American Legend n°1 mar/avr/mai 2014
American Legend n°1 mar/avr/mai 2014
  • Prix facial : 7,80 €

  • Parution : n°1 de mar/avr/mai 2014

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Histoire Militaire Éditions

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 96,5 Mo

  • Dans ce numéro : la grande Histoire de l'Ouest.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Grands classiques du cinéma L’HISTOIRE D’UNE RÉPLIQUE D’ANTHOLOGIE OU QUAND L’ERREUR PREND LE PAS SUR LA RÉALITÉ Un grand classique du roman noir L’histoire et l’évolution de cette réplique d’anthologie trouve sa source en 1927 avec la publication du célèbre roman « The Treasure of the Sierra Madre », une sombre épopée qui mêle avidité, traîtrise et folie, écrit par un auteur assez mystérieux et connu pour ses idées anarchistes B. Traven (vers 1890-1969). Les principaux personnages de l’histoire sont trois prospecteurs Américains à la recherche d’un filon d’or dans les montagnes sauvages de la Sierra Madre, au Mexique : FredC. Dobbs, Bob Curtin et un vieux bonhomme du nom de Howard. Dans une des scènes du roman, rendue un peu plus tard célèbre par le film tiré de cette même histoire, les prospecteurs tombent nez à nez avec un groupe de Mexicains à l’allure patibulaire et lourdement armés, qu’ils soupçonnent d’être des bandits. En fait, ces Mexicains sont évidemment des bandits, et la rencontre fortuite se termine en fusillade. Mais juste avant que les premiers coups de feu n’éclatent, le chef des bandits tente de faire croire aux prospecteurs qu’ils sont des « Federales » - la « police montée » locale. Sceptique, Dobbs lui lance alors sa réplique d’anthologie : « If you are the police, where are your badges ? » (si vous êtes de la police, où sont vos badges ?) Dans le roman de Traven, le chef des bandits répond avec colère (et de façon particulièrement pittoresque) : « Badges, to god-damned hell with badges ! We have no badges. In fact, we don’t need badges. I don’t have to show you any stinking badges, you god-damned cabron and ching’tu madre ! » (Badges, que dieu me damne en enfer avec des badges. Nous n’avons pas de badges. En fait, nous n’avons pas besoin de badges. Je n’ai pas à te montrer un badge quelconque qui pue, damné con…d et en…. de ta mère !) La version cinématographique La réponse du chef des bandidos dans le film de 1948, qui est l’adaptation hollywoodienne Texte et photos : Philippe Couvreur « We don’t need no stinking badges ! » est une célèbre phrase liée à l’univers du cinéma. Bien que la réplique soit en fait erronée, elle est pourtant aujourd’hui passée dans l’imaginaire collectif, et même le langage courant, de bon nombre d’Américains. À tel point qu’elle est à l’origine d’innombrables variations sur le thème de toute chose « stinkin’ » (littéralement : « puante ») dont on n’a que faire. par John Huston du Trésor de la Sierra Madre, est légèrement différente. La principale différence, c’est d’abord - puritanisme anglo-saxon et censure oblige - qu’elle est expurgée des noms d’oiseaux de la version romanesque - ceux en anglais comme ceux en espagnol. Le célèbre film est sorti aux États-Unis le 7 janvier 1948. Certaines sources cinémato-graphiques indiquent le 6, mais peut-être s’agissait-il alors d’une première locale, ou peut-être est-ce tout simplement une erreur… Dans le film, Fred Dobbs est interprêté par Humphrey Bogart, qui pose la même question que dans le roman à l’instant critique : « If you are the police, where are your badges ? » Le chef des bandits, qui répond dans le script au nom de « Gold Hat » (chapeau doré) et qui est joué par l’acteur mexicain Alfonso Bedoya, répond alors sarcastiquement la version suivante (mot à mot) : « Badges ? We ain’t got no badges ! We don’t need no badges ! I don’t have to show you any stinking badges ! » (Badges ? On n’en a pas, de badges ! On n’en a pas besoin, de badges ! je n’ai pas à te montrer aucun badge qui pue !). Le Trésor de la Sierra Madre est aujourd’hui un immense classique du cinéma et certainement un des films les plus populaires et les plus connus dans l’univers des cinéphiles. Dès lors, il n’est de ce fait pas surprenant et il n’en fallait pas plus pour que la fameuse réplique de Bedoya « no badges » ne donne rapidement lieu à des séquelles sous forme de parodies humoristiques. Blazing Saddles (1974) assied définitivement la popularité de la réplique. La première parodie de 1967 dans un feuilleton TV des Monkees « A Nice place to Visit ». La parodie prend le pas Ce qui n’est par contre pas courant, c’est que l’une des nombreuses versions parodiques soit devenue avec le temps beaucoup mieux connue que la phrase exacte du film original. En fait, beaucoup de gens commettent l’erreur de penser que la réplique qu’ils connaissent est directement tirée du film de 1948. Cette version la plus connue est bien sûr : « Badges ? We don’t need no stinking badges ! ». 78 ★ AMERICAN LEGEND
Si vous êtes un fan de Mel Brooks, vous savez lors forcément que cette fameuse réplique se retrouve dans son film « Blazing Saddles » (titré en français « Le Sheriff est en prison », sorti sur les écrans le 7 février 1974. Ce que vous ignorez par contre très vraisemblablement, c’est que ces mêmes mots furent pronocés pour la première fois par l’acteur comique américain de television Mickey Dolenz en 1967, dans une série comique intitulée « The Monkees ». Mickey les prononce dans l’épisode intitulé « It’s A Nice Place To Visit » (le 1er épisode de la saison 2), diffusé pour la première fois à la télévision le 11 septembre 1967. Dans cet épisode, Mickey et deux de ses copains de la bande des Monkees, Peter Tork et Michael Nesmith, sont habillés comme des bandits mexicains pour sauver leur chanteur Davy Jones des griffes d’un véritable bandit mexicain qui l’a fait prisonnier. Avant de partir pour sauver Davy, Nesmith dit : « Attends une minute, est-ce que tu ne penses pas qu’il faudrait prendre quelque chose avec nous, comme une carte de club ou une sorte de badge ? ». Dolenz répond avec un fort accent mexicain (à peu près à la 9 e minute) : « Badges ? We don’t need no stinking badges ! ». Nul ne sait si Mel Brooks était un fan des Monkees, mais sept années plus tard il allait définitivement rendre ces quelques immortels et les plaçant dans le script de Blazing Saddles. Dans la scène désormais passée à la postérité de ce film, le procureur général de l’Etat corrompu Hedley Lamarr, interprêté par Harvey Korman, donne un badge de sheriff adjoint à un de ses hommes de main, un bandit mexicain bandit joué par Rick Garcia. Korman dit alors à Garcia : « Soyez prêts à attaquer Rock Ridge à midi demain. Voilà votre badge. » Garcia jette le badge sur le sol avec dédain et répond avec un accent espagnol à couper au couteau : « Badges ? We don’t need no stinking badges ! ». Peu de gens savent qu’en réalité ce sont ces mêmes mots qui ont été utilisés auparavant dans l’épisode tourné par les Monkees. Mais en raison de l’immense popularité de Blazing Saddles, c’est finalement cette version déformée qui est restée comme la réplique de film de référence, et qui est depuis à l’origine d’innombrables versions satiriques basées sur la formule « We don’t need no stinking … » suivi du terme que l’on compte ridiculiser. Mexicain tantôt souriant ou menaçant (souvent les deux), au gré des scenarii hollywoodiens, Alfonso Bedoya apparaît dans une quinzaine de films américains. Nul n’a oublié le chef des brigands du film de John Huston « The Treasure of the Sierra Madre », archétype de l’affreux bandido. A lui seul, ce rôle lui assura la postérité. Je désire recevoir gratuitement un exemplaire du catalogue n°24 de La Librairie du Collectionneur Nom :. Prénom :.. Profession : Adresse :.. Code Postal :... Ville :. Retourner à : Librairie du Collectionneur 43 bis, rue Cronstadt 75 015 Paris



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