Art de Ville n°67 avr/mai 2020
Art de Ville n°67 avr/mai 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°67 de avr/mai 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Chicxulub

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 54

  • Taille du fichier PDF : 17,1 Mo

  • Dans ce numéro : spécial covid, quand la ville s'évanouit en Occitanie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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artdeville - Édition chicxulub Texte Prisca Borrel (avec Fabrice Massé) Photos DR Dossier Covid-19 L'ÉPIDÉMIE QUI SECOUE LA PLANÈTE, LA PÉNURIE DES MOYENS SANITAIRES, LES RAYONS VIDES… CE SCÉNARIO CATASTROPHE, DES SURVIVALISTES ET COLLAPSOLOGUES L’ONT IMAGINÉ IL Y A BIEN LONGTEMPS. EN OCCITANIE, CERTAINS S’Y PRÉPARENT À PLUS OU MOINS LONG TERME OU THÉORISENT SUR LES MANIÈRES DE SURVIVRE AU CHAOS DE CE MONDE QU’ILS REJETTENT. LES TEMPS SEMBLENT LEUR DONNER RAISON. Cette nuit, j'ai pleuré », confie Sylvie, 58 ans, consultante en informatique. Lorsqu'elle a commencé à entendre parler de coronavirus et de pandémie, elle l'avoue, sa réaction a été double. « Je me suis dit : merde, on y est ! Et en même temps : merde, je ne suis pas prête ! » Si les réseaux de collapsologie qu'elle fréquente ont imaginé le pire, ils ne s'attendaient pas à une claque aussi brutale. Ni même virale, à vrai dire. Néologisme créé par le médiatique Pablo Servigne, la collapsologie désigne une approche pluridisciplinaire qui s'intéresse à l'effondrement de la civilisation. En bref : « Ça sent le gaz, mais on ne sait pas d'où viendra l'étincelle », lançait l'ingénieur agronome en 2018. Une sentence qui, pour le Montpelliérain Franck Bernard, président de l'association Le Nouveau monde, prend aujourd'hui un sens nouveau. « Le coronavirus, ça peut être ça l'étincelle. » Pédagogie de crise Le trentenaire voit pourtant dans la crise « autant d'aspects positifs que négatifs ». « Moi, je me suis dit : enfin quelque chose qui met un genou à terre au capitalisme ! Enfin quelque chose de microscopique, qu'aucune armée ne peut écraser et qui protège le vivant ! Enfin les gens 10 ont ce choc qui les oblige à se remettre en question et à considérer que le libéralisme n'est pas immuable ! Je crois que pour nous, c'est l'opportunité d'être pris au sérieux. Et j'ose espérer que ce n'est qu'une répétition générale », lance-t-il ! Dans ses placards, celui qui se définit comme un « survivaliste mature » ne dispose que de trois semaines de réserve. « Je suis en train de travailler mes réflexes », sourit-il. Depuis plusieurs mois déjà, Sylvie achète une boîte de plus à chaque course, sait-on jamais. Elle dispose de quoi tenir deux semaines sans sortir. Un peu plus prévoyant, Benjamin, graphiste à Béziers, dispose quant à lui, d'un mois de réserves environ. Formé aux techniques de survie dans les bois, il a également préparé un sac contenant le strict nécessaire pour répondre à ses besoins vitaux en cas de départ précipité. Si Benjamin ne s'est pas laissé emporter par l'affolement qu’on a pu constater, il se sent néanmoins conforté dans ses choix. « À l’évidence, j'ai bien fait de suivre mes intuitions, et je pense que les lanceurs d'alertes et ceux qui se préparent seront davantage crédibilisés, voire même imités plutôt que ridiculisés », résume-t-il. « Aucun Rambo ne s'en est sorti tout seul » Un espoir partagé par Manon, professeur des écoles, qui a profité de cet état de confinement pour rejoindre un éco-hameau situé près de Toulouse. « Je me rends compte qu'au début, anticiper l'effondrement n'était une nécessité que pour moi. Mais, maintenant, ça l'est
aussi pour mes proches. Mon père parlait d'acheter un terrain depuis longtemps ; aujourd'hui il va se lancer… » Contrairement aux plus fervents survivalistes, les collapsologues ne sont pas des accumulateurs compulsifs. Leur ambition est bien plus constructive et réfléchie. La plupart d'entre eux partagent un socle commun qui pourrait se résumer en cinq points : ruralité, circuits courts, autonomie, permaculture et communication non violente. Ces dernières années, Franck Bernard a d'ailleurs mis à profit ses jours de congé en écumant les « éco-lieux » des quatre coins de France. Aujourd'hui, l'activiste espère enfin pouvoir passer à l'étape suivante : « Le jeune homme ne s'en cache pas, il devrait bientôt s'inscrire dans une association de tir pour avoir le droit de détenir des armes. » 11 artdeville - Édition chicxulub



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