Art de Ville n°67 avr/mai 2020
Art de Ville n°67 avr/mai 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°67 de avr/mai 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Chicxulub

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 54

  • Taille du fichier PDF : 17,1 Mo

  • Dans ce numéro : spécial covid, quand la ville s'évanouit en Occitanie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 34 - 35  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
34 35
artdeville - Édition chicxulub Festival international des jardins organisé au Domaine de Chaumont-sur-Loire (photo ci-dessus - artdeville n° 46). Matériaux recyclés ou recyclables à base d’algues remplacent le bitume des trottoirs. Les lampadaires, équipés de cellules photovoltaïques, abritent des citernes destinées à récolter et stocker les eaux de pluie. Les branches agissent comme des stores végétaux qui, selon le cycle naturel des saisons, dispensent ombre et fraîcheur, lumière et chaleur. Le projet, exposé dans le cadre des « Jardins d’avenir ou l’art de la biodiversité heureuse », propose un renversement de paradigme : le végétal ne serait plus un accessoire qui habillerait la rue de vert, mais l’élément préalable et déterminant à son tracé et/ou son aménagement. Les changements actuels et futurs rendent aux rues et boulevards, places et parkings, périphériques et routes une voix au chapitre nécessaire longtemps oubliée… Enfin ! n INTERVIEW Éric Alonzo : « Nos modes de vie peuvent radicalement changer » Éric Alonzo est né en 1973 à Castres (81). Il est professeur à l’École d’architecture de la ville & des territoires Paris-Est, chercheur à l’Observatoire de la condition suburbaine et codirecteur du DSA d’architecte-urbaniste. L’auteur de « Du rond-point au giratoire » (Parenthèses, 2005) a reçu en 2017 le prix Manuel de Solà-Morales, qui récompense la meilleure thèse de doctorat dans le champ de l’urbanisme d’Europe, pour un travail intitulé « L’Architecture de la voie. Histoire et théories ». Éric Alonzo en tire un ouvrage éponyme, paru en 2018 aux Éditions Parenthèses. Il nous livre sa réflexion sur les conséquences possibles de la crise sanitaire et les enjeux écologiques actuels sur la conception et l’usage des voies de circulation. Vous évoquez, dans votre livre, la « redécouverte d’une longue tradition architecturale de la voie ». La campagne des municipales semble confirmer votre hypothèse. Il est question de végétaliser les voies, de mettre fin à la ségrégation des flux, de destituer les véhicules motorisés au profit des déplacements doux… Quel regard portez-vous sur ce qui se fait jour ? Cette redécouverte n’est pas nouvelle, on peut dire qu’elle fait suite, en France, à la décentralisation des années 1980 Urbanisme 34 qui transfère les compétences en urbanisme aux communes. Portés par de nouvelles commandes d’aménagement d’« espace public » des grandes villes, beaucoup d’architectes, urbanistes ou paysagistes, inspirés par les réalisations pionnières de Barcelone, sont alors parvenus à renouer avec ce savoir-faire qui avait culminé à l’aube du XX e siècle. Aujourd’hui, nous sommes dans la poursuite de cette tradition, mais elle intègre bien davantage les questions écologiques qui se traduisent principalement, dans la conception des voies, par une place accrue à la « nature » (désimperméalisation des sols, noues, végétalisation, etc.) et aux modes de déplacements alternatifs à l’automobile. Mais, là aussi, les précédents historiques peuvent nous éclairer. Ainsi le Back Bay Fens aménagé à la fin du XIX e siècle à Boston par le paysagiste Olmsted, le créateur de Central Park, restituait les conditions originelles d’un marais d’eau salé en recevant les eaux assainies des quartiers environnants et formait le maillon d’un « parkway » conçu pour le déplacement différencié des piétons, des cavaliers et des calèches et relier les grands parcs de la métropole. Diriez-vous que la pandémie du coronavirus pourrait bousculer cette redécouverte en (ré)affirmant le caractère sanitaire/sécuritaire des voies de circulation ? Il est probablement trop tôt pour tirer les conséquences que nous vivons actuellement. Mais on constate que nos modes de vie peuvent radicalement changer. On va peut-être vouloir réduire nos excès de déplacements (notamment les plus polluants), pratiquer une plus grande « distanciation sociale », etc. Ce qui pourrait avoir comme conséquence d’accorder un plus grand confort aux piétons et aux cyclistes. Mais, plus généralement, il faut se souvenir que notre conception des rues est en grande partie l’héritière des réflexions du XVIII e siècle et XIX e siècle, qui croisaient les préoccupations des hygiénistes, des médecins, des architectes et des ingénieurs. La crise sanitaire actuelle, et plus largement les enjeux écologiques majeurs auxquels nous sommes confrontés, appelle à réactiver cette tradition.
Illustration : Projet porté par le comité de quartier Clérondegambe (Montpellier) pour « la mise en valeur de l’espace public par la désimperméabilisation et la végétalisation de l’axe St-Denis, Rondelet & du Nouveau St Roch ». Le bitume verdit aussi Sa recette et son procédé pour le moins. L’innovation est signée Eiffage Route, une structure intégrée à la branche Infrastructures du groupe de construction et de concessions français qui intervient dans de nombreux domaines des travaux publics. Recytal®-ARM est un procédé alternatif au bitume traditionnel, lauréat de la procédure nationale d’innovation routière portée par le Comité Innovation Routes et Rues (CIRR) en juillet 2017. Il associe une émulsion végétale 100 % biosourcée, obtenue à partir des déchets de la sylviculture et de l’industrie papetière, et un Atelier de Retraitement Mobile (ARM) développé par Eiffage Route. Moins consommatrice en énergie, la poix affiche des taux d’émission de CO 2 négatifs. Autre point positif, ce dispositif tout-en-un permet de réaliser sur place le chantier de régénération des anciennes chaussées. Alors que les chantiers expérimentaux se multiplient dans l’Hexagone, deux concernaient l’Occitanie : la RD26 dans l’Hérault en 2018 et la M65B en Haute-Garonne en 2019. Cette dernière expérimentation entrait dans le cadre du Plan Climat Air Énergie Territorial de Toulouse Métropole (PCAET). n 35 artdeville - Édition chicxulub



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :