Architecture Canada n°9 2nd semestre 2010
Architecture Canada n°9 2nd semestre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de 2nd semestre 2010

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Naylor Canada

  • Format : (213 x 276) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 3,5 Mo

  • Dans ce numéro : l'excellence dans la conception des centres de justice.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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www.raic.org/2010 Hall of Justice continued from page 38 of Parliament Hill was renovated andupgraded to house the court (along with the government picture gallery) in 1881. Over sixty years of complaints, embarrassment and irritation were endured by employees of the court because of inadequate space, poor heating and ventilation systems, leaking roofs and drafty, unpleasant conditions. Interest in new facilities for « Departmental and Justice Buildings » began in earnest by De Architectura In about 25 BC, Vitruvius described the essential qualities of architecture in De Architectura, now referred to as The Ten Books of Architecture (despite the fact that they were written on scrolls). The common understanding of the « architectural » word venustas (beauty or delight) has changed very little in 2000 years, although we still struggle to articulate its meaning. The word utilitas (usefulness or commodity) now appears to include defence and security issues somewhat different than the security measures implemented during the reign of Emperor Caesar (Augustus). One can argue that global warming, energy conservation and sustainability have impacted and modifi ed the Vitruvian defi nition of fi r m i t a s (durability or firmness). Some believethat the physical importance and symbolism of state architecture have been replaced by our appetite for cost cutting and effi ciency. Many people remain firmly 1906, and many planning and design exercises were prepared to accommodate the new justice and court facilities. Thirty years later, the federal Department of Pensions and Health condemned the renovated workshop building for health and safety violations, and the pace of providing new facilities pickedup considerably. In the middle of the « Great Depression » Mackenzie King initiated the design process for the Supreme and Exchequer Courts, the grounded in the Vitruvius camp and defend his ancient defi nition. For a more modern perspective, I asked Benjamin Gianni of the National Judicial Institute and former director of Carleton School of Architecture about the venustas of judicial buildings : « Having long struggled to understand the relationship between justice and spectacle I’ve come to understand that we can’t trust what we cannot see ; nor can we question that to which we are not privy. More than any other institution, the courthouse must be public not only prominent in formbut open and welcoming. Faith in the system rests on the proposition that there is nothing to hide. Courthouses are symbolic places of refuge. Where they are placed matters ; how they are designed speaks volume about what we believe. » Dominic Jaar, Chief Executive Offi cer of the Canadian Centre for Court Technology has another perspective : 40 ■ THE ROYAL ARCHITECTURAL INSTITUTE OF CANADA/L’INSTITUT ROYAL D’ARCHITECTURE DU CANADA PHOTO : GRAHAM MURFITT, MRAIC Railway Commission and the Civil Service Commission. Ernest Cormier completed the design for the Supreme Court Building and construction started in 1939. Cormier designed the building in his emerging Art Decostyle of the times, but apparently was encouraged by Mackenzie King himself to add the great copper roof and dormers that we see today. In 1940 Canada became involved in the Second World War, and all public works projects were suspended. Luckily, offi cials realized the building could temporarily accommodate various military agencies and construction resumed. While construction of the roof structur e progressed, the basement was inhabited as storage for the RCAF and the National War Services Administration and National Revenue occupied the first two fl oors. Finally in 1946, a mere 65 years after being shunted into refurbished parliamentary workshops, the Supreme Court of Canada moved into its own outstanding new building on the western edge of Parliament Hill. Today, the Supreme Court of Canada building cannot accommodate all of its functions, and federal court facilities are housed in numerous different building scattered about the National Capital Region. In 1997, the Government of Canada recognized the continued on page 42 « Looking at the value of justice architecture exclusively from a building perspective is archaic. Technology has provided us with near-ubiquity, instantaneity and collaboration. These qualities are now expected from most organisations and individuals, including the judicial system and its actors. Over the next 50 years, we will witness a move toward virtual courthouses, accessible by anyone from everywhere 24/7 to fi le proceedings and evidence electronically, to testify and plead via webcam and telepresence systems, and to watch public hearings. This will enable important social debates to take place live on the web, as opposed to behind closed doors, while reducing the costs of a system that is seen as expensive and ineffi cient. In turn, the architecture of courthouses will focus on system architecture to ensure user-friendliness, cost-effectiveness, accessibility and proportionality. »
suite de la page 39 De Architectura Aux environs de l’an 25 avant J.-C., Vitruve a décrit les qualités essentielles de l’architecture dans le traité De Architectura, que l’on appelle maintenant Les dix livres de l’architecture. La défi nition du mot « architecture » a très peu changé en 2000 ans, bien que nous tentions encore de la raffi ner. Vitruve usait de trois qualitatifs pour décrire l’architecture : la venustas (beauté), la utilitas (utilité ou commodité) qui semble maintenant inclure des questions de défense et de sécurité quelque peu différentes des mesures de sécurité mises en œuvre sous le règne de l’empereur Auguste César. On peut aujourd’hui prétendre que le réchauffement de la planète, la conservation de l’énergie et la durabilité ont eu une incidence et ont modifi é la défi nition que donnait Vitruve à la firmitas (durabilité ou fermeté) qui a certainement été infl uencée ou modifiée dans le contexte du réchauffement de la planète, de la conservation de l’énergie et de la durabilité. Certains croient que l’esthétisme et le symbolisme de l’architecture des bâtiments gouvernementaux ont été remplacés par fabrication et au transport de nos bâtiments suivra sans doute la même tendance qui a donné naissance au mouvement de « consommation d’aliments locaux » qui prend de plus en plus d’ampleur. L’ajout d’éléments liés à la sécurité et à la durabilité dans la conception de bâtiments a élevé la barre de la réussite en architecture. Vitruve aurait très certainement apprécié la qualité architecturale de la Cour suprême du Canada conçue par Ernest Cormier, bien qu’il n’aurait peut-être pas été d’accord avec la toiture de « style château ». L’architecture est toujours liée à un moment particulier dans le temps. C’est pourquoi il est intéressant de connaître l’histoire du bâtiment qui abrite la Cour suprême du Canada. La Cour suprême et la Cour de l’Échiquier (devenue aujourd’hui les Cours fédérales) ont été créées en 1975. Pendant six ans, elles ont occupé une salle de lecture du Parlement aux dimensions inadéquates et trois bureaux attenants dans la Chambre des Communes. À l’époque, l’existence même de cette institution canadienne faisait l’objet d’un débat au Parlement, qui l’a d’ailleurs remise en question et a failli l’abolir. notre soif de réduire les coûts et d’être effi - caces. Bien des gens demeurent toutefois fermement convaincus que Vitruve avait raison et se font les défenseurs de sa défi nition ancienne de l’architecture. Pour avoir un point de vue plus actuel, j’ai demandé à Benjamin Gianni, de l’Institut national de la magistrature et ancien directeur de l’école d’architecture de l’Université Carleton ce qu’il pensait de l’aspect venustas des bâtiments judiciaires : « Ayant longtemps tenté de comprendre la relation entre la justice et le spectacle, j’en suis venu à réaliser que nous ne pouvons avoir confi ance en ce que nous voyons pas ; et que nous ne pouvons questionner ce dont nous ne sommes pas privés. Plus que toute autre institution, le palais de justice doit être public – non seulement imposant dans sa forme, mais ouvert et accueillant. La confi ance dans le système repose sur l’affirmation qu’il n’y a rien à cacher. Les palais de justice sont des lieux de refuge symboliques. Leur site a son importance, tout comme leur concept qui exprime ce en quoi nous croyons. » La Cour suprême a survécu à cette opposition et un petit atelier de l’extrémité ouest de la Colline a été rénové pour abriter la cour (ainsi que la galerie des portraits du Canada) en 1881. Les employés se sont plaints sans cesse des espaces inadéquats, des mauvais systèmes de chauffage et de ventilation, des toits qui coulaient et de l’air qui s’infi ltrait. Ils ont dû endurer ces mauvaises conditions pendant soixante ans. En 1906, on a commencé à penser à de nouvelles installations pour loger les ministères fédéraux et les services de justice. Bien des exercices de planifi cation et de conception ont été réalisés, mais rien ne s’est concrétisé. Trente ans plus tard, le ministère fédéral des Pensions et de la Santé nationale (ancien nom de Santé Canada) a condamné le bâtiment qui abri tait la Cour suprême pour violations aux règles de santé et de sécurité, ce qui a considérablement accéléré le processus de construction d’un nouveau bâtiment. Au beau milieu de la « Grande Dépression », le premier ministre Mackenzie King a entamé le processus de conception de la Cour suprême et de la Cour de l’Échiquier, suite à la page 42 PHOTO : GRAHAM MURFITT, MRAIC Palais de justice Dominic Jaar, chef de la direction du Centre canadien de technologie judiciaire pense quant à lui différemment : « Il est assez dépassé d’évaluer la valeur d’un bâtiment de justice uniquement sous l’angle de l’architecture. La technologie nous a donné la quasi-ubiquité, l’instantanéité et la collaboration. On s’attend à retrouver ces qualités chez la plupart des individus et des organismes, y compris le système judiciaire et ses intervenants. Au cours des 50 prochaines années, nous verrons apparaître les palais de justice virtuels accessibles à quiconque, de n’importe tout et en tout temps, où il sera possible de remplir des procédures par voie électronique, de témoigner et de plaider par caméras web et téléprésence, et de surveiller les audiences publiques. Cette évolution favorisera la tenue d’importants débats en direct sur le Web, plutôt que derrière des portes closes, tout en réduisant les coûts d’un système perçu comme étant dispendieux et ineffi cace. L’architecture des palais de justice insistera quant à elle sur l’architecture des systèmes pour assurer la convivialité, la rentabilité, l’accessibilité et la proportionnalité. » THE ROYAL ARCHITECTURAL INSTITUTE OF CANADA/L’INSTITUT ROYAL D’ARCHITECTURE DU CANADA ■ 41 www.raic.org/2010



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