Aktis n°23 jan à aoû 2016
Aktis n°23 jan à aoû 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de jan à aoû 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire

  • Format : (150 x 210) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : la recherche sur les accidents de réacteurs nucléaires.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Laboratoire d’aérologie de Toulouse, partenaires dans le cadre du programme AMORAD CONTACT Sabine Charmasson sabine.charmasson @irsn.fr Laboratoire de recherche sur les transferts des radionucléides dans l’environnement – LRTE (1) Modèle NPZD (nutrientphytoplanktonzooplankton-detritus). (2) Concentrations estimées d’environ 4 ordres de grandeurs supérieures à celles observées avant l’accident. 12 PUBLICATIONS Modélisation numérique du transfert du radiocésium dans les chaînes trophiques pélagiques marines suite à l’accident nucléaire de Fukushima Dai-ichi (Côte Pacifique du Japon), thèse soutenue par Mokrane Belharet le 6 octobre 2015 à Toulouse. Belharet M., EstournelC., Charmasson S., « Ecosystem modelbased approach for modeling the dynamics of 137 Cs transfer to marine plankton populations  : Application to the Western North Pacific Ocean after the Fukushima nuclear power plant accident. » Biogeosciences, vol 12, 2016. Aktis n°23 – janvier-mars 2016 Radioécologie MODÉLISER la contamination des POISSONS Pour prédire l’évolution de la contamination des produits de la mer à moyen ou long terme après un accident nucléaire, ce qui permettra d’éclairer sur une base scientifique la gestion de leur commercialisation, la modélisation est nécessaire. Dans le cadre du programme AMORAD, une thèse a permis de développer celle de la contamination de certains poissons marins. de Fukushima a conduit à un niveau de contamination radiologique jamais atteint en milieu marin posant la question de la contamination des produits la pêche. Des modèles opéra- L’accident tionnels permettent de décider des interdictions de consommation durant la crise ; en revanche, il n’en existe pas d’assez précis pour prédire l’évolution de la contamination dans la faune marine à moyen et long termes, en vue de préparer d’éventuelles mesures de commercialisation. Afin de construire cette modélisation, Mokrane Belharet a mené une thèse co-dirigée par l’IRSN et LA Toulouse sur le transfert du césium dans les organismes marins pélagiques GLO de la côte Est du Japon (phytoplancton, zooplancton, poissons planctonivores, et poissons carnivores). Décrite par ses générations La méthode la plus adaptée s’est avérée de coupler un modèle de l’écosystème composé des cycles du plancton (1) et de la circulation régionale des courants, avec un modèle radioécologique, spécifiquement développé pour étudier la contamination des poissons pélagiques GLO. Chaque espèce y est décrite par ses générations, dont le nombre dépend de sa longévité et de sa fréquence de reproduction. Les organismes sont classés par tailles, auxquelles sont associés un taux d’ingestion de nourriture et un régime alimentaire, paramètres qui évoluent dans le temps avec la taille de l’individu. À partir des données sur la dispersion du césium 137 sur la côte Pacifique du Japon, le modèle a d’abord été appliqué aux populations planctoniques, notamment aux alentours de la centrale (2)  : il aboutit à des niveaux de contamination assez élevés. En dépit de cela, le débit maximal de la dose absorbée GLO reste largement au-dessous de la valeur à partir de laquelle des effets apparaissent sur les populations planctoniques. Cette étude a aussi montré que le zooplancton accumule le césium surtout par la voie alimentaire, et qu’il existe une légère bioamplification GLO avec les classes de tailles croissantes de zooplancton. 40* N 36'4.4 34* M. Mouvements migratoires Les résultats concernant les poissons montrent que les niveaux de contamination calculés pour les différentes espèces sont largement supérieurs à ceux observés avant l’accident, avec une tendance à l’augmentation lorsque la taille de l’individu augmente, sans doute en raison de la bioamplification via une alimentation plus ‘carnivore’. Par ailleurs, il apparaît important de prendre en compte les mouvements migratoires de certaines espèces de poissons dans ce type de modèle. Celui-ci a été validé dans les conditions d’équilibre pré-accidentelles ainsi que dans les conditions post-accidentelles, et les résultats obtenus sont satisfaisants. Il reste à présent à prendre en compte les poissons vivant sur les sédiments qui restent les plus contaminés aujourd’hui. a-11:1Juln 2011 140'N 4 0.01 0.1 10 100 AVANCÉES DE LA RECHERCHE Confrontation entre les concentrations du 137 Cs dans le zooplancton estimées par le modèle SYMPHONIE (fond de la carte) et celles observées sur le terrain et reportées par Buesseler et al.(2012). IRSN/LA Toulouse
Facteurs organisationnels et humains La GESTION de L’ACCIDENT sous l'angle l’angle des FACTEURS ORGANISATIONNELS et HUMAINS Convaincu de l’importance de la compréhension du rôle des facteurs humains et organisationnels pour la maîtrise des risques, l’Institut a créé en 2012 un laboratoire dédié à la recherche en sciences humaines et sociales. À l’évidence, une situation accidentelle pèse sur le comportement de l’ensemble des acteurs. L’accident de Fukushima a donc incité l’IRSN à approfondir sa compréhension des composantes humaines et organisationnelles de la gestion des accidents nucléaires. Quel est le rôle des facteurs organisationnels dans la gestion d’un accident grave qui place l’ensemble des acteurs face à une situation totalement inédite ? Dans le cadre de cette étude, les chercheurs de l’IRSN ont analysé le déroulement de l’accident de Fukushima, lorsque, en l’absence d’alimentation électrique, l’équipe de conduite a dû gérer l’accident, plongée dans Salle de contrôle lors de l’accident. le noir total, sans plus aucun cadre procédural Nuclear and Industrial Safety Agency pour guider ses actions. Jusqu’à quel point les acteurs pouvaient agir et coordonner leurs actions devant une situation aussi inédite et dramatique ? Les chercheurs ont travaillé à partir des rapports officiels, de témoignages, et de précédents travaux de recherche (1). Ils ont analysé la gestion de crise en considérant trois niveaux. Le niveau de l’équipe de conduite  : comment donner du sens aux événements malgré le chaos ? Alors qu’il était impossible de connaître l’état des réacteurs, l’instrumentation étant hors-service, les opérateurs ont dû trouver des solutions pour gérer cette incertitude alors même que leur vie pouvait être en danger. Ils sont ainsi parvenus à mobiliser des valeurs collectives (par exemple en excluant les opérateurs les plus jeunes des missions dangereuses), et ont renforcé l’autorité de la hiérarchie présente. En revanche, ils ont été handicapés par leur manque d’entraînement à la gestion de crise. Soutenir une solution innovante Le deuxième niveau étudié est celui de la centrale  : quelles conditions ont permis de reconnaître et soutenir une solution innovante pour parer à une situation critique ? Le recours aux pompes des camions de pompier pour injecter de l’eau afin de refroidir le cœur du réacteur n°1 est proposé très rapidement par le directeur de la centrale (2). La décision de mise en œuvre de cette solution innovante a été prise seulement après que tous les systèmes de secours prévus se sont révélés inopérants. Une fois la décision prise, une coordination centralisée a facilité sa mise en œuvre, en attribuant des fonctions précises aux acteurs et en constituant une équipe d’intervention dédiée à la prise en charge de tâches mal définies. Le dernier niveau étudié est celui du politique  : quelle a été son implication ? Au fil de l’accident, une centralisation du pouvoir s’affirme, du fait du Premier ministre mais aussi du fait d’une position de retrait de TEPCO, l’exploitant de la centrale, face au poids des responsabilités. Cependant, les tentatives de régulation du gouvernement sont limitées en raison des difficultés de communication avec les représentants de TEPCO et les experts nationaux et de l’isolement croissant qui en résulte. Cette analyse doit permettre d’alimenter la réflexion relative à l’amélioration de la gestion de crise en France. AVANCÉES DE LA RECHERCHE CONTACT Elsa Gisquet elsa.gisquet@irsn.fr Laboratoire de recherche en sciences humaines et sociales - LSHS (1) Travaux de Perrow (1999) sur la centralisationdécentralisation des décisions ; travaux de Weick (1988, 1993, 1995) sur le sense making. (2) Cette proposition repose sur l’expérience qu’il a acquise en juillet 2007 lors de la gestion des effets du séisme de Chu-Etsu- Oki sur la centrale de Kashiwazaki-Kariwa. PUBLICATION Gisquet E. « Interrogations to learnfrom the Fukushima accident » International Conference on Human and Organizational Aspects of Assuring Nuclear Safety – Exploring 30 Years of Safety Culture, AIEA, 26 février 2016. Aktis n°23 – janvier-mars 2016 13



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