Art de Ville n°66 fév/mar 2020
Art de Ville n°66 fév/mar 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°66 de fév/mar 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Chicxulub

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 3,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier élections municipales.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 28 - 29  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
28 29
artdeville - Édition chicxulub 28
Texte Stella Vernon Photo DR Stars d’Oc Unique, le fil du temps du TarnLES FILATURES DU PARC SONT LA SEULE SOCIÉTÉ FRANÇAISE À FABRIQUER DES FILS À PARTIR DE MATIÈRES TEXTILES RECYCLÉES. uel est le lien entre la Zoé de Renault, un pull Zara et une écharpe Patagonia ? Un fil, celui fabriqué dans les ateliers des Filatures du Parc, à Brassac dans le Tarn. Créée en 1975 par Jean Lodetti, cette société, qui compte aujourd’hui 48 salariés, est spécialisée dans la fabrication de fil cardé classique ou fantaisie. Le recyclage dans son ADN Si à l’origine, l’entreprise travaillait à façon, comme prestataire de filature, elle a pris un virage en 2007 lorsque Fabrice Lodetti, le fils du fondateur, développe un brevet de transformation pour défibrer des textiles « préconsumer » (déchets de coupe, de fabrication ou de confection neufs et n’ayant jamais été portés) ou « postconsumer » (vêtements arrivés en fin de vie). Ces fibres recyclées, triées par nuances de couleurs et de composants, représentent désormais 60% de l’activité, l’objectif du dirigeant étant clairement d’atteindre 90%. D’ailleurs en 2018, l’entreprise a investi 1 M € dans des machines de défibrage de vieux textiles pour recréer des fils dédiés aux jeans et mailles 100% recyclés. « Au fil du temps, les Filatures du Parc se sont diversifiées. Outre l’habillement, nous avons investi l’ameublement, la décoration avec rideaux et tapis, et bien sûr les pelotes à tricoter. Avec l’engouement du made in France, nous travaillons avec des start-up françaises, comme Le slip français », confie Eric Gunzle, responsable commercial. Très appréciée par les marques de glisse sportswear tels Billabong, Elements, Oxbow, Volcom, Rip Curl, la société produit également des fils recyclés pour Zara, Celio, Kaporal ou Ralph Lauren… et plus étonnamment, Renault. Du fil à retordre Le fondateur de la filature tarnaise était sans doute loin d’imaginer qu’un demi-siècle plus tard, sa société signerait un pacte d’exclusivité avec le groupe automobile français pour habiller la troisième génération d’une voiture électrique ! Mis au point en tripartite avec l’industriel ariégeois Adient Fabrics France, premier fournisseur au monde de sièges automobiles, le projet a mis quatre ans avant de voir le jour. « Il a fallu faire plusieurs essais pour obtenir un produit de qualité mais nous sommes d’autant plus fiers du résultat que le cahier des charges de l’automobile est extrêmement exigeant », se félicite Fabrice Lodetti, qui a signé avec Renault un pacte d’exclusivité pour un an. Pour habiller de textile les 8 m² de l’habitacle de la petite Zoé, les Filatures du Parc ont renoué avec la tradition du fil cardé, technique vieille de trente ans mais abandonnée dans les années 2000 au profit du fil texturé. Étape essentielle pour démêler et aérer les fibres textiles avant de les filer, le cardage a l’avantage de ne nécessiter aucune intervention chimique et thermique. Quant à la composition du fil innovant, il a été réalisé à partir de ceintures de sécurité collectées sur des véhicules Renault hors d’usage, de chutes de tissus et de fibres polyester issues de recyclage de bouteilles en plastique (PET). Après réception du fil cardé sur bobine, Adients Fabrics France a procédé au tissage du tissu automobile pour recouvrir sièges, tableau de bord, levier de vitesse et garnitures de portes de la Zoé. « Ce projet a valeur d’exemple sur l’usage efficient de la ressource et sur la collaboration entre PME et grands groupes », s’est réjoui Jean Pierre- Hermine, directeur environnement Renault. Déjà les Filatures du Parc réfléchissent à d’autres projets autour de l’économie circulaire. Une gamme 100% Mérinos d’Arles a vu le jour et la société mise beaucoup sur de nouvelles matières comme la fibre PLA (fibre de maïs), entièrement naturelle et biodégradable. Dans le peloton de tête des filatures écoresponsables, la petite entreprise tarnaise ne connaît pas la crise, sauf celle qui secoue la planète et qu’elle contribue ainsi à résorber. n/En quelques chiffres CA annuel  : 4,5 M € Collection  : 40 qualités de fil Pourcentage fils recyclés  : 60% Production annuelle de fils  : 700 T Portefeuille clients  : 400 entreprises Export  : 50 à 60% du CA, présence dans une quarantaine de produits. Superficie des ateliers  : 8 000 m² 29/artdeville - Édition chicxulub



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :