Art de Ville n°67 avr/mai 2020
Art de Ville n°67 avr/mai 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°67 de avr/mai 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Chicxulub

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 54

  • Taille du fichier PDF : 17,1 Mo

  • Dans ce numéro : spécial covid, quand la ville s'évanouit en Occitanie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Texte Stella Vernon (avec Fabrice Massé) Photos DR E artdeville - Édition chicxulub n ce temps de « guerre », les initiatives solidaires et sociales qui fleurissent un peu partout sur le territoire sont une bouffée d’air pur. A Florac, la plus ancienne manufacture de jeans de France réduit drastiquement son activité mais se mobilise. Dans un tweet, Julien Tuffery, l’arrière-petit-fils du fondateur de l’Atelier Tuffery, a indiqué qu’avec sa compagne, son père et son oncle, il mettait en route une petite unité de fabrication de masques. Des demandes qui explosent La boutique/showroom de l’Atelier Tuffery a fermé ses portes depuis le 13 mars ; les 16 salariés sont en chômage partiel, à l’exception d’une artisane qui a emporté chez elle une machine à coudre, en sorte de télétravail. Pour autant, l’atelier de production n’est pas (encore ?) à l’arrêt total. « La situation est très anxiogène mais dans cette morosité ambiante, le bon sens lozérien et cévenol nous a fait nous demander de quelle façon nous pouvions être utiles, exprime Julien Tuffery. En parallèle, le ministère a lancé un appel aux ateliers textiles pour essayer de trouver des solutions face à la pénurie de masques. Nous avons donc souhaité répondre à cette demande implicite. Nous sommes bien sûr limités par la capacité de production – 300 masques par jour. » Non certifiés médicalement, ces masques de protection simple, distribués gratuitement, sont en priorité destinés aux soignants, aux centres médico-sociaux ou aux établissements paramédicaux… L’entreprise, limitée également par sa capacité d’emballage et d’expédition, approvisionne le bassin local, notamment la pharmacie du village qui sert de relais. « Les demandes ne cessent d’affluer. Pour l’instant, nous faisons face à l’urgence locale, après… c’est l’incertitude », s’inquiète le jeune dirigeant. Des hauts et des bas Pourtant, il y a encore trois semaines, les carnets de Dossier Covid-19 L’Atelier Tuffery solidaire DÉJÀ TRÈS IMPLIQUÉE DANS LA FABRICATION ÉCORESPON- SABLE DE JEANS MADE IN FLORAC (LOZÈRE), LA SOCIÉTÉ CRÉE DES MASQUES DEPUIS LES PREMIERS JOURS DE L’ALERTE. 20 commandes de l’Atelier Tuffery étaient pleins et les machines tournaient à plein régime pour produire une moyenne de 60 à 80 jeans par jour – contre à peine une vingtaine actuellement. Créée en 1892 par Célestin Tuffery, le pionnier du jean français, la manufacture n’en est pas à ses premiers déboires. Lorsque Julien Tuffery et sa compagne Myriam l’ont reprise il y a cinq ans, elle était au bord du gouffre. Après des années florissantes jusqu’à s’affirmer comme leader mondial dans les années 50 et 60 sous la marque Tuff’s, l’atelier a été victime du déclin historique de l’industrie textile en France, puis des délocalisations en Asie. « Nous avons fait un énorme travail de sauvegarde du savoir-faire et de modernisation de la manufacture », résume l’arrière-petit-fils du fondateur. En 2017, 1 M€ a été investi dans la construction d’un nouvel atelier permettant de multiplier par dix la production. Deux ans plus tard, la société affichait une santé flamboyante et réalisait un CA annuel de 1,4 M€. Pour réussir à remettre en lumière « ce trésor » de l’industrie, la quatrième génération de maîtres tailleurs confectionneurs a repris les trois codes familiaux de l’Atelier : savoir-faire, matière et innovation. Convaincu que la clé de la réussite passe par la transmission du savoir – et parce qu’il n’existe aucune école apprenant le métier du jean – l’Atelier Tuffery forme pendant quatorze mois son personnel à la polyvalence des postes. « Le travail à la chaîne sur des lignes de production est impensable pour la jeune génération. L’émancipation du salarié passe par la polyvalence, la flexibilité du travail et l’alternance des postes », affirme Julien Tuffery. Le premier jean au monde en laine Sur les pas de son père qui a toujours refusé de délocaliser, le jeune dirigeant pousse toujours plus loin la démarche éthique et écoresponsable : circuits courts, maîtrise des matières, recherche de procédés les moins polluants pour la teinture… Rêvant d’une alternative à la filière coton, il tisse des partenariats avec des agriculteurs et éleveurs locaux pour pouvoir créer des jeans à l’aspect naturel. Après l’utilisation du chanvre qui a permis de dynamiser la jeune coopérative VirgoCoop à Cahors, l’Atelier Tuffery a lancé il y a deux ans le premier
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