Architecture Canada n°8 1er semestre 2010
Architecture Canada n°8 1er semestre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de 1er semestre 2010

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Naylor Canada

  • Format : (213 x 276) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : des établissements de justice novateurs.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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www.raic.org/2009 Un sens artistique Le palais de justice de Saint-Jérôme illustre la subtilité de la conception par Christopher Guly Les palais de justice du Québec pourraient présenter une certaine uniformité de design, mais un groupe d’architectes du Québec - Bélanger Beauchemin Morency, architectes et urbanistes ; Birtz Bastien Beaudoin Laforest architectes ; Yelle et Maillé architecte and Richard Côté architecte - a démontré qu’ils peuvent se distinguer et témoigner d’un sens artistique. En réalisant l’agrandissement du palais de justice de Saint-Jérôme, ces architectes ont su innover dans la conception de salles d’audience et relever trois principaux défi s : développer une nouvelle image pour le palais de justice par l’insertion d’une nouvelle construction entre deux édifi ces ayant un caractère distinct et devant être intégrés au complexe judiciaire ; maintenir les opérations pendant les travaux dans les deux édifi ces existants devant être rénovés ; et développer une solution simple et adaptée malgré la très grande complexité du programme et des contraintes inhérentes au contexte existant. L’agrandissement visait à créer de nouveaux espaces pour les salles d’audience entre un palais de justice existant (le Vieux-Palais) et une tour de bureaux, qui appartenaient tous deux à la Société immobilière du Québec, l’organisme qui gère le parc immobilier du gouvernement du Québec. L’objectif était de créer un dialogue entre l’animation urbaine quotidienne et les activités juridiques du palais ou, en d’autres mots, de créer un échange entre les gens évoluant à l’intérieur du bâtiment et ceux côtoyant l’édifi ce de l’extérieur. « Généralement, les salles d’audience n’ont pas de fenêtres », explique Rémi Morency, associé du bureau Bélanger Beauchemin Morency. « Mais comme nous n’avions pas à intégrer les bureaux des juges dans le projet d’agrandissement, nous avons pu inverser le plan traditionnel – une première, à ce que je sache, pour ce type de bâtiment au Québec. » Il n’est pas usuel d’adopter une disposition en « table ronde » dans les salles d’audience. Ici, les avocats sont assis en demi-cercle et le juge est au centre, en étant toutefois légèrement surélevé. « Cette disposition invite à une discussion moins offi cielle et plus agréable, tout en respectant l’autorité du juge », précise Rémi Morency, en ajoutant que la demande d’un tel aménagement provenait directement du tribunal. En fait, les juges ont également participé à la conception de certains détails intérieurs et ont notamment choisi des couleurs neutres pour la peinture de leurs bureaux relocalisés dans un édifi ce à bureaux existant près du nouvel agrandissement. À l’inverse, les concepteurs « Dans le design global, nous avons voulu dédramatiser l’espace sans minimiser l’importance du respect que nous devons au système judiciaire. » ont choisi des couleurs plus variées pour les espaces publics du nouveau bâtiment. Les plafonds et les murs des aires qui profi tent abondamment de la lumière naturelle sont blancs ; les autres murs sont colorés pour créer un effet visuel, mais aussi pour servir de points de référence aux visiteurs qui se déplacent dans le bâtiment. La notion d’ouverture et de transparence s’exprime aussi de bien d’autres façons. Ainsi, l’atrium de deux étages qui relie le Vieux-Palais au nouveau est inondé de lumière naturelle et donne sur les salles d’audience d’un côté et sur les bureaux administratifs, de l’autre côté. 24 ■ THE ROYAL ARCHITECTURAL INSTITUTE OF CANADA/L’INSTITUT ROYAL D’ARCHITECTURE DU CANADA Les espaces rénovés sont une œuvre d’art en euxmêmes, mais ils exposent aussi des œuvres du sculpteur Pierre Bourgault. Les espaces publics, comme les salles d’attente, sont situés dans le périmètre intérieur, pour profi ter de la lumière naturelle – même si les fenêtres sont de verre translucide pour empêcher que les gens de l’extérieur aient une vue directe sur l’intérieur. Par ailleurs, l’agrandissement du palais de justice de Saint-Jérôme, achevé il y a plus d’une dizaine d’années, s’illustre également par certaines subtilités. Ainsi, les plafonds des salles d’audience descendent au-dessus de la table du juge et des avocats pour accentuer le point central des délibérations.
Les espaces rénovés sont une œuvre d’art en eux-mêmes, mais ils exposent aussi des œuvres du sculpteur Pierre Bourgault. À chaque extrémité du hall de l’atrium, de grands espaces cubiques accueillent des sculptures inspirées des jeux de fi celles des Inuits (Ayaraks), qui servent à inculquer les valeurs humaines aux descendants à travers la construction de formes fi laires. Bourgault a réalisé deux sculptures – l’une en aluminium et l’autre en bois – pour créer ses propres symboles de la justice. « Dans le design global, nous avons voulu dédramatiser l’espace sans minimiser l’importance du respect que nous devons au système judiciaire », explique Rémi Morency. « Nous avons créé un bâtiment agréable, plutôt qu’un bâtiment austère ou sévère. » ■ Architectes : Bélanger Beauchemin Morency, architectes et urbanistes ; Birtz Bastien Beaudoin Laforest architectes ; Yelle et Maillé architecte ; Richard Côté architecte./Photos : François Bastien Un sens artistique THE ROYAL ARCHITECTURAL INSTITUTE OF CANADA/L’INSTITUT ROYAL D’ARCHITECTURE DU CANADA ■ 25 www.raic.org/2009



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