Art de Ville n°65 déc 19/jan 2020
Art de Ville n°65 déc 19/jan 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°65 de déc 19/jan 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Chicxulub

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 5,0 Mo

  • Dans ce numéro : dossier sur l'architecture d'avant-garde.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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artdeville - Édition chicxulub Architecture UN MODE DE BÂTIR AVEC DES MATÉRIAUX NATURELS, DISPONIBLES LOCALEMENT, EN OPTANT POUR LE « LOW-TECH », TELS SONT LES PRINCIPES DE L’ARCHITECTURE FRUGALE. UNE RÉPONSE AU DÉFI ÉCOLO- GIQUE QUI RENCONTRE UN IMPORTANT SUCCÈS DANS LA RÉGION OCCITANIE. Texte François Delotte - Fabrice Massé Photos voir crédits E aisons médiévales classées, églises remarquables… Intégrer tout nouveau projet architectural dans le contexte patrimonial exceptionnel du village de Saint-Antonin- Noble Val n'est pas chose aisée. L'agence d'architectes Mille-Lieux a relevé ce défi en livrant un nouveau complexe scolaire à la commune du Tarn-et-Garonne en septembre 2018. Le bâtiment, construit de plain-pied aux abords du centre ancien, ne fait pas d'ombres aux monuments historiques de la cité. Il est conçu avec des matériaux locaux et naturels  : structure et bardage bois, mur en béton de terre, pierre… Son vocabulaire épuré et moderne ne renie pas l'architecture traditionnelle, comme en témoignent ses toits pentus en tuiles rondes sur lesquelles ont été installés des panneaux photovoltaïques. L'école Paul Bayou de Saint-Antonin fait partie des 23 projets sélectionnés dans le cadre de l'édition 2019 OFF du Développement Durable, appel à projets national qui distingue des constructions d'architecture écologique novatrice et « frugale ». S'affranchir de la « monoculture du béton » Ce concept de « frugalité » a été explicité en 2018 dans un manifeste publié en ligne par l'architecte Philippe Madec, la chercheuse Domnique Gauzin-Müller et Alain Bornarel, fondateur du bureau d'études Tribu. Les auteurs du Manifeste pour une frugalité heureuse et créative indiquent que les secteurs de la construction et de 12 l'aménagement représentent « au moins 40% des gaz à effet de serre » au niveau global. « Les professionnels du bâtiment et de l’aménagement du territoire ne peuvent se soustraire à leur responsabilité », écrivent-ils. Selon les termes de Philippe Madec, il y a urgence à s'affranchir de la « monoculture du béton », très énergivore pour se tourner le plus possible vers « ce que l'on trouve localement »  : paille, bois, terre, fibres naturelles, pierre… Une architecture en circuit court qui préfère les solutions « low-tech » aux bâtiments ultra-connectés. En témoignent par exemple les cheminées qui coiffent l'Aria – centre culturel réalisé en bois et terre crue par Philippe Madec en 2017, à Cornebarrieu, près de Toulouse (photo p.14 et 15). Le dispositif est composé de trappes qui s'ouvrent et se referment en fonction de la température. Il permet de renouveler l'air et de rafraîchir naturellement l’édifice tout en assurant la fonction de puits de lumière. Une solution sans mécanisme sophistiqué. « Les moteurs, c'est de l'énergie grise, de l'entre-
tien, de la casse, de l'obsolescence programmée », explique Philippe Madec. Or, les adeptes de l'architecture frugale montrent que d'excellentes performances peuvent être atteintes en matière thermique en misant sur la sobriété. Le retour au local En Occitanie, plusieurs projets architecturaux de ce type ont émergé ces dernières années. « Il y a une dynamique et une réflexion autour des sujets que porte la frugalité dans la région, comme le retour au local et une meilleure prise en compte du futur budget de fonctionnement des bâtiments dans les projets architecturaux », témoigne Catherine Bonduau-Flament, directrice d’Envirobat Occitanie. Cette association régionale qui regroupe des professionnels du bâtiment engagés dans des démarches durables est aussi un des coorganisateurs du OFF du Développement Durable. « J’ai été surprise de voir le nombre de candidats à l’appel à projets venant d’Occitanie. Sur cent vingt et un, seize sont originaires du territoire », poursuit Catherine Bonduau-Flament. L’architecture frugale apporte notamment des réponses pertinentes en termes de confort d’été, ce qui est bienvenu dans une région qui va devoir affronter des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes. Le concept de frugalité s’appuie sur une approche bioclimatique de la construction. C’est-à-dire le fait de s’adapter au mieux aux spécificités du climat et de l’environnement dans lequel est implanté un projet architectural. À ce titre, le pôle petite enfance de Roquemaure, dans le Gard, est intéressant. Inauguré en 2017, ce bâtiment est à énergie positive, c’est-à-dire qu’il produit plus d’énergie qu’il n’en consomme grâce à une excellente isolation et à des panneaux solaires. Surtout une pompe à chaleur à « eau sur latte » récupère les calories de l’eau présente en sous-sol en hiver pour réchauffer le bâtiment. En été l’inverse se produit  : la température de l’eau contribue à rafraîchir le bâtiment. Les murs en pierres massives lo- Le Pôle Viavino par l’architecte Philippe Madec. Fabrice Massé 13 artdeville - Édition chicxulub



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