Architecture Canada n°7 2nd semestre 2009
Architecture Canada n°7 2nd semestre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de 2nd semestre 2009

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Naylor Canada

  • Format : (213 x 276) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 3,4 Mo

  • Dans ce numéro : des architectes donnent de la vie au design des soins de santé.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 28 - 29  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
28 29
www.raic.org/2009 Design des soins de santé fils et les gaz médicaux nécessaires, sous le plancher de l’installation. Complété en 2007, à un coût de construction de 1.9 million de dollars, le complexe de simulations pour formations cliniques du Centre des sciences de la santé a été un franc succès. Tellement en fait, que l’Université du Manitoba pense à reproduire le concept de Friesen Tokar dans d’autres hôpitaux satellites de Winnipeg, pour la formation en salles d’urgence. C’est aussi un exemple de comment les nouvelles approches dans le design architectural aident à améliorer la qualité des services de santé à travers le Canada. Alors que le design du centre de simulation de l’Université du Manitoba se concentre sur les praticiens, deux Hôpitaux plus à l’Est se tournent plutôt vers les patients. La nature en vedette à l’hôpital de Mississauga Un centre contre le cancer et un agrandissement pour les soins ambulatoires à l’Hôpital de Credit Valley à Mississauga, ouvert en 2007, a été pensé afi n d’offrir un accès généreux à la lumière naturelle et à la nature. « Ces caractéristiques naturelles ont des effets mesurables en termes de productivité, bien-être émotionnel et réduction du stress, et les images tirées de la nature ont aussi un effet thérapeutique puissant », explique Tye Farrow, FRAIC partenaire senior de Farrow Partnership Architects Inc., firme basée à Toronto. Lorsqu’elle commence un projet, sa firme organise des sessions de « terrains d’ententes » comme part d’un procédé de charrette de conception afin d’identifier le « tangible », et l’aussi important « intangible ». M. Farrow rapporte : « Malgré beaucoup de bonnes intentions, plusieurs hôpitaux ne démontrent que peu d’empathie pour les états émotionnels des patients. Le design est quelque peu laissé pour compte au profi t de l’attention aux spécifi cations techniques, qui sont seulement l’un des aspects du processus de conception. Mais ce qui est clair est que plusieurs études indiquent que les gens ont un désir inné d’une connexion rapproché avec le monde naturel aux niveaux physiques, émotionnels et intellectuels. Le défi est donc de créer des environnements qui lient ces besoins et qui donnent de la vie aux hôpitaux, ce qui est essentiel pour créer une vision agressive et économiquement viable d’un hôpital ». De fait, la mission déclarée de Credit Valley est d’être « le meilleur hôpital du Canada dans les cœurs et les esprits des personnes que nous servons ». Les patients et les visiteurs qui entrent dans le hall principal du rez-dechaussée et dans la salle d’attente pour les traitements de radiation, sont salués par une structure en bois de quatre étages qui se penche et se courbe, et dont les branches semblent soutenir le plafond, lui-même percé d’un assortiment de puits de lumière. Presque cinématique dans sa présentation, le matériel de la structure sert d’un rappel de la vie et, par son apparence, éveille un sentiment d’émerveillement et, peut-être même, une sensation d’espoir, à un moment où certains peuvent entrer dans l’hôpital avec un sentiment de détresse. Selon le point de vue, il semble que l’on soit au milieu d’une forêt ou encore sous l’eau, les branches se transformant en roseaux touchant la surface illuminée. Le résultat est sans doute la construction de bois la plus complexe d’Amérique du Nord, selon M. Farrow. Faite de bois cultivé en Colombie- Britannique, fabriquée en Alberta, conçue et installée en Ontario, la structure a par ailleurs été la source de défis variés pour l’équipe de M. Farrow. Le bois ne rencontrait pas les exigences du Code de construction de l’Ontario (CCO) pour les constructions non-combustibles, dû en premier lieu à l’incapacité des systèmes de gicleurs conventionnels d’atteindre adéquatement les surfaces recouvertes par le design proposé fait de poutres courbées. M. Farrow a donc introduit un système Hi-Fog à vapeur d’eau, un système de suppression du feu, afin de rencontrer les exigences du Code et de requérir à une alternative plus écologique que les agents chimiques appauvrissant la couche d’ozone, en quelque sorte transformant la firme en pionnière par la même occasion. L’application étendue du système Hi-Fog à Credit Valley a permis le développement de Le hall principal du rez-de-chaussée à l’Hôpital de Credit Valley. 28 ■ THE ROYAL ARCHITECTURAL INSTITUTE OF CANADA/L’INSTITUT ROYAL D’ARCHITECTURE DU CANADA FARROW PARTNERSHIP ARCHITECTS INC./PHOTO : TOM ARBAN types de quincaillerie spécialisée qui pourront aider d’autres professionnels qui chercheraient à utiliser le bois d’œuvre ou d’autres produits de bois durable à l’intérieur. En travaillant étroitement avec le personnel du Bureau du commissaire des incendies, Farrow Partnership a illustré que le bois peut être un design acceptable et une alternative à l’acier, tout en étant conforme aux exigences – mais seulement après que le Conseil national de recherches à Ottawa ait testé avec succès une imitation pleine grandeur du système de gicleurs, en utilisant un imposant morceau de bois. La pièce maîtresse architecturale en bois sert maintenant d’image de marque de Credit Valley, apparaissant sur leur publicité de recrutement et son site Internet (www.cvh.on.ca). Le projet a de surcroît reçu trois prix d’architecture en 2007 de l’Académie Internationale pour le design et la santé,
organisme établi à Stockholm, incluant le premier prix jamais remis à un architecte et remporté par M. Farrow, âgé de 45 ans. Celui-ci est, par ailleurs, impliqué dans le design d’autres hôpitaux, incluant le Centre régional des sciences de la santé de Thunder Bay, qui, comme l’a récemment noté un auteur, promeut le bien-être par des concepts inspirants. La londonienne Commission pour l’architecture et l’environnement bâti, tout autant que l’Association des architectes de l’Ontario, ont elles aussi reconnu la qualité du design de Credit Valley en lui accordant des prix d’excellence. Toutefois, la récompense majeure de l’hôpital a été l’accueil chaleureux des patients, du personnel et des visiteurs du Centre régional contre le cancer Carlo Fidani Peel et du Centre de soins ambulatoires Vijay Jeet et Neena Kanwar de Credit Valley. « Le thème commun des commentaires reçus par les gens qui nous ont envoyé des courriels, c’est que ce n’est pas un hôpital et qu’ils n’avaient jamais connu une expérience aussi édifi ante spirituellement parlant, » dit M. Farrow, qui note que c’est « extraordinaire » pour un architecte de recevoir une telle réaction, sans parler du fait qu’elle soit aussi dithyrambique. En effet, Michelle DiEmanuele lui a même confié qu’avant d’accepter le poste de présidente et directrice générale de Credit Valley, elle a parcouru anonymement les installations et fut impressionnée par le fait que l’on ne « ressentait » ni ne « respirait » l’hôpital traditionnel. Le hall est aussi devenu un lieu de rassemblement populaire. Trois jours par semaine, un bénévole y joue du piano pendant une heure au début de l’après-midi, pendant que les gens mangent, bercés par Design des soins de santé les sons et le décor, éclairés par la lumière filtrant à travers les « branches » de la structure de bois. M. Farrow est content des résultats positifs, mais n’en est pas entièrement surpris. Avant de concevoir Credit Valley, il a visité plus d’une trentaine de centres contre le cancer à travers l’Amérique et l’Europe et a découvert que les patients veulent être entourés ou être dans des lieux qui leur rappellent la nature et la vie. Pas simplement à travers d’appliques fl euries sur les murs et les plafonds, comme font certains hôpitaux, mais à un niveau plus profond, avec des représentations biophiliales, tant émotionnelles qu’intangibles, et implantées dans la trame même du bâtiment, explique M. Farrow, qui possède une Maîtrise en architecture de l’Université Harvard, en design urbain. THE ROYAL ARCHITECTURAL INSTITUTE OF CANADA/L’INSTITUT ROYAL D’ARCHITECTURE DU CANADA ■ 29 www.raic.org/2009



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :