Art de Ville n°67 avr/mai 2020
Art de Ville n°67 avr/mai 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°67 de avr/mai 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Chicxulub

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 54

  • Taille du fichier PDF : 17,1 Mo

  • Dans ce numéro : spécial covid, quand la ville s'évanouit en Occitanie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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artdeville - Édition chicxulub Des rues plus vertes plus sociales plus saines plus belles é-gé-ta-li-sa-tion ! Le mot d’ordre a fleuri dans les bouches des candidats aux dernières élections municipales. Il est soutenu par les préconisations des autorités chargées d’informer et d’accompagner la transition écologique en France. Il est également une prescription législative, inscrite dans le Code de l’énergie français et dans la loi Climat et Énergie, en lien avec la loi sur les mobilités dite LOM également. Objectif : atteindre la « neutralité carbone » d’ici à 2050 et diminuer de 40 % la consommation d’énergie fossile d’ici à 2030. Les collectivités territoriales et les villes, particulièrement les métropoles de plus de 20 000 habitants, sont en première ligne : la végétalisation peut agir en faveur du rafraîchissement urbain, de la réduction des taux de CO 2 et de particules fines, de la sauvegarde de la biodiversité. À défaut de faire table rase d’un urbanisme légué par l’Histoire, les édiles planchent sur la transformation de l’existant et prônent la « désimperméabilisation » des Urbanisme 32 ELLES SONT INDISPENSABLES À NOS DÉPLACEMENTS : À PIED, À VÉLO, EN VÉHICULE MOTORISÉ… LES VOIES DE CIRCULATION SONT DES MARQUEURS DE DÉVELOPPE- MENT DU TERRITOIRE, NOTAMMENT CELUI DES VILLES. ELLES RETROUVENT (TROP ?) LENTEMENT LEUR PLACE POUR RÉPONDRE À L’URGENCE ÉCOLOGIQUE ET, PLUS QUE JAMAIS, SANITAIRE. Texte Ève Scholtès Photos DR sols. Si les voies de circulation conservent leur caractère utilitaire, en dessinant un espace qui cadre à la fois le logement et le déplacement des habitants, elles acquièrent des caractères nouveaux : plus vertes, plus belles et plus sociales. Des premiers pas encourageants Le mouvement n’est pas inédit. Les permis de végétaliser, assortis de chartes ou de conventions de financement, sont déjà autorisés par les municipalités telles que Toulouse ou Montpellier. Ils permettent à des particuliers de planter fleurs et légumes sur l’espace public. Ce premier pas, cantonné à des micro-espaces certes, renouvelle la fonction des rues et des boulevards, des places et des parkings depuis plusieurs années. La création des coulées vertes, la multiplication des plantations d’arbres marquent également cette prise de conscience de la part des édiles ; assortie, faut-il le rappeler, à un impératif de mise en conformité des Établissements publics de coopération intercommunal (EPCI), à fiscalité propre de plus de 20 000 habitants et la métropole lyonnaise, avec la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte du 17 août 2015. Les efforts sont sincères, même si les ambitions butent souvent contre des barrières législatives et réglementaires telles que la mise en sécurité des voies de circulation.
La critique, si elle demeure générale, trouve ses arguments dans la réalisation de projets concrets. Labellisé d’intérêt général, « Le devenir de la place Rondelet » à Montpellier laisse par exemple entrevoir le gymkhana législatif et réglementaire auquel les municipalités, les métropoles et les intercommunalités se frottent. La « désimperméabilisation » et la végétalisation de l’axe Saint-Denis, Rondelet et Nouveau Saint-Roch « découle d’un besoin urgent de valorisation de l’espace public », explique le comité de quartier Clérondegambe. Il s’agit alors d’articuler la problématique d’un meilleur partage de l’espace et d’une amélioration de la qualité de vie des habitants à celle des mobilités, prégnante sur cette liaison entre le centre-ville et les quartiers sud de la capitale héraultaise. Vers une approche participative et collaborative ? D’aucuns trouveraient que le projet de Clérondegambe déçoit les attentes. Végétalisation, il y a. Sera-t-elle suffisante ou seulement efficace si les sols ne verdissent pas davantage ? Si l’ombre portée en été sur les usagers n’est pas plus généreuse ? Partage de l’espace au profit des mobilités douces, il existe aussi. Sera-t-il prompt à réduire la part des véhicules motorisés si l’espace leur est encore majoritairement dédié ? Et maintien des zones cyclistes et piétonnes toujours séparées, en plein centre-ville ? L’heure est toutefois au souci réaffirmé de ne pas laisser au rang de consultation l’expression des habitants qui participent aux enquêtes publiques, aux conseils ou aux comités de quartier ; ce que prévoient les lois et les règlements. La campagne des municipales a promu des projets globaux qui rassemblent les compétences d’architectes, d’urbanistes, de paysagistes et d’ingénieurs tout en ouvrant des laboratoires de démocratie participative. Zones à faible émission (ZFE) et corridors verts, rues enherbées et végétalisation des murs antibruit, maraîchage urbain et plantation d’arbres, réservoirs d’eau pluviale… Ils sont élaborés à l’échelle de la ville, intégrés à une équation dont les facteurs tiennent autant aux mobilités qu’à la santé et au lien social. La réflexion semble d’avant-garde ? L’architecte et docteur en architecture Éric Alonzo rappelle qu’il n’en est rien. Lors d’une conférence à l’institut supérieur des arts de Toulouse, le 15 janvier dernier, il engageait à ce que la voie de circulation soit redécouverte pour ce qu’elle est depuis l’Antiquité : une architecture, dégagée d’un prisme strictement technique, qui relèverait à la fois du solide, de l’utile et du beau. Une redécouverte déjà au travail Elle peut l’être. À preuve avec un architecte-paysagiste, Julien Maïeli, et un designer, Germain Bourré. Le duo présentait Jardin à la rue dès 2011, à l’occasion du En lieu et place de l’asphalte, Julien Maïeli et Germain Bourré proposaient dès 2011 « que le jardin et la biodiversité deviennent les éléments structurels. » des rues. www.jardinalarue.com 33 artdeville - Édition chicxulub



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