Arabesques n°96 jan/fév/mar 2020
Arabesques n°96 jan/fév/mar 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°96 de jan/fév/mar 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Agence Bibliographique de l'Enseignement Supérieur

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : dossier, évaluer en bibliothèque.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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( Dossier… ÉVALUER EN BIBLIOTHÈQUE ) L’Abes a réalisé un état de l’art, quantitatif et qualitatif, des 36 plans de conservation partagée des périodiques (PCPP) actuellement recensés. Les plans de conservation partagée des périodiques : un état de l’art signalétique eEn matière de gestion des collections, les plans de conservation partagée qui, pour l’heure, concernent exclusivement les périodiques, ont constitué pour les bibliothèques impliquées un changement de paradigme notable. Il s’agissait en effet de dépasser les pratiques, habituelles, de coopération en matière d’acquisition pour mutualiser la gestion des collections, mais aussi leur élimination. Aussi bien pour ce qui est de la qualité de la description bibliographique des collections impliquées que pour la gestion la plus fine possible des entités matérielles, l’Abes, ses données et ses services, offrent des outils indispensables à la bonne gestion des PCPP par leurs gestionnaires et par les établissements participants. UN DOCUMENT SYNTHÉTIQUE ET STATISTIQUE Disposant d’outils d’exploitation statistique des données nationales en la matière, l’Abes a réalisé, pour la première fois, une étude chiffrée sur les PCPP 1 . Ce document synthétique et statistique a pour ambition de proposer aux gestionnaires de PCPP un ensemble de données compilées, accessibles également à l’ensemble des professionnels, qu’ils soient ou non impliqués dans de tels projets. De ce fait, l’ensemble des notions indispensables à la bonne compréhension des données présentées et commentées sont explicitées, et la lecture de cet état de l’art ne suppose, en matière de PCPP, aucune connaissance préalable. L’étude recense 36 PCPP, parmi lesquels on distingue 16 PCPP thématiques, dont une large part est pilotée par le CTLes, avec lequel l’Abes entretient d’étroites relations dans ce domaine. Les 20 PCPP régionaux sont, quant à eux, pilotés exclusivement par des établissements déployés dans le réseau Sudoc. Dans les deux cas, mais surtout pour les PCPP régionaux, les participants sont ou non membres du réseau Sudoc. En revanche, la plupart des « non membres » sont membres du réseau Sudoc-PS, tant 20 Ar (abes)ques N°96 JANVIER - FÉVRIER - MARS 2020 l’utilisation des données proposées par l’Abes semble indispensable à la participation effective et raisonnée à un PCPP. L’étude se concentre sur l’analyse de la qualité des données bibliographiques et des données d’exemplaires, en soulignant, pour ce qui est des données bibliographiques, l’importance de disposer de notices en provenance du Registre de l’ISSN géré par le CIEPS, si possible enrichies du travail catalographique spécifique aux réseaux Sudoc et Sudoc-PS. Pour aller au-delà de la simple gestion de stocks, et proposer la gestion de véritables corpus intellectuels de documents sur un même sujet, la présence d’indexation matière, l’ajout de la collectivité auteur, le signalement de versions en ligne des périodiques conservés, sont des « plus » indéniables à l’amélioration du signalement, notamment quand ces enrichissements comportent des liens vers d’autres notices. UN OUTIL D’ÉVALUATION, PAS DE COMPARAISON En ce qui concerne les données d’exemplaires, il est indispensable que les collections physiques effectivement conservées soient décrites avec la plus grande précision possible : états de collection et lacunes (le cas échéant) détaillées. L’application Périscope proposée par l’Abes permet de visualiser manques et redondances, pour une gestion véritablement partagée des exemplaires, non seulement à l’échelon d’un PCPP donné, mais aussi de l’ensemble des PCPP et plus généralement de l’ensemble des collections décrites – la présence de titres rares ou d’unica, c’est-à-dire de ressources possédées par un seul établissement, étant un élément d’information primordial. L’étude n’a pas vocation à proposer un comparatif entre les différents PCPP, une telle démarche n’ayant pas de sens s’agissant de projets intellectuels quantitativement et qualitativement hétérogènes (de 6 à 36 établissements participants, de 50 à plus de 10 000 titres conservés) et ayant chacun leurs objectifs et leur raison d’être spécifique. Il s’agit de proposer, à un instant t, une vision globale de l’ensemble des plans, chaque gestionnaire de plan qui le souhaite pouvant par ailleurs être destinataire de données détaillées pour ce qui concerne « son » PCPP. Surtout, ce travail est destiné à s’inscrire dans le temps. Les collectes statistiques ont été automatisées, de façon à en permettre le renouvellement selon une périodicité à déterminer en fonction de l’intérêt des utilisateurs, et à faciliter le suivi du développement de ces projets documentaires originaux, puisque, en l’espèce, « conservation » et « évolution » ne sont pas antinomiques. Julie Mistral julie.mistral@abes.fr Yves Desrichard yves.desrichard@abes.fr Service Ressources Continues - Abes [1] L’étude est disponible à l’adresse : www.abes.fr/Media/Fichiers/Sudoc-Fichiers/Etude- PCPP-Abes-decembre-2019
( Retour sur… ) Entre intelligence artificielle et science ouverte : quelles évolutions du métier de bibliothécaire ? RETOUR SUR LE CONGRÈS DE L’ADBU, 17-19 septembre 2019 Accueilli par la capitale de l’Aquitaine, dans un cadre original avec vue sur la Garonne, le congrès 2019 de l’ADBU s’est fixé comme cap l’exploration de nouveaux territoires à investir par les bibliothèques : l’intelligence artificielle, ainsi que la science ouverte. Un nouvel âge d’or de l’intelligence artificielle Sous le titre provocant de « Tous bibl- IA-thécaires ? L’intelligence artificielle, vers un nouveau service public », la journée d’étude du 18 septembre a voulu dresser un panorama large de la notion d’intelligence artificielle et de ses applications dans le monde des bibliothèques. L’occasion, comme le souhaitait Marc Martinez, président de l’ADBU, de « dégonfler quelques baudruches médiatiques ». L’engouement pour le concept d’intelligence artificielle constaté ces dix dernières années n’a rien d’inédit, l’IA ayant connu des âges d’or tout au long de la seconde moitié du XX e siècle. Ce retour en force rencontre un terrain fertile dans le monde des bibliothèques, où les services et collections numériques, tout comme la vigilance envers l’utilisation, parfois biaisée, des données, sont bien ancrés. Sans oublier un autre atout des bibliothécaires, l’intérêt pour connaître et servir les usagers, car, comme Nicolas Roussel l’a parfaitement exprimé en introduisant la journée d’étude, les outils d’intelligence artificielle doivent répondre aux besoins des usagers et non pas aux besoins de ceux qui les fabriquent. Une architecture de données, au-delà des métadonnées En écho à cette intervention cadre sur la notion d’IA, un retour d’expérience de l’université de Standford nous a opportunément rappelé que « l’IA est ce que nous faisons », et surtout ce que nous pourrions faire en positionnant le travail sur les données des bibliothèques comme un véritable travail de recherche. Nicole Coleman, forte de son expérience en tant que digital research architect dans le réseau des bibliothèques de Standford, voit ainsi les collections des bibliothèques, quelles qu’elles soient – éditions patrimoniales illustrées, images de fouilles archéologiques, archives audiovisuelles… –, comme un gisement de données d’apprentissage pour l’IA. Avec un retour sur investissement surprenant : l’IA peut aider à s’affranchir du carcan des métadonnées, souvent trop liées à un contexte historique de production et correspondant assez peu aux pratiques des chercheurs. Finalement, la principale retombée de l’IA dans le contexte des bibliothèques réside en l’amélioration des interfaces publiques de recherche. À ce propos, plusieurs présentations de projets documentaires au service des chercheurs ont fait voyager les congressistes tantôt dans l’univers des manuscrits médiévaux, accessibles en recherche plein texte dans HIMANIS 1 , tantôt dans celui des images enfouies dans les collections patrimoniales de Gallica 2 , trésors inexploités avant le déploiement des techniques de la reconnaissance visuelle. Sans oublier que les applications de l’IA en bibliothèque vont bien au-delà des données et concernent également la médiation documentaire, à l’image de Pepper, le sympathique robot humanoïde de la bibliothèque de l’université Technologique de Wildau. Quelles perspectives pour les BU, entre IA et science ouverte? Pour clore une journée riche de découvertes, les organisateurs ont invité, autour d’une stimulante table ronde, des représentants de l’Abes, la Bnf, l’INA et LIBER pour réfléchir au futur de l’IA dans les bibliothèques universitaires. David Aymonin, directeur de l’Abes, a souligné que certains des outils de l’Abes, comme l’outil de curation Paprika par exemple, font déjà appel aux technologies de l’IA : le programme propose les options a priori les plus pertinentes, la décision finale revient à l’utilisateur humain, en l’occurrence, au catalogueur. Si les données des bibliothèques peuvent améliorer l’apprentissage automatique, ce nouvel essor est décidément une opportunité pour collaborer étroitement avec des ingénieurs et des chercheurs. La matinée politique du 19 septembre, consacrée à la science ouverte, a traité de la synergie bibliothécaireschercheurs à travers un autre sujet d’actualité, l’ouverture des données de la recherche. Dans un écosystème complexe, cette thématique constitue également une chance pour créer des passerelles entre les spécialistes des données et leurs producteurs 3 . Raluca Pierrot Service Accompagnement des Réseaux - Abes raluca.pierrot@abes.fr [1] HIstorical MANuscript Indexing for user-controlled Search : http://himanis.huma-num.fr/himanis [2] https://gallica.bnf.fr [3] Les interventions sont disponibles en ligne : https://adbu.fr N°96 JANVIER - FÉVRIER - MARS 2020 Ar(abes)ques 21



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