Art de Ville n°38 fév/mar 2013
Art de Ville n°38 fév/mar 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°38 de fév/mar 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Chicxulub

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 4,8 Mo

  • Dans ce numéro : démocratie locale, environnement urbain, culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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* Prospective Projet urbain de Mon le Grand soir est- une ville où l’on a l’habitude d’un projet défini par le haut… », osa d’emblée le politicologue montpelliérain Emmanuel Négrier, et où « il est rare d’avoir une réflexion sur le long terme », confessa « Dans ensuite Hélène Mandroux, maire de Montpellier, la conférence inaugurale du 11 décembre dernier sur le projet urbain de la Ville à l’horizon 2040 fut « un moment, sinon fondateur, en tout cas novateur », conclut deux heures plus tard Michael Delafosse, adjoint à l’Urbanisme. Entre-temps, au pied et autour de la tribune, deux cents personnes s’étaient pressées, chacune avide de découvrir les perspectives de l’équipe lauréate du concours lancé par la Ville un an plus tôt, le studio d’urbanisme Bernardo Secchi&Viganò, par les voix de Bernardo Secchi lui-même, architecte, et d’Hervé Nadal, économiste, président du cabinet Mensia. Membres d’association de quartier, étudiants et professeurs en architecture, militants écologistes, personnel municipal… si le public présent ne différait guère du public habituel pour ce type de réunion, une certaine sérénité régnait dans la salle. Christophe Moralès, vice-président de la En retenant l’équipe d’urbanistes Secchi&Viganò/Mensia, la ville se projette dans un avenir résolument démocratique et écologique, tirant donc le bilan d’un présent qui ne l’est pas toujours ou pas assez. Mais cet engagement est-il solide ? Compte rendu et analyse de Fabrice Massé Ci-dessous : la première promenade urbaine organisée par la Ville le 2 février dernier, route de Mende, conduite par M. Delafosse (qui tient un micro), Paola Viganò et Frédéric Tsisonis. Photo Ville de Montpellier A droite : Nicolas Hulot, inspirateur du Grenelle de l’Environnement, aura largement contribué aux projets urbains des villes françaises. Ici, à Montpellier avec Pierre Rabhi, agriculteur et philosophe, lors de la sortie de son film Le syndrome du Titanic Photo Fabrice Massé 12
tpellier il advenu ? communauté d’Agglomération de Montpellier, délégué à l'Urbanisme, également présent, rappela à son tour le contexte réglementaire imposé par le Grenelle de l’environnement et, en toute logique, chacun s’attendait à ce que lui soit présentée une vision écologique de la ville pour 2040. Et ce fut le cas. Montpellier pas à son rang Mais les exposés allèrent au-delà. C’est même un virage à 180 degrés que décrivirent l’architecte et l’économiste. Pour bâtir leur projet, l’un et l’autre dressèrent d’abord un diagnostic – « un exercice difficile pour qui est juge et partie », commentera plus tard Luc Doumenc, urbaniste lui-même et présent ce soir-là – M. Secchi resta d’abord dans la mesure : « Montpellier n’est pas très lisible. » C’est une ville « hédoniste » qui « tend vers l’individualisme ». Il expliqua qu’elle est faite de « ruptures », que les clôtures et les impasses sont autant de « fractures sociales » qui font obstacle à « la ville poreuse » qu’il défend. Un diagnostic en partie posé par le plan Campus, à l’arrêt faute d’argent (325 millions pour rénover l’aire des universités). Puis, basculant peu à peu dans le vif de son projet, il appela de ses vœux « une ville qui se pose le problème du changement climatique de manière sérieuse », et déclara vouloir construire un avenir « vraiment démocratique. » Dans son acception, il s’agissait d’abord de rendre l’espace public à tous et « ouvert à tout le monde », y compris celui occupé par les voitures. « Je ne dis pas une ville sans voitures, mais ça arrivera. » Structurée autour des « continuités biologiques » que sont ses cours d’eau, la ville qu’il imagine veut ramener plus de convivialité entre les gens. Après l’intervention d’Hervé Nadal, la politique urbaine en cours ces dernières années fut plus nettement remise en cause. Selon l’économiste, Montpellier a vécu longtemps dans la « catégorie du dessus », grâce à une image bien « markettée », mais qui « ne correspondait pas à la réalité ». Si elle a néanmoins réussi « par certains aspects », elle n’est « pas à son rang » (22 e) par rapport à sa production de ressources par habitant. M. Nadal avertit : « Ne cherchons pas à singer les grandes métropoles » mais inscrivonsnous plutôt dans « l’avant-garde environnementale ». Une bonne façon selon lui de « retenir les talents créatifs ». Mais les limites de l’exercice, il les pose : celle de la « gouvernance » du projet par rapport au « territoire » sur lequel il s’applique. On songe aux communes littorales de Mauguio, la Grande Motte, Palavas, dont l’absence, dans cette gouvernance territoriale pertinente, assombrit d’emblée l’horizon 2040. On songe également à la « grande Agglo » imaginée sous Georges Frêche, de Sète à Nîmes en passant par Lunel, et capable de rivaliser, selon l’ancien président d’Agglo avec Toulouse, Marseille ou Barcelone, qui se voit donc retoquée. Elu de l’Agglomération en charge de l’Urbanisme et architecte lui-même, Christophe Morales critiqua de manière étonnante le bilan de son ancien président : « 35 ans de transformations désordonnées. » M. Moralès rappela cependant l’ampleur du travail accumulé pendant cette époque : Schéma de cohérence territorial (SCOT), Plan de déplacement urbain (PDU), Plan local de l’habitat (PLH)… Mais, malgré l’importance indéniable de ces réalisations, l’initiative reste à placer au crédit de l’Etat. Tout comme les « exigences de la loi Grenelle 2 » aujourd’hui, annonce M. Morales, qui rendent nécessaire la révision du Scot. La concertation en question Ce diagnostic tient lieu de bilan pour la majorité politique actuelle, et les orientations nouvelles formulées éclairent la gestion urbaine en cours d’une lumière crue. Le projet 2040 pourra-t-il s’engager, comme ses promoteurs le proposent, sur les bases plus démocratiques et plus écolo- 13



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