Art de Ville n°36 oct/nov 2012
Art de Ville n°36 oct/nov 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36 de oct/nov 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Chicxulub

  • Format : (205 x 271) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : Zaha Hadid, la "starchitecte" livre Pierre Vives, la Cité des savoirs et du sport pour tous.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Entre 35 € le Greepocket « Carnivore » ou « Séquoia », 39 € la bouteille cep de vigne « Black Kando », jusqu’à 400 € pour le cube Greenbox. Photo DR Greenfeel et ses jardins d’Eden Jean-Christophe Breitler réussit l’osmose entre culture design et nature végétale, après un passage mouvementé par la recherche scientifique. Par Fabrice Massé Jean-Christophe Breitler entre les travées de son laboratoire Photo Fabrice Massé Jean-Christophe Breitler l’affirme : « Je n’ai pas complètement vendu mon âme au diable. » La preuve ? Greenfeel, « un vrai paradis pour les plantes », selon son créateur dont les initiales, JC, lui valent parfois d’être appelé Christ par ses collaborateurs. En guise de génèse, la génétique et tout particulièrement les organismes génétiquement modifiés (OGM). Certains ironiseront en évoquant une rédemption. Ancien chercheur au Cirad, JC Breilter fut en effet l’une des victimes de José Bové lorsque ce dernier saccagea les serres du Cirad, voilà quelques années. Une partie de ses recherches s’y trouvaient. « Ce fut un choc. Mais je pense qu’il n’était pas fier de ce qu’il avait fait. Quand j’ai témoigné contre lui, il n’a pas ajouté un 18
* entreprise mot, alors que le président du tribunal l’y invitait. » Ce coup de colère valut au célèbre moustachu, outre sa notoriété et son mandat d’eurodéputé, un séjour en prison. Tandis que Bové appelle désormais à tuer les loups, JC Breilter préfère aujourd’hui cultiver des plantes garanties à 100% naturelles. Sans OGM donc, mais paradis artificiels néanmoins. Elevés in vitro, dans des cubes design, des flacons ou des bouteilles plus classiquement, des baobabs, séquoias, cactus ou, plus locaux, des ceps de vignes, couvent douillettement à l’abri de toute intempérie. Nourries par un gélifiant dérivé d’algues, sels minéraux purifiés, vitamines et sucre, pour compenser le manque de photosynthèse, les plantes croissent dans des ambiances thématiques plutôt harmonieuses : évocations de la Camargue, rocailles, déserts ; on y trouve parfois des figurines en plastique d’un goût moins certain. Un aspect marketing assumé : « J’ai fait une formation à Cap Oméga et on m’a dit qu’il fallait gagner de l’argent. Quand j’aurai les moyens d’arrêter ces gadgets, je le ferai et je ferai des plantes belles et éducatives. » Ce que l’incubateur d’entreprise de Montpellier Agglomération aurait pu enseigner aussi à Jean-Christophe Breitler, c’est à ne pas pécher par excès de modestie. Car si Greenfeel propose déjà d’élever des baobabs, ce n’est pas pour rien : « Le nom fait vendre, c’est magique ! », constate-t-il. Qui nierait en effet que le plus grand des arbres du monde est aussi l’un des plus spectaculaires ? « Ils contiennent plus de carotène que les carottes », ne peut s’empêcher d’expliquer le chercheur, attestant de son authentique ferveur pédagogique. « Les Les plantes se développent au point d’envahir tout leur espace enfants adorent ; le système racinaire des végétaux les fascine. » Lui-même céda au charme, c’est évident. Mais la vie ne se retrouve-t-elle pas enfermée, ainsi réduite à un objet de décoration ? « Non, au contraire, sourit le biologiste, c’est un vrai paradis pour les plantes. Un temps de sa vie à privilégier. » Certes, si cette vision anthropocentrique renvoie à une question éthique, n’est-elle pas déjà tranchée chez les humains, avec les « bébés éprouvettes » et la naissance médicalement assistée ? L’idée de Greenfeel n’est d’ailleurs surtout pas « de vendre des plantes jetables », mais d’en simplifier considérablement l’entretien. Idéal pour les gens qui voyagent beaucoup ou qui simplement n’ont pas la main verte. Les cubes, comme leurs noms l’indiquent, agissent en incubateurs. Les plantes s’y développent au point d’envahir tôt ou tard tout l’espace, preuve s’il en fallait, de leur élan vital. A ce stade, « nous proposons un guide à l’acheteur, pour l’aider si l’esthétique n’est plus satisfaisante, ou pour replanter. Si l’espèce n’est pas adaptée à nos climats, on peut ramener son cube. » Un forum sur internet démarre, tissant ses liens sociaux autour du sujet. Pour organiser des campagnes de replantations, Greenfeel sur toute la planète, pourquoi pas ? Jean-Christophe Breitler et ses collaborateurs sont certes moins à l’aise en marketing qu’en biologie. Ils tenaient par exemple à ce que leur production reste 100% française : « Foutu principe ! », peste aujourd’hui le chercheur. « Si on coule, ce sera à cause de ça. » Greenfeel a en effet investi dans 200 unités de cubes auprès d’un fabricant du Jura, mais ceux-ci se sont avérés défectueux. Un coup dur pour la jeune start-up – 40 000 euros de pertes – qui s’en remet difficilement. « Aujourd’hui, nous les fabriquons en Chine. Ils sont moins chers et plus fiables. » Heureusement, regarder quelques minutes les ambiances végétales de Greenfeel, « ça déstresse », sourit Jean- Christophe. Après s’être associé à Zoïd et Lilu Miné, deux créateurs Montpelliérains pour réaliser une série limitée, Greenfeel ne serait pas hostile à l’idée de confier ses « ready made naturellement design » à l’inspiration d’un célèbre fleuriste, montpelliérain ou non, mais aucun contact à ce jour n’a été pris. n www.greenfeel.eu 19



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