Art de Ville n°66 fév/mar 2020
Art de Ville n°66 fév/mar 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°66 de fév/mar 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Chicxulub

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 3,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier élections municipales.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 8 - 9  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
8 9
artdeville - Édition chicxulub Urbanisme L’Aréna de Narbonne, une ouverture controversée LOIN DE FAIRE CONSENSUS, LE NOUVEL ÉQUIPEMENT CULTUREL ET SPORTIF DE LA VILLE EST SORTI DE TERRE APRÈS UN PASSAGE EN JUSTICE JUGÉ FONDÉ. Texte Manuela Cordero Photo DR 8
errière les sourires et la satisfaction affichés lors de l’inauguration de l’Aréna, la nouvelle salle multimodale de Narbonne, le 7 décembre dernier, se cachent bien des crispations et des déboires que les élus de la majorité narbonnaise, menée par Didier Mouly, préfèrent sûrement oublier… Car c’était sans compter sur l’opposition J’aime Narbonne, sous l’égide de son leader Nicolas Sainte-Cluque, qui, « voulant éviter ce fardeau à la ville », est montée au créneau pour dénoncer « une folie » et surtout l’illégalité du marché de conception-réalisation confiée par la Ville à Fayat-Bâtiment. Retour sur un accouchement rapide mais difficile. « Booster l’économie locale » ou la plomber ? La première pierre du projet phare du mandat de Didier Mouly, chiffré au départ à 23,50 M € , est posée en octobre 2018. La nouvelle salle dédiée au sport et à la culture, conçue par l’architecte Marc Mimram et construite à l’est de la ville, doit côtoyer le théâtre Scène nationale, l’ancien centre d’art contemporain l’Aspirateur – qui abrite aujourd’hui la police municipale –, le Parc des Sports et le nouveau musée de la Romanité, Narbo Via. La Ville choisit le gestionnaire (délégataire) de la programmation, la société S-Pass. Depuis la médiathèque, en 2003, jamais la Ville n’a lancé, à ses frais, un projet de si grande envergure  : une salle modulable pouvant accueillir de 1 500 à 4 900 spectateurs, avec commodités autant pour les artistes et sportifs que pour le public, qui, comme l’espère le maire, devrait « booster l’économie locale ». Or, un premier référé est déposé en octobre 2017 par l’opposition pour obtenir la suspension des travaux (qui n’ont pas encore commencé). « Le tribunal a rejeté notre demande au motif que le « Un gouffre de béton autant que financier, sur des espaces verts perdus » Ass. Touche pas à mon parc calendrier prévisionnel permettait de programmer l’examen du recours dès le mois de mai 2018, soit avant le commencement des travaux », indique Nicolas de Sainte-Cluque. S’ensuit un recours devant le conseil d’État, rejeté aussi. « Or, contre toute attente, le tribunal administratif dit qu’il va examiner le dossier lors du premier semestre 2019. » Jugé illégal Le chantier, lui, continue d’avancer à pas de géant. « Notre avocate a alors écrit à la présidente, pour lui rappeler son engagement, de l’examiner en mai 2018. Pour toute réponse, le greffe nous a indiqué que l’affaire serait jugée entre octobre et décembre 2019. » Alors l’opposition forme un recours devant le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier, dénonçant le type de marché dérogatoire (conception-réalisation), considéré comme illégal (lire en note). Parallèlement, se lèvent les voix de Narbonnais, dont celles de l’association Touche pas à mon parc, qui voient dans ce chantier un « gouffre de béton autant que financier sur des espaces verts perdus ». En attendant la décision du tribunal, l’Aréna continue à prendre forme. Le 29 mars, alors que les travaux sont effectués à plus de 50%, le TA de Montpellier rend sa décision  : jugé illégal, le marché doit être résilié (et non annulé) avec effet différé au 31 août. Le tribunal a suivi l’avis du rapporteur public qui avait indiqué que la Ville de Narbonne ne pouvait pas avoir recours à ce type de marché. La décision permet de poursuivre et d’achever le chantier, le juge administratif retenant l’intérêt général du projet et entendant les arguments de la Ville et du constructeur qui ont mis en exergue le coût financier qu’entraînerait l’arrêt immédiat du chantier pour la collectivité. Le tribunal a donc jugé que le manquement n’est pas d’une gravité telle qu’il doive conduire à une annulation du contrat. Suite à la décision du tribunal administratif, la Ville relance, durant l’été, les marchés publics pour les finitions intérieures qui interviennent à partir de septembre. Ce qui implique un surcoût, les entreprises ayant affiché des nouveaux prix, plus élevés qu’auparavant. De 23,50 M € prévus au départ, le montant total est passé à 28 M € , la majorité reprochant ce surcoût à l’opposition. La campagne électorale est passée par là. Bref, l’Aréna, c’est l’histoire d’un passage en force. La suite dira s’il s’agissait ou non d’une « folie ». Mais ça commence plutôt mal en matière de sport, du moins pour l’équipe volley des Centurions, actuellement dernière du championnat de Ligue A. Jusqu’à présent elle jouait au Palais du travail devant 450 places ; pas sûr que les matchs à l’Aréna puissent remplir la jauge. n Au programme de l’Aréna Pat Patrouille, 01/03 - Chantal Goya, 14/03 - Harlem Globetrotters Magic Pass, 21/03 - Irish Celtic, 29/03 - Le Lac des Cygnes, 02/04 Âge Tendre - La Tournée des Idoles ! 25/04 Note  : Le marché de conception réalisation permet de passer un seul marché public au lieu de deux. La loi MOP, relative à la maîtrise d’ouvrage publique, prévoit que le maître d’ouvrage lance deux consultations différentes et successives, l’une pour la maîtrise d’œuvre, l’autre pour les entreprises. La procédure peut cependant être simplifiée dans des cas spécifiques et encadrée avec un seul marché nommé conception-réalisation. 9 artdeville - Édition chicxulub



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :