Architecture Canada n°9 2nd semestre 2010
Architecture Canada n°9 2nd semestre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de 2nd semestre 2010

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Naylor Canada

  • Format : (213 x 276) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 3,5 Mo

  • Dans ce numéro : l'excellence dans la conception des centres de justice.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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www.raic.org/2010 Editorial Who Are You ? Judge|Architect|Judge By Richard Devlin and Douglas Matthews Professionals are often creatures of habit, and over time those habits come to formus. Educational experiences and group norms frequently channel conventional patterns of being and doing. Such processes have virtues – they can promote coherence, continuity, cohesion and effi ciency. However, they can also result in conformity and stultifi cation. Judges are one profession with a very defi ned concept of who they are and what they do. They are governed by principles such as independence, integrity, equality and impartiality. These are fi ne values but they risk becoming taken for granted assumptions slipping out of the judicial consciousness. It might be helpful for judges to consider some challenges faced by another profession—architects. Marcus Vitruvius argued architects must be guided by three principles : commodity, firmness and delight. Function (or commodity) comes first because a primary purpose of most architecture is to accommodate a building’s function or purpose. Judges are also concerned with function. Most law—family, contract or criminal—is very much about ensuring protection. Because of innumerable legal rules it is helpful for judges to keep the bigger question of function foremost in their minds as they exercise powers of judgment. Louis Sullivan’s assertion « formfollows function » connects to the second of Vitruvius’principles : firmness. Once a building’s function is determined, the formand structure best achieving that function must be considered. Judges also need to think about how « formfollows function. » They need to refl ect on how the structures of law – rules, principles and precedents – frame capacity for judgment. Beauty or delight is Vitruvius’third principle. Many architects seek an aesthetic. Beauty, of course, shifts over time and space, but the yearning remains pervasive. Judges too must also go beyond function and structure. Justice also shifts in time and space, but a larger yearning to pursue the good remains pervasive. Architects embrace a « both-and » rather than « either-or » view of responsibilities. Undoubtedly, an architect must have a command of the technical and the practical ; but also aspire to the conceptual and the visionary… « god is in the details. » The judiciary is also a « both-and » profession. Legal decision-making requires a mastery of the pedantic and the intellectual, and sensitivity to the emotional aspects of law. Law is not just a system of rules, it is more importantly a mechanism for regulating relationships. When judges are deciding a family law dispute or a criminal charge they require the larger vision, to locate the decision in the larger social context. Consequently, through their judgments judges too strive to ensure « god is in the details. » 14 ■ THE ROYAL ARCHITECTURAL INSTITUTE OF CANADA/L’INSTITUT ROYAL D’ARCHITECTURE DU CANADA Mailbox, Lawyers’House, Barcelona, representing the contrast between the ideal of access to justice and the reality. Architects struggle with the relationship between the past, the present and the future, and the tension between continuity and change. This generates a triple challenge : a sensitivity to the past so there is a sense of harmony ; a commitment to the present so there is originality ; and an eye to the future for posterity. In our precedent-based legal system the past clearly has a heavy hand on the present. Every judge knows « The law must be stable yet it cannot stand still. » So judges need to be able to develop the skills of improvisation to facilitate continuity and change between the past, present and future. Architects think about the relationship between the individual and the community. While responding to the desires and needs of the client, architects are also aware of the community into which the building is continued on page 16
Boîte aux lettres, maison des avocats à Barcelone, illustrant le contraste entre l’idéal de l’accès à la justice et la réalité. Qui êtes-vous ? Juge | Architecte | Juge par Richard Devlin et Douglas Matthews Éditorial Les professionnels sont souvent des créatures qui ont leurs habitudes et au fi l du temps, ces habitudes en viennent à nous former. Les expériences éducatives et les normes collectives orientent souvent les modèles conventionnels d’être et d’agir. Ces phénomènes sociaux ont des vertus – ils favorisent la cohérence, la continuité, la cohésion et l’effi cacité. Toutefois, ils peuvent également entraîner la conformité et la dévalorisation. Les juges savent très bien qui ils sont et ce qu’ils font. Ils sont régis par des principes d’indépendance, d’intégrité, d’égalité et d’impartialité. De belles valeurs qu’ils risquent de tenir pour acquises en dehors de la conscience judiciaire. Il serait peut-être bien que les juges se penchent sur certains défi s qui confrontent d’autres professionnels – les architectes. Marcus Vitruvius a déterminé que les trois principes suivants doivent guider les architectes : utilité, durabilité et beauté. La fonction (ou utilité) arrive au premier rang, parce que le but principal de la plupart des projets d’architecture est de convenir à la fonction ou à l’usage du bâtiment. Les juges accordent aussi une grande importance à la fonction. Le droit – qu’il soit familial, contractuel ou criminel – a beaucoup à voir avec la fonction d’assurer la protection. Comme il y a un nombre incalculable de règles juridiques, il est utile pour les juges de garder à l’esprit cette fonction prédominante lorsqu’ils exercent leur pouvoir de jugement. L’assertion de Louis Sullivan, « la forme suit la fonction » est en lien avec le deuxième principe de Vitruvius : la durabilité. Après avoir déterminé la fonction d’un bâtiment, il faut examiner comment la forme et la structure peuvent la servir dans la plus grande mesure possible. Les juges aussi doivent faire le même exercice. Ils doivent réfl échir à la façon dont les structures du droit – les règles, les principes et les précédents jurisprudentiels – encadrent la capacité de jugement. La beauté est le troisième principe de Vitruvius. Bien des architectes sont à la recherche de l’esthétisme. La notion de beauté, bien sûr, évolue dans le temps et l’espace, mais l’aspiration à la beauté demeure omniprésente. Les juges aussi doivent aller au-delà de la fonction et de la structure. La justice évolue également au fi l du temps et de l’espace, mais l’aspiration au bien demeure elle aussi omniprésente. Les architectes abordent la question des responsabilités sous l’angle de « l’un et l’autre » plutôt que sous l’angle « l’un ou l’autre ». Un architecte doit indubitablement maîtriser les aspects techniques et pratiques ; mais il vise également à maîtriser les aspects conceptuels et visionnaires … « Dieu est dans les détails. » Le corps judiciaire exerce également sa profession sous l’angle de « l’un et l’autre ». La prise de décisions juridiques exige une maîtrise des aspects pointilleux et intellectuels du droit et une sensibilité à ses aspects émotionnels. Le droit n’est pas qu’un ensemble de règles, c’est, plus important encore, un mécanisme qui régit les relations. Lorsque les juges statuent sur un différend familial ou dans une cause criminelle, ils doivent avoir une vision élargie pour situer leur décision dans un contexte social élargi. C’est pourquoi on peut affirmer que pour les juges aussi, « Dieu est dans les détails ». suite à la page 16 THE ROYAL ARCHITECTURAL INSTITUTE OF CANADA/L’INSTITUT ROYAL D’ARCHITECTURE DU CANADA ■ 15 www.raic.org/2010



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