’Académie royale de peinture et de sculpture (Institut d’État de 1648 à 1793, créé pour élever le statut des artistes et le distinguer de celui des artisans). Il devient l’un des élèves d’Augustin Pajou (1730-1809), l’un des plus fameux artistes de l’époque. Lors d’un des nombreux concours artistiques organisés par l’Académie royale, il est placé à la troisième place, une grande récompense qu’aucun sourd français n’avait reçue avant. Progressivement, la réputation du sculpteur se répand dans le milieu aristocratique et il reçoit plusieurs commandes. De 1789 à 1794, attaché à la cause révolutionnaire (au contraire de son frère, sculpteur du prince de Condé et fidèle à la dynastie des Bourbons), ses bustes et sculptures d’aristocrates laissent la place à ceux de révolutionnaires comme Mirabeau, Robespierre, l’épouse de Danton, etc. Après la chute de Robespierre, Deseine, jugé trop proche des Montagnards (groupe politique dont Robespierre faisait partie, placé à gauche dans l’assemblée), voit ses commandes diminuer. À la mort de sa mère en 1795, son frère devient curateur, mais il semble, d’après les archives, que le frère soit peu ouvert aux demandes de son aîné. Ce qui expliquerait les aides financières qui lui sont régulièrement accordées par le gouvernement. Portrait de Claude-André Deseine. Dessin à la sanguine par Louis-Pierre Deseine (1749-1822), son frère. INJS de Paris. Attaché à la cause révolutionnaire, ses bustes d'artisocrates laissent la place à ceux de Robespierre, Mirabeau... Claude-André Deseine meurt le 23 décembre 1823 au Petit Gentilly, dans une petite pension. YANN CANTIN & SANDRINE RINCHEVAL Buste de l’abbé de l’Épée Le buste que Deseine a réalisé de l’abbé de l’Épée est célèbre car il est le seul à avoir été créé de son vivant. L’abbé avait toujours refusé que ses traits soient reproduits, ne voulant pas entrer dans la vanité. Le sculpteur l’offrira à l’Assemblée Nationale en 1791. Archives de l’INJS 28 Art’Pi !
Bustes de Maximilien Robespierre, terre cuite, réalisés en 1791 et 1792, Musée de la Révolution Française, Vizille et Conciergerie, Paris Le buste de Maximilien Robespierre est cité, aujourd’hui encore, comme l’un des rares portraits authentiques de l’Incorruptible (surnom donné à Robespierre en raison de son caractère intransigeant et vertueux). Ce buste frappe par son caractère psychologique : une vivacité du regard, une autorité naturelle et le sentiment volontaire de Robespierre sont parfaitement traduits par Deseine. Visite à ne pas manquer Exposition Claude-André Deseine et la Révolution Française, à la Conciergerie de Paris. Visites en LSF du 19 au 24 novembre. Visites en LSI sur demande. Contacter le CMN (Centre des Monuments Nationaux) : public.sourd@monuments-nationaux.fr Buste de Mirabeau, plâtre, réalisé en 1791, Musée des Beaux-Arts, Rennes En avril 1791, lors d’un concours lancé à la mémoire de Mirabeau, le buste de Claude-André Deseine, réalisé en plâtre à partir du masque mortuaire du défunt, remporte les suffrages. Ce buste est cité comme offrant « une ressemblance parfaite, l’expression et l’énergie » de ce célèbre orateur du peuple que fut Mirabeau. 29 Art’Pi ! Buste mortuaire d’Antoinette-Gabrielle Danton, plâtre patiné bronze, réalisé en 1793, Musée de Troyes En 1793, Deseine réalise le portrait d’Antoinette- Gabrielle Danton, l’épouse de Georges Danton, qui meurt après la naissance de son quatrième enfant. On raconte que, trois semaines après le décés d'Antoinette-Gabrielle, le révolutionnaire est allé chercher Claude- André à son atelier du Faubourg Saint Marceau pour l’emmener au cimetière. En pleine nuit, le cercueil de l’épouse est exhumé pour que le sculpteur fasse un masque mortuaire et réalise le buste posthume d'Antoinette-Gabrielle. Cette scène est visible dans le film Danton, avec Gérard Depardieu.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :