American Legend n°4 déc 14/jan-fév 2015
American Legend n°4 déc 14/jan-fév 2015
  • Prix facial : 7,80 €

  • Parution : n°4 de déc 14/jan-fév 2015

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Histoire Militaire Éditions

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 139 Mo

  • Dans ce numéro : éternelle route 66... le mythe américain.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Histoire de l’Ouest Ferrotype de Richard « Dick » Brewer. Contremaître du ranch Tunstall, véritable cerveau de la bande des Regulators, il était aussi le plus âgé. Ici à 28 ans en mars 1878. faite. Pendant ce temps, le shériff Brady s’évertue à se déresponsabiliser de l’action de ses adjoints. Son heure viendra… La guerre du comté de Lincoln Le 6 mars 1878, les Regulators retrouvent la trace des deux adjoints à Rio Peñasco. Après une fusillade sur huit kilomètres, ils déposent les armes contre la promesse d’être rendus aux autorités pour y être jugés. Mais sur la route du retour, Billy décide de ne pas valider cette promesse. Au troisième jour, sous le prétexte d’une tentative d’évasion, il abat ses prisonniers au nom du premier sang. Un Regulator qui s’interpose en paye également le prix fort. Cette action soulève un débat : Billy a manifestement cédé à un sentiment inconsidéré de dévotion. Pour preuve, en chemin, Morton a écrit à sa famille en Virginie avec l’autorisation de ses geôliers. Son contenu est accablant pour Billy. Morton explique : « Après que je me fus rendu, il se trouvait un homme qui tenait essentiellement à me tuer. On eut beaucoup de mal à l’en dissuader ». Cette date marque bien un tournant. Cet acte de vengeance, qui trouve ses origines dans la vieille rivalité qui oppose Irlandais et Anglais, va entraîner l’anarchie. La guerre de pâturage et la lutte pour la justice se transforme en véritable vendetta régionale. C’est le début de ce que la presse appellera « la guerre du comté de Lincoln ». Le 1er avril 1878, les Regulators empruntent un chemin sans retour. Ce jour, le shériff Brady fait sa patrouille quotidienne dans la ville de Lincoln accompagné des adjoints Hindmannet Matthews. 70 ★ AMERICAN LEGEND Sous cet air juvénile et dangereusement déterminé se cache henry Newton Brown. On parle souvent de Billy The Kid comme la calamité des Regulators de Tunstall. On oublie que ses acolytes furent de terribles bras vengeurs. Les Regulators se réunissent au magasin de Tunstall. Pour surveiller la rue principale, ils aménagent des meurtrières dans un mur qui ceinture le corral proche du magasin. Une douzaine de balles atteignent Brady qui tombe foudroyé. Quatre adjoints dont Hindmannsont mortellement blessés. Une véritable bataille éclate. Matthews atteint Billy à la cuisse. Billy se cache en ville pendant des semaines avec l’aide d’amis fidèles de Tunstall. Cette bataille est le dénouement de tensions extrêmes depuis dix ans et embrase toute la région. Tout le monde règle ses comptes avec son voisin. On ne compte plus les combats rangés en pleine ville ou en rase campagne faisant de nombreuses victimes. « A un moment donné », raconte Charlie Bowdre, « c’est devenu une mêlée ouverte. Tout le monde a choisi son propre camp ». Bientôt les Mescaleros et les Hispano-américains se jettent à corps perdu dans la crise en paiement de vieilles dettes de sang. Il n’y a plus de loi dans le comté de Lincoln. Billy The Kid le rebelle Il est désormais évident que les Regulators se sont éloignés de leur mission légale initiale. Le procureur du comté retire immédiatement leurs mandats. Les voilà un gang d’outlaws. Leurs opposants anglo-saxons considèrent Billy et sa bande comme des calamités qu’il faut éliminer à tout prix pour pacifier le territoire. Voilà Billy au cœur d’une spirale infernale, enlisé dans ce conflit aux proportions qui lui ont échappé et dans lequel nombre de ses soutiens sont partis ou décédés. Par obligation, il est devenu très fort pour rester Autre membre célèbre des Regulators, Charlie Bowdre est abattu par le Shériff Pat Garret lors du siège de Stinking Springs fin décembre 1880. en vie et s’est forgé une réputation de tireur redoutable. On lui attribut 23 meurtres, il se souvient de neuf en tout. Sa réputation de gamin tueur est définitivement entérinée par une presse excédée. Le nom méprisant de « Billy the Kid » apparaît pour la première fois dans un article du rédacteur en chef du Las Vegas Gazette, J.F. Koogler. Un sobriquet qui le popularise aux yeux du pays. Concrètement, Billy se place à la tête de ce qu’il reste des Regulators, simplement parce qu’il est un des derniers en vie. Seul refuge, les fermiers et Le fameux « Doc » Scurlock, compagnon de Billy The Kid et qui sera un des derniers survivants des Regulators et de la guerre du comté de Lincoln. Il pose ici en 1909.
éleveurs hispano-américains dont il est resté très proche. Ils ont vu en Billy un héros de l’Ouest, un rebelle, un justicier, un Robin des Bois moderne qui luttait contre « Dos Inglés » et vengeait ceux qu’on dépossédait. Ils le surnomment El Gaucho. Et c’est grâce à leur aide qu’il a échappé à presque tout. Le décrié film Le Gaucher de Arthur Pennen 1958, avec Paul Newman en Kid ravagé par la vengeance, tel un Hamlet de l’Ouest anachronique, n’est donc pas si éloigné de la réalité sociale du personnage historique. Cinq mois après la mort de John Tunstall, la guerre du comté de Lincoln atteint son paroxysme. Une terrible bataille de siège se déroule en ville et fait cinq victimes parmi les belligérants. Le 15 juillet 1878, les Regulators se réunissent dans la maison de McSween en plein centre ville. Leur objectif est de contraindre le nouveau shériff George Peppin et le House’s Gang, dirigé par l’éleveur Marion Turner, de se mettre à découvert. Mais le plan se retourne à leur désavantage. Pendant cinq jours on tire de partout au son du piano que joue Madame McSween ! Deux mille cartouches sont tirées en un seul jour ! Puis les Irlandais parviennent à incendier une façade de la maison McSween. Les assiégés doivent fuir les uns après les autres. Billy tient encore malgré la fumée et les flammes qui consument toute le bâtiment ! Il tue un assiégeant venu demander sa reddition et organise sa fuite vers la rivière à 100 mètres. A cet instant, McSween, sorti se rendre, est abattu sans sommation. La mort du dernier chef des Regulators met un terme à leur cause perdue. Billy se retrouve seul. À cause de Ben Hur… La bataille de Lincoln est de trop. Les politiciens et les commerçants du territoire sont déterminés à mettre un terme à ce conflit qui nuit aux affaires. Le président américain Rutherford B. Hayes envoie des troupes et nomme un soldat comme nouveau gouverneur. Le général Lew Wallace se presse de restaurer l’ordre. Billy voit l’occasion de lui écrire pour demander l’amnistie en échange de son témoignage contre le clan des Irlandais. Wallace accepte et le Kid comparait devant un grand jury. Pas moins de 200 actes d’accusations sont rédigés pour les meurtres de 50 personnes. James Dolan est en tête de cette liste. Seulement voilà, Wallace, estimant avoir fait son devoir, est pressé de finir les derniers chapitres de son best-seller biblique Ben Hur ! Il quitte Lincoln pour Santa Fe avant d’avoir signé la grâce de Billy, le laissant à la merci du procureur de la ville acquis à la cause des Irlandais et qui invalide l’accord au nom d’une justice indépendante. Le Kid est de nouveau menotté mais « C’est utile d’avoir les mains fines… ». Il s’enfuit une nouvelle fois. Les Regulators sont à bout de souffle. Ils décident de dissoudre la bande pour Découvert récemment, ce daguerréotype unique nous montre de gauche à droite, Billy The Kid, Richard « Dick » Brewer, Tom O’Folliard, et Charlie Bowdre, têtes pensantes des Regulators de Tunstall. Le lieu est inconnu mais le port des foulards blancs indique qu’ils sont rendus à un congrès démocrate. Certainement vers 1878. brouiller les pistes. Billy veut rester et, pour subvenir à ses besoins, écume le Pecos et devient la plaie des éleveurs anglo-saxons pro-House. Pendant un an, il opère et se cache chez les Hispano-américains de la région de Fort Sumner. C’est aussi là qu’il fait la connaissance d’un barman du saloon de Beaver Smith, un nommé Pat Garret, avec qui il entretient des relations amicales. Pat Garret Garret est un homme ambitieux. Il rêve de devenir un autre Wyatt Earp. Barman et joueur intéressé dans plusieurs affaires louches, il a assez de relations pour se faire désigner shériff du comté de Lincoln au cours de l’automne 1880. Il ne faut pas s’y tromper, si Garret connaît Billy, leurs convictions sont diamétralement opposées. Garret est un agent de l’establishment républicain déterminé à « pacifier ce territoire et y instaurer la civilisation » pour le plus grand bien des investisseurs anglo-saxons. Sa première priorité est d’arrêter ce fléau d’El Gaucho. Le Kid échappe à toutes les embuscades tendues par son ancienne connaissance. Le 22 décembre 1880, Tom O’Folliard tombe sous les balles de Garret. Quelques jours plus tard, le shériff et son « Possee » composé d’anciens Texas Rangers parviennent à cerner la bande à Stinking Springs dans une cabane en pierre. Ils abattent Charlie Bowdre et en font le siège. Après plusieurs jours, Garret ordonne un immense barbecue et c’est l’odeur des grillades qui a raison des fugitifs affamés ! Une fois menotté, Billy s’exclame par défi : « Quoi ? Mais je pensais que tu étais avec au moins 200 hommes ! Si j’avais su… ». Billy a 21 ans. Il est transféré à la prison de Mesilla à Santa Fe jusqu’à son procès en avril 1880. La cour le condamne à la pendaison pour le meurtre du shériff Brady. Le train le ramène à la prison de Lincoln pour exécuter la sentence. Le palais de justice est sur deux niveaux : en bas le tribunal, en haut les cellules et l’armurerie : une aberration. Entre les deux, un grand escalier raide cerné par deux murs pleins. Billy attend son moment. C’est là qu’il entre dans la légende avec sa dernière et spectaculaire évasion. Le 28 avril, 18h00. Pat Garret s’absente pour affaires et laisse la garde du prisonnier à deux adjoints, Robert « Bob » Ollinger et James W. Bell. Le premier est une brute qui moleste et insulte Kid sans cesse. Le second est un brave type, mais prend encore Billy pour un sale gamin : une erreur à ne jamais commettre avec ce gars-là. Ollinger partit dîner au Wetley Hotel. Billy demande à Bell de le conduire aux toilettes à extérieur. Trois interprétations de la tuerie se confrontent à ce jour. Garret est absent lors de l’évasion du Kid, pourtant, la version première qu’il en donne est acceptée comme officielle. D’après lui, Billy parvient à se libérer de ses entraves, puis fonce dans l’escalier et s’empare d’un revolver sur un râtelier. Bell à sa poursuite est au pied des marches quand le prisonnier l’abat. Il fait quelques pas et tombe devant le bâtiment. Billy tue ensuite Ollinger de la fenêtre de l’étage avant de terroriser toute la population. Une seconde hypothèse véhiculée par les journaux affirme que Billy s’est emparé de l’arme de Bell en haut de la rampe. Bell est abattu en bas des marches en tentant de s’échapper. Depuis, une 3 e thèse s’appuie sur les analyses médico-légales effectuées par l’exagent fédéral SteveSederwall en 2006. Grâce à des examens de chimie luminescente au Luminol, on découvre que les seules traces de sang vieilles d’un siècle se situent sur la partie haute de l’escalier. Sederwall est affirmatif : de toute AMERICAN LEGEND ★ 71



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