Art de Ville n°67 avr/mai 2020
Art de Ville n°67 avr/mai 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°67 de avr/mai 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Chicxulub

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 54

  • Taille du fichier PDF : 17,1 Mo

  • Dans ce numéro : spécial covid, quand la ville s'évanouit en Occitanie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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artdeville - Édition chicxulub 14
ardi 17 mars, 12h15. Une dizaine de policiers fait le pied de grue devant un immeuble modeste quartier gare Saint-Roch, tandis qu'un individu s'agite à sa fenêtre torse nu, visiblement perturbé. « C’est un patient en fin de traitement. Vu le contexte, il est sans doute très très anxieux. Dès qu’on a frappé, on a vu que ça n’allait pas », explique une infirmière de l'hôpital La Colombière. Alors que cette soignante venait prendre des nouvelles de son patient, accompagnée d’un collègue, ils se sont heurtés à un homme en pleine crise. « On va en avoir de plus en plus. Qu’est-ce qu’on va en faire ? », poursuit-elle. Une réflexion quasi prophétique. « Qu'est-ce qui est réel, qu'est-ce qui ne l'est pas ? » Avec la crise sanitaire, les personnes présentant des troubles psychiatriques sont dans l'impasse. Plus question de sortir, ni d'aller à la rencontre de ces spécialistes pourtant incollables sur leurs antécédents parfois complexes. Pour le docteur Sébastien Hannoir, psychiatre à la clinique Rech, à Montpellier, la situation est totalement « inédite ». Dossier Covid-19 En tête à tête avec son trouble psy CRISE SANITAIRE, CONFINE- MENT ET TROUBLES PSY NE FONT PAS BON MÉNAGE. SUITE AUX PREMIÈRES INJONCTIONS D'ISOLEMENT, LES SERVICES PSYCHIA- TRIQUES ONT OBSERVÉ UN AFFLUX D'APPELS DE LA PART DE PATIENTS DÉSEMPARÉS. Texte Prisca Borrel (avec Fabrice Massé) Photos FM « Il n'y a absolument rien de comparable ces dernières années », affirme-t-il. Si tous les patients de la psychiatrie ne réagiront pas de la même manière, force est de constater que chez les cas psychotiques, isolés par nature, « on peut observer une amplification de leurs propres problématiques. Pour eux, cela devient compliqué. Ils ont très peu ou plus du tout de contacts sociaux et familiaux. Faire leur course ou croiser des gens dans la rue avait une certaine valeur pour ces gens ». Sans compter l'accumulation d'informations anxiogènes à la télévision. Concrètement, le médecin redoute la réactivation de « thématiques délirantes sous-jacentes. Ils vivent le monde extérieur comme hostile. Ils me disent : “j'ai du mal à faire la part des choses, j'ai l'impression d'être dans une atmosphère de fin du monde. Qu'estce qui est réel et qu'est-ce qui ne l'est pas ?” » Plus grave, le docteur Sébastien Hannoir se dit surpris par le nombre de nouveaux patients, dont les antécédents n'avaient jamais laissé présager un risque quelconque. « Ces nouveaux patients n'ont jamais consulté 15 artdeville - Édition chicxulub



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