Art' Pi n°7H HS 2012
Art' Pi n°7H HS 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7H de HS 2012

  • Périodicité : irrégulier

  • Editeur : Art'Sign

  • Format : (220 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 10,5 Mo

  • Dans ce numéro : tricentenaire de la naissance de l'abbé de l'Epée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Gustave-Ni Abbé de l'Épée (1712-1789) XVIII e siècle Léopold Loustau (1815- XIX e siècle Révolution française (1789) Claude-André Deseine (1740-1823) The Indian bear hunters de Douglas Tilden. Archives de l'INJS de Paris. LE SAVIEZ-VOUS ? Pierre Pélissier (1814- 1863) est le seul poète sourd ayant marqué l'Histoire. Ses poèmes attirèrent l’attention d’Alphonse de Lamartine (1790-1869) lui-même. L’âge d’or À la Belle Époque, à partir des années 1830, le nombre d'artistes sourds se multiplie. Le peintre Léopold Loustau (1815-1897), ancien élève de Saint-Jacques, et le sculpteur Gustave-Nicolas Hennequin (1834-1918), ancien élève de Nancy sont les premiers à participer au Salon des artistes, organisé chaque année. C’est dans ce Salon que se retrouvaient les plus grands artistes de France et du monde : Manet, Monet, Renoir, Degas, Rodin, Claudel, etc. À partir d’eux, deux générations d’artistes sourds vont se succéder jusqu’aux années 1930. Les sourds ont rivalisé d’égal à égal avec de grands artistes dans ce Salon à l’entrée très sélective. Celui qui y entrait était assuré d’avoir une renommée nationale, l’État pouvait alors lui faire des commandes ou lui acheter des œuvres. Paul Choppin (1856-1937) reçut une commande pour sa sculpture du docteur Broca (elle disparut pendant la Seconde Guerre Mondiale, fondue pour récupérer le bronze). Le peintre Armand Berton (1854-1927) était également l’un des plus réguliers du Salon et nombre de ses œuvres se trouvent dans des musées. Felix Martin, cousin par alliance de Gustave Hennequin, est l’un des sculpteurs les plus connus avec sa statue de l’abbé de l’Épée dans la cour d’honneur de l’INJS de Paris. Ces artistes faisaient partie de l’élite des sourds et participaient aux banquets organisés en l’honneur de la naissance de l’abbé de l’Épée. Ces banquets étaient organisés pour étendre les réseaux sociaux des sourds en invitant des personnalités du monde entendant. Par la suite, ils servaient surtout à se regrouper entre sourds pour utiliser les signes et lutter contre la montée de l’oralisme. Les artistes sourds de France des années 1870-1920 eurent de nombreux élèves. Ils semblent avoir été influents à l’étranger, et surtout aux États-Unis. Les premiers peintres et sculpteurs sourds américains qui se déplacèrent en France pour s’y former furent Douglas Tilden (1860-1935) et Granville Redmond (1871-1935). Ce dernier est l’un des plus connus. Il joua dans des films de Charlie Chaplin et lui enseigna l’ASL (la Langue des Signes Américaine). Autoportrait de Léopold Loustau. Archives de l’Amicale des anciens élèves de l’INJS de Paris Surprise œuvre réalisée par un artiste sourd. Nom inconnu. Archives INJS de Paris. 24 Art’Pi !
Armand Berton (1854-1927) René Princeteau (1849-1914) 1897) colas Hennequin (1834-1918) Belle Époque (1870-1914) Salon des artistes Silencieux (1920) XXe siècle Congrès de Milan (1880) Musée universel des sourds-muets (1892) Paul Choppin (1856-1937) Disparition du Musée universel des sourds-muets (1968) Douglas Tilden (1860-1935) Fernand Hamar (1869-1943) Paul Choppin et sa statue de l'abbé de l'Épée. Archives de l'Amicale des anciens élèves de l'INJS de Paris. La Belle Époque fut une période brillante artistiquement, avec un grand nombre d’artistes sourds dans tous les domaines. Pour la France, une cinquantaine de noms seraient référencés. Fernand Hamar (1869- 1943) et Paul Choppin représentent les derniers sculpteurs sourds de la Belle Époque française. Le déclin amorcé La réforme éducative eut un grand impact en France, et dans les pays qui appliquèrent les recommandations de Milan de 1880. Délaissant l’éducation intellectuelle au profit de l’éducation orale, les institutions spécialisées ne permirent pas aux nouvelles générations de s’épanouir intellectuellement. Les artistes sourds devinrent ainsi de moins en moins nombreux au fil des années. Les Anciens se décidèrent à fonder le Salon des Artistes Silencieux dans les années 1920 pour tenter d’intéresser les jeunes à l’art. Mais, après les années 1940, on ne voit plus guère d’artistes sourds dans le grand public. Il existe des dessinateurs, des peintres de loisir, mais plus rien au stade professionnel. Beaucoup d’œuvres disparurent, furent abîmées ou refondues pour réutiliser les matériaux. Seulement certaines furent sauvées et restaurées par le Musée universel des sourds-muets. C’est seulement dans les années 1970-1980, après une parenthèse de quarante, cinquante ans, que les artistes sourds reviennent lentement en France. Mais arriveront-ils à surpasser ceux de la Belle Époque ? Il est trop tôt pour le savoir, seul l’avenir nous le dira. YANN CANTIN & SOPHIE LAUMONDAIS Couverture du catalogue du Salon international des artistes Silencieux. Archives de l'Amicale des anciens élèves de l'INJS de Paris. Exposition des artistes Silencieux, 1912 Archives de l'INJS de Paris. 25 Art’Pi !



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