Aktis n°27 sep/oct/nov 2017
Aktis n°27 sep/oct/nov 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°27 de sep/oct/nov 2017

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire

  • Format : (150 x 210) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 3,7 Mo

  • Dans ce numéro : modéliser le transfert du tritium dans l'environnement pour évaluer son impact.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 4 - 5  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
4 5
4 Aktis n°27 – automne 2017 traitement d’ischémie cardiaque mais se devait de présenter les propriétés rhéologiques nécessaires pour être injectable facilement à l’aide d’un coloscope. Dans un deuxième temps, ont été évaluées in vitro la viabilité des Ad-CSM incorporées à cette matrice ainsi que leur capacité à sécréter des molécules actives  : la concentration optimale de l’hydrogel a été déterminée. Après 21 jours, 95% des Ad-CSM sont encore viables, avec des fonctions sécrétrices complètes. Enfin, les chercheurs de l’IRSN ont réalisé des expérimentations in vivo sur des rats afin de valider le protocole de traitement le plus efficace avec cet ensemble Ad-CSMbiomatériau. Trois séries de rats ont été exposées à une dose de rayonnements ionisants créant des lésions coliques radio-induites comparables à celles des patients visés par ce futur protocole thérapeutique. Ils ont ensuite reçu soit des Ad- CSM seules par intraveineuse systémique, soit des Ad-CSM seules par voie locale, soit des Ad- CSM avec hydrogel par voie locale. Une semaine après l’administration du traitement, l’analyse comparative montre que la structure de l’épithélium a bénéficié des effets du duo Ad-CSM-hydrogel  : baisse significative des lésions de la muqueuse colique et augmentation notable du processus de régénération des cryptes qui composent l’épithélium. Même constat concernant la fonction épithéliale  : à l’inverse des Ad-CSM injectées par intraveineuse, le biomatériau injecté localement a réduit significativement l’hyperperméabilité du colon ainsi que la réaction inflammatoire inhérente au traitement des lésions radio-induites. Cela est d’autant plus vrai que les Ad-CSM combinées à l’hydrogel atténuent également l’infiltration des macrophages GLO près de la zone où les cellules ont été injectées, alors que ceux-ci sont connus pour alimenter l’inflammation. Ces résultats précliniques montrent que la combinaison Ad-CSM-hydrogel développée par l’IRSN et l’Université de Nantes présentent de nombreux bénéfices  : efficacité de traitement, facilité d’administration, etc. Des études complémentaires au programme ANTHOS sont actuellement en cours, sur le bénéfice apporté par l’ajout d’une molécule  : le RGTA (ReGenerating Agents) aux Ad-CSM. L’IRSN continue par ailleurs de mener des études sur l’innocuité du traitement par thérapie cellulaire, qu’il soit associé ou non à des biomatériaux, dans l’objectif d’une application clinique à moyen terme. AVANCÉES DE LA RECHERCHE 1R+hydroze1 1.5% IR+MSC 1M loc IR+MSC 1M4-hydrogel 1.5% Les macrophages s’infiltrent près des Ad-CSM injectées. En bleu, les marqueurs CD68 spécifiques aux macrophages, sept jours après l’injection des Ad-CSM. Moins de macrophages s’infiltrent lors d’une injection d’Ad-CSM dans la matrice hydrogel (photo du bas), cela signifiant que l’inflammation est réduite et que la réponse immunitaire n’est pas trop forte. IRSN
Contamination Exposition chronique À L’URANIUM et FONCTIONNEMENT du cerveau L’un des axes de recherche de l’IRSN est de mieux connaître les effets sur la santé de l’exposition à des substances radioactives. Pour l’uranium naturel, de nouveaux travaux ont été menés pour investiguer les conséquences d’une exposition chronique sur le fonctionnement du cerveau. Constituant naturel de la croûte terrestre, l’uranium peut se trouver dans l’environnement et, corrélativement, dans la chaîne alimentaire et les eaux de boisson. Pour cette chaîne, les concentrations typiques (1) avoisinent le microgramme par litre ou par kilo et ne dépassent qu’exceptionnellement le milligramme par litre ou par kilo. Des travaux menés à l’IRSN ont montré que l’exposition chronique à ce radioélément n’a pas seulement des conséquences – bien connues – sur le rein, mais aussi des effets biologiques sur le cerveau, impliquant des troubles comportementaux (2) chez les rongeurs. Quels mécanismes biologiques peuvent les expliquer ? Des chercheurs de l’IRSN ont exposé des groupes de rats mâles et femelles à l’uranium naturel depuis la naissance et durant 9 mois via le lait maternel et l’eau de boisson, en utilisant des concentrations (3) comprises entre 1,5 et 40 mg/l. Exposer les rongeurs tout au long de leur croissance est d’autant plus Labyrinthe en Y pour évaluer la mémoire spatiale des rats, l’un des tests de comportement mis en œuvre durant cette étude. Ces expérimentations sont mises en œuvre après avis d’un comité d’éthique. Laurent Zylberman/Graphix-Images/IRSN pertinent que le cerveau est plus sensible aux polluants au cours de son développement. À 9 mois, les rats contaminés et les rats témoins ont été soumis à des tests de comportement. Ils ont montré que les comportements émotionnels, de type anxiété et dépression, sont exacerbés chez les animaux contaminés, et que l’uranium induit une diminution de la mémoire à court et moyen termes. Ces altérations sont beaucoup plus prononcées chez les mâles que chez les femelles. En parallèle, les chercheurs ont utilisé la métabolomique GLO, technique qui permet d’identifier un spectre très large de métabolites, dans l’objectif de caractériser, par analyse statistique, des empreintes spécifiques en réponse à cette situation d’exposition. Cette technique a été appliquée à des échantillons de liquide céphalorachidien prélevé chez les rats exposés ou non à l’uranium afin d’identifier les voies métaboliques perturbées par cette exposition. Analyse statistique multivariée Ces analyses ont été réalisées par la plateforme CRIBIOM de l’université d’Aix-Marseille. Une analyse statistique multivariée a été conduite sur les 86 métabolites GLO les plus discriminants observés chez les rats contaminés à l’uranium naturel par rapport aux rats témoins parmi les 1 244 métabolites détectés. Sept métabolites étaient spécifiques des femelles, sept spécifiques des mâles, et quatre métabolites ont été identifiés indépendants du sexe. Parmi ceux-ci figure l’acide butyrique, impliqué dans le processus de mémorisation. L’identification de ces métabolites suggère que l’exposition à l’uranium, aux niveaux investigués, pendant le développement et jusqu’à l’âge adulte peut avoir un impact sur le fonctionnement du cerveau. Cette approche, combinant analyse comportementale et analyse métabolomique, pourrait à terme déboucher sur l’utilisation opérationnelle d’empreintes métabolomiques comme marqueurs d’exposition et d’effet. AVANCÉES DE LA RECHERCHE MM Plate-forme de criblage biologique de l’université d’Aix- Marseille (CRIBIOM) CONTACT Philippe Lestaevel philippe.lestaevel@ irsn.fr Laboratoire de radiotoxicologie et radiobiologie expérimentale - LRTox (1) Fiche radionucléide environnement  : Uranium naturel et environnement, révision 12/2010, Garnier-Laplace & al. (2) Troubles mnésiques, de l’anxiété, de la locomotion ou de type dépressif. (3) Correspondant à des valeurs extrêmes de la gamme de variation rencontrées dans les eaux de source en Europe. PUBLICATION Lestaevel P et al. « Assessment of the Central Effects of Natural Uranium via Behavioural Performances and the Cerebrospinal Fluid Metabolome » Neural Plast. 2016. Aktis n°27 – automne 2017 5



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :