Art de Ville n°68 jun/jui/aoû 2020
Art de Ville n°68 jun/jui/aoû 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°68 de jun/jui/aoû 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Chicxulub

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 3,8 Mo

  • Dans ce numéro : spécial covid, avancer masqués ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Une des tartes de distanciation de Microclimax. © DR artdeville - Édition chicxulub « Les galeries, les foires sont de plus en plus tentées par le virtuel. Ce qui à ses yeux s’inscrit en contradiction avec ce qu’on enseigne dans les écoles d’arts. « L’art reste un bien, plutôt qu’un questionnement », constate-t-il. Sous l’influence d’une culture plus anglo-américaine, l’exposition comme « mise en espace d’une pensée sociologique, philosophique… » risque selon lui d’être une victime collatérale du Covid. Claude Bauléry, galerie Vue sur cours C’est pourtant le choix auquel s’est résolue la galeriste de Vue sur cours, à Narbonne. Dans cette ville en perdition pour l’art contemporain (lire Haut et bas de la culture à Narbonne - artdeville n° 57), Claude Bauléry fait certes office du dernier des Mohicans en tant que gérante de sa « galerie-boutique » – Vue sur cours vend en effet également de l’artisanat d’art. Après avoir lancé un SOS, via une opération de financement participatif, l’artiste Libby Page, dont le vernissage était calé ce printemps, lui souffle l’idée d’organiser un vernissage virtuel. Ce à quoi Claude Bauléry se refuse dans un premier temps : « L’émotion ne peut pas passer par la vitre froide d’un écran d’ordinateur. » Mais elle finit par se laisser convaincre. Et l’opération est une franche réussite ! L’organisation a pris du temps, il a fallu traduire en anglais les textes de présentation pour chaque œuvre, « Je suis sortie de ma zone de confort, mais la contrainte a été inspirante. » Le 15 avril, à l’heure dite, un Dossier / Culture 34 « Facebook live » permet au duo, l’une à Berlin, l’autre à Narbonne, de présenter les œuvres côte à côte virtuellement pendant 52‘. Et de vendre, notamment une grande toile. « Ça a remis en question ma manière de voir les choses car l’acheteur est américain et ne serait pas venu à la galerie. » Sauvée in extremis par la cagnotte et ces ventes, Vue sur cours espère désormais que les vacances franco-françaises de cet été lui amèneront des visiteurs. Marie-Caroline Allaire-Matte, galerie AL/MA Dans ce contexte si particulier lié aux mesures de confinement, la galerie AL/MA a souhaité « maintenir le contact avec les artistes, collectionneurs, soutiens institutionnels et amis solidaires ». Ainsi, la galeriste Marie-Caroline Allaire-Matte a-t-elle aussi songé à des expositions en ligne. Sur Facebook et Instagram, mais sans dispositif live, ses « expositions corona » telles qu’elles les surnomment à propos n’ont malheureusement pas eu le même succès. « J’ai reçu beaucoup d’encouragements, de félicitations, mais de ventes, zéro ! » regrette-t-elle. La solide notoriété des artistes Arnaud Vasseux, Tjeerd Alkema, Eve Gramatzki, Susy Lelièvre et Max Charvolen n’aura pas suffi. « Je sais qu’il y a eu des foires en ligne, mais les ventes ne viennent que valider celles déjà prévues. Je ne crois pas qu’elles puissent se décider si on ne connaît pas déjà l’artiste et si l’intention d’achat n’est pas déjà présente. » Selon Marie-Caroline Allaire-Matte, la question du prix pose également un problème : « En France, on ne sait pas parler d’argent en ligne, afficher les prix. Ou alors, il faut que cela se passe dans le cadre d’une vente solidaire, caritative. » Mais pour elle, s’il fallait que ce type de relations virtuelles se développent, voire se généralisent, « cela ne m’intéresserait plus. Le rapport à l’œuvre, au lieu, la présence de l’artiste sont indispensables. » Elle craint par ailleurs que « l’absence des foires fasse de gros dégâts ». Fabien Boitard, artiste Dans son atelier d’Aniane, Fabien Boitard avoue être resté « abasourdi » par la décision du confinement, et l’avoir vécu « d’abord au ralenti, un peu comme tout le monde. Il m’a fallu comprendre ; c’est un peu le rôle des artistes de regarder le monde dans lequel on vit ». Mais après ce temps de latence, Fabien Boitard s’est remis à peindre au même rythme. Présent dans les collections du Fonds régional d’art contemporain et dans celles de nombreux collectionneurs privés, il travaille justement sur des visages masqués ou « bâillonnés » (cf. photo). Une évolution logique de sa série de quinze « grimaces » présentée à la Galerie Tokonoma, rue Chapon à Paris, en juin. Qualifié d’« artiste passionnant » par Nicolas Bourriaud, directeur du MoCo, ses œuvres figureront dans
l’exposition « 100 km » organisée par le centre d’art contemporain montpelliérain du 30 janvier au 2 mai 2021. Microclimax, artistes À Sète, le couple d’artistes Benjamin Jacquemet et Carolyn Wittendal qui forment Microclimax déclarent eux aussi avoir été « chamboulés » par la déclaration de confinement. Leur travail a été réduit « quasi à zéro. Il a fallu aussi s’occuper des enfants ». Microclimax est également une agence de design urbain et d’architecture et leur projet à Lectoure (Gers), une commande publique autour d’un jardin écologique, a été mis en stand-by ; leurs interventions dans les collèges de l’Hérault aussi. Carolyn et Ben se sont donc attelés à la confection… de masques et de « tartes de distanciation » ! Leur façon ironique et sublime de commenter l’actualité (cf. photo). « Notre travail consiste à concevoir habituellement des architectures qui réunissent les gens ; là nous avons imaginé ce qui pouvait représenter le contraire. » Une machine à serrer les mains est aussi en cours de création ! Cet été, Microclimax participera à la manifestation Horizon d’eau, organisé dans un format allégé par le musée d’art contemporain Les Abattoirs (Toulouse) et le Fonds régional d’art contemporain Occitanie (FRAC Toulouse et Montpellier). Emmanuel Latreille, directeur du FRAC Au FRAC justement, dont la fonction est aussi d’acquérir auprès des galeries et des artistes les œuvres qui constituent la collection publique de la Région, pas d’achat solidaire supplémentaire prévu « Le budget est identique. On ne peut que poursuivre ceux en cours. Nous faisons en sorte que les commissions se réunissent pour qu’il n’y ait pas de retard », expliquait à artdeville Emmanuel Latreille, directeur du FRAC Montpellier, le confinement n’étant pas encore levé. Qui plus est, la politique d’achat du FRAC ne doit pas, par principe, avantager tel ou tel artiste sous prétexte qu’il habite la région. Le propre de la démarche des FRAC est d’acquerir aussi des œuvres d’artistes étrangers qui enrichiront d’autant les collections. « Mais il faut faire attention aux deux. 35 à 50 % de dossiers régionaux sont de bon niveau. Il y a ici un vivier d’artistes de grand talent ». Le FRAC Occitanie s’inscrit toutefois dans différents dispositifs mis en place pour le secteur des arts plastiques en région à l'ère du COVID, avec pour objectif premier : « maintenir une offre culturelle dans le Sud cet été pour tous les publics ». S’y sont joints également le Carré d’art (Nîmes), le MoCo (Montpellier), le CRAC (Sète)… Et comme un clin d’œil au destin, l’artiste montpelliérain Jimmy Richer sera l’invité du FRAC pour une première exposition personnelle nommée… CASA. Son évocation de la « maison » dans le contexte postconfinement n’en prend que plus de pertinence. Hervé di Rosa, artiste Depuis le Portugal où Hervé di Rosa réside, le célèbre artiste du mouvement Figuration libre avoue que la crise « n’a pas changé grand-chose. Ça m’a permis de peindre un peu plus. Les réunions ont été reportées ». En mars, il devait rendre un travail pour l’Institut Pasteur sur le thème… du virus ! Une commande passée bien avant que le Covid-19 soit même nommé. Hervé di Rosa est le cofondateur, avec Bernard Belluc, du Musée international d’art modeste de Sète. Pour l’espace d’exposition, il a créé une signalétique originale qui guide le visiteur selon les gestes barrières désormais en vigueur. « J’avais la liste : flèche droite, gauche, au sol, file d’at- Bâillon n° 5, 2020, huile sur toile, 33x24 cm Fabien Boitard. © DR Signalétique Covid- 19 au MIAM, par Hervé di Rosa. Copie d’écran 35 artdeville - Édition chicxulub



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