Art de Ville n°38 fév/mar 2013
Art de Ville n°38 fév/mar 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°38 de fév/mar 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Chicxulub

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 4,8 Mo

  • Dans ce numéro : démocratie locale, environnement urbain, culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Revol René Vision claire, style piquant, l’Agglo a un « opposant « En tant que vice-président de Montpellier-Agglo, le maire de Grabels n’a pas le statut d’opposant. Dans les faits, il est l’un des rares élus de cette instance peu démocratique à exprimer sa différence. Après Michael Delafosse précédemment, il a accepté de subir l’interrogatoire de chicxulub. Propos recueillis par Fabrice Massé 8
* l’interrogatoire Vous faites partie du Front de gauche dont le représentant principal s’appelle M. Mélenchon et en 2005, au moment du débat sur le traité constitutionnel européen, il a déclaré ceci : « Les nouveaux entrants, qu’ils aillent se faire foutre ! Les Lituaniens… T’en connais toi ? Moi je n’en connais pas ! » Or au dernier conseil d’Agglo, vous avez cité la ville de Vilnius. Vous vous êtes découvert des amis lituaniens ? (Rire) Oui, je suis très internationaliste depuis ma jeunesse. J’ai des amis baltes et tous m’ont expliqué qu’à Vilnius, qui a à peu près la même population qu’à Montpellier, ils avaient un système de transport très moderne et qui est entièrement gratuit, payé en partie par les entreprises. Ce que Vilnius est capable de faire, avec un P.I.B., qui est environ le quart de celui de Montpellier, pourquoi Montpellier ne le ferait pas ? Certains commencent à remettre en question le développement du tramway, prétextant qu’à Nantes, par exemple, on s’est arrêté à quatre lignes. Ici on veut aller à six. Ce n’est pas trop ? Il faudra une vraie réflexion : quatre, six lignes… Il y a des lignes circulables, des demi-lignes qu’on appelle des lignes entières, donc globalement, je considère qu’il n’est peutêtre pas une nécessité de faire une sixième ligne pour aller jusqu’à un grand centre international comme Cournonsec… Vous êtes très taquin avec M. Moure, le maire de Cournonsec et président de l’Agglomération. Je dis ça pour rire parce qu’il y en a assez de la langue de bois. Du temps de M. Frêche, la ligne devait même aller encore plus loin. Cournonsec, c’est déjà un peu délicat, mais bon, pourquoi pas ? Il faut franchir trois communes pour se trouver à Montpellier alors que pour Grabels, qui a une frontière avec Montpellier, avec les fameuses entreprises high-tech d’Euromédecine, si on veut rejoindre le tram il faut attendre une heure. Il y a donc des aberrations. Aujourd’hui, il faudrait ralentir l’investissement en terme de tramway, reporter à plus tard la ligne de Cournonsec, et que, dans l’immédiat, on augmente la fréquence des bus en sites propres – qui sont tout aussi écologiques que le tramway et qui permettraient de connecter les villes qui sont les plus proches des stations de tramway. Comme celles à haut niveau de service mises en place par le conseil général entre Clermont l’Hérault et Montpellier ? Exactement. La réforme territoriale est en cours de débat. Quelles sont vos propositions ? Vous avez déclaré notamment vouloir que les conseillers de quartiers soient élus au suffrage universel direct, pouvez-vous préciser ? Alors il y a deux questions. La première c’est l’acte 3 de la décentralisation. Le projet de loi qui est actuellement en circulation […] va être adopté pour rentrer en vigueur avant la fin de l’année, avant les prochaines élections locales. […] Ce projet de loi est une catastrophe et donc c’est une des convictions que je pose pour toute la campagne électorale des municipales. Etes-vous pour ou contre ce projet de loi ? Moi je suis contre. Ce projet prévoit notamment, je n’en prends juste qu’un aspect […], que les nouveaux pouvoirs vont être les métropoles, les Régions et l’Europe. L’axe bureaucratique qui se met en place à l’échelle européenne, c’est celui-là. C’est l’Europe, dont on a éliminé le peuple, qui n’a plus le moyen de décider des discussions. On a les Régions dont la légitimité démocratique est moindre, même si elles sont élues au suffrage universel direct, qui vont devenir les vrais pilotes, qui auront un vrai pouvoir sur les autres collectivités et dernièrement les Agglomérations, les métropoles, qui vont, qui sont élus comme vous le savez au suffrage universel indirect, sur lequel le citoyen n’a pas de prise. On fait disparaître ce que j’appelle le triptyque démocratique de la Révolution française, c’est-à-dire la nation, le parlement où on fait que la loi est la même sur tout le territoire, le Département qui a une fonction essentiellement sociale et enfin les communes qui sont le lien de proximité. Quand on n’est pas content d’un maire, on sait qu’on peut en changer. Je suis radicalement contre la transformation de Montpellier en métropole, parce que ça fait disparaître le lien de proximité, ça fait disparaître la capacité de contrôle du citoyen. Que proposez-vous concrètement ? Je vais vous répondre, je donne un dernier exemple pour montrer contre quoi on s’oppose, avant de dire ce qu’on vous propose. L’urbanisme, c’est-à-dire la définition du droit à construire pour l’action sur le sol, donc le paysage urbain, donc le vivre ensemble de demain, il est défini par des décisions d’urbanisme. Ces décisions d’urbanisme relèvent des communes aujourd’hui. Avec la métropole, elle relèvera de la métropole, donc il nous restera plus que le nom des villes et des mariages. C’est une perte de souveraineté pour le peuple. On dit « ce sont les roitelets du village qui ne sont pas contents » etc., mais ce sont les grands féodaux qui nous disent ça ! Moi je dis non. L’intérêt de la commune, c’est le fait que le peuple a prise sur la commune, aujourd’hui, vous avez un problème de transport, qui fautil aller voir ? L’Agglo, c’est où ? Comment on fonctionne ? Il faut changer la donne : il faut redonner le pouvoir au peuple à tout une série d’échelons. C’est pour ça que sur les conseils de quartiers, les comités de quartiers, c’est beaucoup plus dur à organiser dans un village que dans une grande ville où la notion de quartier est plus importante. Pourquoi ne le faites-vous pas à Grabels ? Mais on l’a fait. Il y a cinq comités de quartiers. Il y a encore des zones qui ne sont pas constituées en comités de quartiers, notamment les zones résidentielles où il y a plus d’individualisme. Mais ce n’est pas moi qui nomme le président de quartier. Les gens se réunis- 9



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