American Legend n°3 sep/oct/nov 2014
American Legend n°3 sep/oct/nov 2014
  • Prix facial : 7,80 €

  • Parution : n°3 de sep/oct/nov 2014

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Histoire Militaire Éditions

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 107 Mo

  • Dans ce numéro : sur la piste des Dalton.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Histoire vivante « Contre la tyrannie du Colt, je ne connais qu’une loi, celle inscrite dans la Constitution. » Selon ce principe, début mai 1875, il constitue une brigade fédérale de US Marshals et d’adjoints déterminés et intègres. Surnommée les « Parker’s Dogs » (les chiens de Parker), cette unité se fait rapidement une réputation de limiers pugnaces au service de la loi fédérale. C’est une machine bien huilée : ils traquent les fugitifs à travers les frontières des territoires, par fourgons spéciaux ils viennent prendre livraison des prisonniers dans les villes auprès de leurs collègues State/Territory ou City Marshals, ils assistent et fournissent une logistique et des hommes d’action à toutes les autorités en place. Les Marshals adjoints Frank Dalton et Heck Thomas sont des figures emblématiques de cette troupe fédérale du « juge de la potence 2 ». Le premier, modèle d’intégrité, est abattu en décembre 1887 en territoire indien du Kansas. Le second traquera sans relâche les autres frères Dalton devenus hors-la-loi. Avec ce dispositif, les premiers six outlaws capturés sont jugés et pendus le 5 septembre 1875. Au 1er septembre 1896, date de sa mort, le juge Parker instruira en tout 13 495 procès, prononça 9 460 condamnations, dont 162 peines de mort (82 exécutées). Ce qui prouve l’efficacité de la logique de pacification fédérale dont les Marshals furent les piliers. En 1885, le système territorial subdivisé des Marshals est définitivement au point et quadrille tous les niveaux des États pionniers, de la ville au comté, du district de l’État jusqu’aux frontières. Le Maréchal de la loi US, State/Territory ou City Marshals et leurs adjoints, tous proviennent de milieux sociaux différents. Nous l’avons vu, ce sont souvent des immigrants de deuxième génération, issus de l’après-guerre de Sécession, des vétérans qui vendent leur savoir-faire et leur endurance, des pères de famille déçus ou des pionniers en manque d’élévation sociale. Le salaire de base du Marshal est un facteur déterminant. Mais surtout, les mois et années s’arrondissent grâce à leurs fonctions législatives annexes. Percepteur, contrôleur des jeux, médiateur dans les conflits d’affaire, régulateur fiscal des hôtels, des bars, des maisons closes. Par la force des choses l’affairisme, le clientélisme, les services s’installent au détriment de la mission initialement protectrice. Le conflit d’intérêts obscurcit les principes du serment et tout peut déraper. Les Marshals Virgil, Morgan et Wyatt Earp avaient beaucoup d’intérêts financiers douteux dans les villes dont ils avaient la charge et empiétaient sur les prérogatives des natifs. Ce qui fit de Tombstone la scène d’une véritable guerre civile. Après la mort 2) Autre surnom de Parker, Hanging judge, qui en dit long sur sa rigueur intransigeante 38 ★ AMERICAN LEGEND Un des cinq célèbres posters publicitaires baptisés « histographs » réalisés par le fabricant John Bianchi entre 1973 et 1981 (et aujourd’hui des must collectors très recherchés) met en scène des marshals de la grande époque : « Last of the Lawmen » (1975). La photo a été faite devant le local Butterfield Overland Stage près de Temecula (Californie), siège de l’entreprise Bianchi. Costumes noir et shotgun de rigueur… de leur frère intègre Frank Dalton en décembre 1887, Grattan, Bob et Emmett deviennent à leur tour Deputy Marshals (adjoints fédéraux) mais sont rapidement tentés par le racket en échange de leur protection et se tournent vers le banditisme à outrance. On identifie aussi des outlaws repentis ou expérimentés. Ils attirent l’attention des juges et municipalités qui leur donnent brutalement l’occasion d’utiliser leur science du milieu dans l’intérêt général en servant la loi. Exemple remarquable dans ce cas : l’implacable Ben Thompson, dont on sait beaucoup de choses grâce à ses nombreuses interviews pour la presse régionale et fédérale. Avec cinq meurtres sur la conscience, il devient City Marshal de Austin en 1880 ! Comment ? Adoubé par une municipalité pressée d’instituer l’ordre républicain via un homme expérimenté. Bref, le Marshal est le « Maréchal de la loi » de son époque, en bien comme en mal. Reconstitution de la tenue Il ne faut pas perdre de vue que les photos d’époque sont souvent posées et que pour l’occasion, le sujet exhibe fièrement ses armes et son équipement. Plus naturellement, il porte l’essentiel tandis que le reste (fusil, gourde, cartouchières, munitions…) sont supportés par un cheval de bât. Nos photos restituent donc l’homme dans son contexte historique immédiat avec le strict nécessaire sans artifice inutile. Un US Marshal, tenue de route en 1885-90 Contrairement au City Marshal, la mission du US Marshal est de servir de bras armé à la justice des juges fédéraux. En tant qu’agent fédéral, il a autorité sur les frontières qui séparent les Etats et sa juridiction s’étend sur tout le territoire des États-Unis. Il est donc souvent amené à parcourir les Plaines et les territoires indiens et autres No Man’s Land dans lesquels se réfugient les bandits recherchés. Là aussi, au vu de certains clichés, notamment du Marshal fédéral Heck Thomas, cette tenue est adaptée au territoire indien qui couvre le Kansas à l’Oklahoma entre les années 1885- 90. Notre US Marshal a opté pour une chemise M1873 de la cavalerie sur laquelle il a cousu des boutons de porcelaine, moins solide que ceux en métal de l’armée mais qui résistent mieux aux intempéries. Une pratique répandue qui se retrouve chez les Texas Rangers à la même époque. Un solide pantalon civil renforcé, des bretelles d’importation anglaise, des bottes d’officier, des fontes civiles inspirées de celles de la cavalerie, un slouch hat adapté au vent sont principalement visibles. Un manteau de pluie délavé civil commence à faire son apparition. Il n’est pas sans rappeler le Mounted raincoat de l’armée au début de 1900. Question armement, le Shotgun à canons sciés mais aussi la carabine Sharps ou Winchester 1873 est encore de mise dans les fontes. Tout comme notre City Marshal, notre US Marshal est muni d’un couteau de la nation Osage, de deux Colt 1873 Single Action à canon de 5 ½ pouces calibre.44-40, l’un dans l’étui, l’autre à la ceinture pour une prompte utilisation. Le colt conversion Thuer New model Police est un plus. Ce dernier voit souvent son barillet enveloppé dans du papier huilé et suspendu de façon à rester à l’abri sous la veste tout en étant facilement accessible. Il suffit de déchirer le papier d’un geste. À noter que les refouloirs sont tous retirés car jugés inutiles.
Un US Marshal, tenue de service en 1885 Sa tenue de service comprend chemise blanche type officier, redingote simple boutonnage avec des boutons aux armes fédérales, slouch hat à bords plats, plus commode pour la vision directe. À ce sujet, les études approfondies des daguerréotypes des State et City Marshals Joe Mason (Dodge City, Kansas), T. Thompson (Okhlahoma) etL.C. Hartman (adjoint à Dodge City), tendent à prouver que beaucoup d’entre eux arboraient sur leur tenue des boutons soit de l’Union pour le US Marshal, soit de l’État selon le district dont dépend sa juridiction pour le State/Territory Marshal. Ce qui constitue une caractéristique peu connue. Un beau pantalon d’importation française complète l’allure. Le noir est un code vestimentaire de mise car c’était une couleur chère et signifiait une ascension sociale bien particulière qui identifiait l’homme de loi au premier coup d’œil. Un City Marshal en 1885 Fonction oblige, il porte un habit de ville, chemise de confection, gilet aux boutons de nacre sertis de laiton, redingote double boutonnage. Slouch Hat et bottes de l’armée solides achèvent l’ensemble. Sa canne est aussi bien un objet de distinction sociale qu’une arme de poing évidente. Comme c’est souvent le cas sur les clichés, il porte son Colt 73 S.A.A. canon de 5 ½ dans la ceinture de pantalon et un Colt Navy 1861 à percussion à l’abri dans son étui. D’après les témoignages et les documents à disposition, cette pratique permettait d’avoir en vue une arme de poing « very effective » et de faire « tonner » la poudre noire pour effrayer les plus récalcitrants au maintien de l’ordre en ville. En théorie, sans faire de victimes… Comme tous les sites historiques US, Fort Smith est l’objet d’une animation touristique, avec des personnages très réussis, dont un sosie du « Hanging Judge » Isaac Parker. On notera le fameux fourgon cellulaire itinérant (rendu célèbre par le cinéma, comme dans « Pendez-les haut et court » avec Clint Eastwood, 1968) et à gauche à l’arrière-plan, la potence reconstruite à l’endroit précis où elle était érigée. Un écriteau y indique « Merci de ne pas escalader la potence, respectez-là comme instrument de justice ». En vignette, le véritable juge, photo prise un an avant sa mort en 1895. Pour visiter Historic Fort Smith avec le National Park Service : http://www.nps.gov/fosm LA SELLERIE DU THYMERAIS La référence française des étuis d’armes La Sellerie du thymerais 18 rue du Docteur Taugourdeau (ancienne route de Nogent-le-Roi) 28170 Chateauneuf en thymerais www.selleriegb-28.com. ventes@sellerie-gb.fr - tel. : 02 37 43 65 83 AMERICAN LEGEND ★ 39



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