Aquarama n°82 oct/nov/déc 2018
Aquarama n°82 oct/nov/déc 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°82 de oct/nov/déc 2018

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : FCO Media

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 88

  • Taille du fichier PDF : 14,3 Mo

  • Dans ce numéro : adooucisseurs d'eau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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La résidence-services Torckdael à Wageningen est chauffée avec l’eau captée dans le canal. Sur cette photo, on voit la conduite d’entrée de l’eau. (Photo IF Technology) L’aquathermie, aujourd’hui et à l’avenir Eaux de surface – eaux usées – eau de distribution  : voilà des sources de chaleur (ou de froid) qui peuvent être mises à profit pour chauffer (ou refroidir) les bâtiments, galeries commerciales, entreprises, datacenters. Dans le contexte de la transition énergétique, nos voisins du Nord semblent vouloir miser à fond sur ce potentiel. En Belgique également, les choses commencent à bouger dans ce domaine. PAR KOEN VANDEPOPULIERE C’est peu dire que les Néerlandais ont une certaine expérience en matière de gestion de l’eau… TEO, TEA et TED sont des acronymes qui n’étonnent plus personne là-bas. TEO pour Thermische Energieuit Oppervlaktewater, TEA pour Thermische Energieuit Afvalwater, et TED pour Thermische Energieuit Drinkwater. Bref, trois modalités de l’aquathermie, qui consiste à récupérer la chaleur (ou le froid) dans les eaux de surface, les eaux usées, et l’eau de distribution. TEO  : la part du lion Parmi les sources d’aquathermie, d’abord et avant tout, l’eau de surface. Selon une étude réalisée pour l’Union néerlandaise des agences de gestion de l’eau, la thermie des eaux de surface permettrait de réponde 24 I AQUARAMA #82 à quelque 12% de la demande de chaleur et 54% de la demande de froid dans les logements d’habitation et bureaux, un calcul qui ne tient même pas compte des réseaux de chaleur. La part potentielle de l’eau de distribution est la plus faible. Selon une étude réalisée en 2017 par le centre de compétences KWR, elle pourrait contribuer à hauteur de 1,4% par rapport à la demande totale de chaleur émanant des zones bâties. Quant au potentiel des eaux grises et eaux d’égout (cloacothermie, en français), il serait à mi-chemin entre les deux. Selon l’Union néerlandaise des agences de gestion de l’eau, les trois sources d’aquathermie pourraient fournir 25 à 40% de la chaleur demandée aux Pays-Bas. Mais l’aquathermie présente d’autres avantages  : elle réduit la dépendance envers les combustibles fossiles et les émissions de gaz à effet de serre, et les installations requises ne provoquent pas d’objections, parce qu’elles sont moins visibles, en comparaison avec les éoliennes. Eaux de surface Nos voisins néerlandais considèrent que les eaux de surface ont beaucoup de potentiel. En plus de l’appoint de chaleur en hiver, le principe de fonctionnement contribue en été à refroidir quelque peu les cours d’eau, ce qui ralentit la décomposition des matières organiques et la consommation d’oxygène, limitant ainsi la prolifération des algues, la mortalité des poissons, et le risque de botulisme. Et puisque l’eau retourne ensuite dans le canal ou dans le fossé, la mise en place d’un système intelligent, permet de réguler les flux de telle manière que les détritus flottants s’accumulent à des endroits prédéfinis, ce qui facilite le ramassage. Principe de fonctionnement Le principe est simple  : l’eau de surface est conduite dans un échangeur de chaleur,
raccordé par exemple à un système de chauffage central. Le froid est directement utilisable, mais pour le chauffage, il faut d’abord élever la température de l’eau, par exemple jusqu’à 50°C, au moyen d’une pompe à chaleur. En été, la chaleur de l’eau de surface est stockée dans le sol et dans l’eau souterraine. Cette chaleur sera utilisée pendant la saison froide. L’inverse est possible également  : on peut stocker du froid pendant l’hiver et l’utiliser pour refroidir des bâtiments en été, par exemple, datacenters, hôpitaux, entreprises de produits alimentaires… Dans quelques cas, il est possible de fournir de la chaleur ou du froid, sans stockage intermédiaire. Par exemple, lorsque le froid est puisé au fond de la mer, ou à la surface des cours d’eau. Les destinataires Les utilisateurs potentiels de chaleur et/ou de froid provenant des eaux de surface sont les immeubles de bureaux, logements d’habitation, galeries commerciales, l’industrie alimentaire et les datacenters. La chaleur extraite des eaux de surface convient surtout pour les bâtiments équipés d’une bonne isolation thermique et d’un système de chauffage à basse température. Cette forme d’aquathermie est une option intéressante pour les projets de nouvelles constructions et rénovation dans le voisinage des cours d’eau. Elle convient également pour le nouveau type de réseau de chaleur à basse température. Selon Barry Scholten, business developer chez IF Technology, les développements dans les pompes à chaleur à haute température permettent aujourd’hui d’envisager cette source d’aquathermie pour chauffer des logements d’habitation existants. Quelques exemples Un plan de déploiement à grande échelle est en préparation aux Pays-Bas, mais il existe déjà quelques cas isolés de mise en application. Un exemple  : la résidence-services Torckdael à Wageningen, chauffée avec l’eau prélevée dans le canal. Autre exemple à Rotterdam  : le plus grand bâtiment des Pays-Bas, formé de trois tours ayant une base commune, est refroidi avec l’eau de la Meuse. Tandis qu’à Amsterdam, l’eau puisée dans deux lacs est menée via un réseau de conduites pour refroidir des bureaux, un hôpital et des datacenters. Et en Belgique ? Patrick O, CEO de ViessmannBelgique  : « Chez nous, de toute façon, il y a beaucoup moins d’eau de surface. D’autre part, en Belgique, on n’est pas autorisé à capter l’eau de surface pour en extraire les calories, avant de la rejeter au petit bonheur dans la nature. Il faudra d’abord modifier la réglementation. Néanmoins, il existe quelques cas d’utilisation  : par exemple, au National Golf Club à Sterrebeek, un étang est refroidi pour chauffer le bâtiment du club. » PROJET L « Dans un polder, une station d’assèchement peut même fournir plus d’énergie qu’une éolienne. » Barry Scholten, business developer IF Technology Stations de pompage pour l’assèchement des polders Pour utiliser l’énergie contenue dans l’eau de surface, on a besoin de pompes. Ce n’est pas ce qui manque aux Pays-Bas. Il en faut beaucoup, notamment pour assécher les polders. Barry Scholten  : « Ces installations de pompage nous tiennent les pieds au sec, ou bien elles servent à nous approvisionner en eau. Cela ne va pas nous coûter plus cher en énergie si nous les utilisons également pour récupérer du froid ou de la chaleur… Une station peut même fournir plus d’énergie qu’une éolienne. Et fournir de la chaleur ou du froid à des bâtiments situés à un kilomètre distance. C’est surtout intéressant lorsqu’il est nécessaire de rénover une station de pompage. Une combinaison avec stockage dans le sol peut même contribuer au financement. » Selon Barry Scholten, la plus grande partie de l’aquathermie peut provenir des eaux de surface autour des polders, à proximité de ces stations de pompage. En guise de boutade, Barry Scholten puise de l’eau avec une bouteille thermos. Par bonheur, il existe entretemps d’autres méthodes pour utiliser les ressources de l’aquathermie. (Photo IF Technology) AQUARAMA #82 I 25



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