Aktis n°21 jui/aoû/sep 2015
Aktis n°21 jui/aoû/sep 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°21 de jui/aoû/sep 2015

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire

  • Format : (150 x 210) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 1,4 Mo

  • Dans ce numéro : Fukushima, localiser le combustible fondu à l'aide de la simulation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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I- IRSN (France), BfS (Allemagne), PHE, Nuvia Limited et AWE (Royaume Uni), SCK-CEN (Belgique), SURO (République tchèque), CREAL (Espagne), Institut Curie (France) CONTACT Dominique Laurier dominique.laurier @irsn.fr Laboratoire d’épidémiologie des rayonnements ionisants – LEPID (1) Concerted Uranium Research in Europe (2) française, anglaise et belge (3) française, allemande et tchèque PUBLICATION Report for an integrated (biology-dosimetryepidemiology) research project on occupational Uranium exposure. DOREMI. Disponible sur www.doremi-noe.net 4 En savoir plus sur le projet CURE 4 Aktis n°21 – juillet-septembre 2015 Épidémiologie Coupler les DISCIPLINES SCIENTIFIQUES pour mieux connaître les effets sanitaires de L’EXPOSITION PROFESSIONNELLE à d l’uranium l'uranium Les connaissances sur les effets d’une exposition chronique à l’uranium butent sur les limites propres à chaque discipline qui s’y intéresse. Le projet CURE (1) propose une démarche scientifique couplant épidémiologie, biologie, toxicologie et dosimétrie pour dépasser ces limites. Mineur d’uranium à Saint-Priest La Prugne – 1957 Archives historiques CEA @ CEA/Pierre Jahan - J123 Les travailleurs dans les installations du cycle du combustible nucléaire sont po ten tiellement exposés à de faibles doses d’uranium, et ce, de manière chronique. La gestion de ce risque repose sur un suivi médical précis et l’application des règles de radioprotection internationales. Cependant, ce risque demeure scientifiquement insuffisamment caractérisé. Des programmes expérimentaux sur le rongeur ont mis en évidence des effets biologiques mais l’implication de ces résultats sur la santé humaine reste à clarifier. Quant aux études épidémiologiques disponibles, elles manquent de puissance statistique et de précision sur la reconstruction des doses dues à la contamination interne par l’uranium. L’action concertée européenne CURE développée dans le cadre du réseau européen DOREMI, visait à élaborer une nouvelle démarche scientifique en combinant les approches de l’épidémiologie, la biologie, la toxicologie, et la dosimétrie pour améliorer la quantification du risque sanitaire lié aux expositions professionnelles à l’uranium. AVANCÉES DE LA RECHERCHE Trois niveaux d’analyse Un nouveau protocole de recherche a été élaboré avec trois niveaux d’analyse. Le premier est la réalisation d’un bilan épidémiologique de mortalité d’une puissance statistique importante qui met en commun trois cohortes (2) de travailleurs du cycle du combustible et trois cohortes (3) de mineurs d’uranium exposés à de faibles niveaux de radon, suivies sur une longue durée. Le projet CURE a démontré que l’analyse combinée de ces cohortes est possible. Le second niveau d’analyse concerne la quantification de la relation entre la dose reçue et le risque de décès par différentes pathologies (relation dose-réponse). Les analyses seront effectuées sur des sous-groupes des cohortes, pour lesquels les informations disponibles permettent de calculer la dose reçue par les organes. Épidémiologie moléculaire Enfin, les partenaires ont montré la faisabilité d’études d’« épidémiologie moléculaire », permettant l’analyse des effets observés en regard de marqueurs biologiques. Le protocole prévoit de sélectionner des groupes issus des cohortes, permettant de collecter des échantillons biologiques afin de constituer une biobanque. Deux types d’analyses sont envisagés  : celle de biomarqueurs spécifiques d’organes connus comme étant des cibles de l’uranium ; et des analyses à large spectre à l’aide de techniques OMICS déjà explorées sur l’animal (voir Aktis n°15). Le protocole prévoit également une méthode harmonisée pour reconstruire les doses individuelles internes et externes reçues annuellement, et une méthode statistique adaptée à chaque niveau d’analyse. Le développement de ce protocole constitue une démarche scientifique pluridisciplinaire novatrice qui pourra être appliquée dans le cadre d’un futur projet Européen.
Les résultats de L’ÉTUDE INWORKS sur les LEUCÉMIES confortent les fondements du système de RADIOPROTECTION INTERNATIONAL Le système international de radioprotection est fondé sur le risque de développer un cancer à la suite d’une exposition aux rayonnements ionisants qui a été estimé à partir des études sur les survivants des bombardements à Hiroshima et Nagasaki. Les résultats de l’étude INWORKS confortent ce fondement pour ce qui est du risque de leucémie. Le système actuel de radioprotection des travailleurs est fondé sur une extrapolation des connaissances des risques radio-induits, qui sont issues du suivi épidémiologique des survivants des bombardements à Hiroshima et Nagasaki. La validation de cette extrapolation pour des expositions chroniques à de faibles doses de rayonnements (cas des travailleurs) était à ce jour limitée par les effectifs et les durées de suivi trop courtes des études épidémiologiques réalisées jusqu’ici. Le projet international INWORKS (International Nuclear Workers Study) a été élaboré pour mieux caractériser la relation entre une exposition prolongée à de faibles doses de rayonnements ionisants et la mortalité par cancers ou par maladies non cancéreuses. 308 297 travailleurs Il s’agit de la première étude épidémiologique de cette puissance GLO. Elle a été réalisée sur une cohorte de 308 297 hommes et femmes ayant travaillé dans l’industrie nucléaire à partir des années quarante, surveillés pour une exposition externe aux rayonnements et suivis en moyenne sur 27 ans. La cohorte est constituée des trois cohortes de travailleurs les plus riches en informations (1). Pour pouvoir réaliser ce rapprochement de cohortes et l’analyse conjointe des données, un protocole commun a été adopté en standardisant les critères d’inclusion des travailleurs et en vérifiant l’homogénéité et la qualité des données ; une méthode commune pour reconstituer les doses individuelles reçues aux organes a été appliquée. Les premiers résultats publiés indiquent 531 décès par leucémie (hors leucémie lymphoïde chronique - LLC) dans la cohorte. Ils montrent que le risque de décès par leucémie (hors LLC) est multiplié par un facteur 4 pour une augmentation de la dose reçue à la moelle osseuse de 1000 mGy, sachant que la dose moyenne à la moelle osseuse cumulée par ces travailleurs est de 16 mGy. Cette relation reste statistiquement significative pour les travailleurs ayant reçu une dose à la moelle osseuse en dessous de 300 mGy, qui représentent 99% des individus inclus dans l’étude. En dessous de 100 mSv (94% des individus inclus dans l’étude), la pente de la relation dose-risque est très similaire Risque relatif 4.0 3.5 3.0 2.5 2.0 1.5 1.0 0.5 0 Ensemble des doses < 300 mGy < 100 mGy 100 200 300 400 Dose à la moelle (mGy) mais elle n’est plus statistiquement significative, soulignant ainsi la persistance des incertitudes sur les effets d’expositions à de très faibles niveaux de dose. Relation dose-mortalité INWORKS montre qu’il existe bien une corrélation entre la dose reçue à la moelle osseuse et la mortalité par leucémie pour des adultes exposés à de faibles doses répétées de rayonnements ionisants. Cette relation est de plus similaire à la relation doseréponse estimée pour les hommes exposés entre 20 et 60 ans aux bombardements japonais (87% de la cohorte INWORKS sont des hommes). Ces premiers résultats confortent l’une des bases du système de radioprotection actuel  : l’hypothèse d’une persistance d’un risque radio-induit aux faibles doses répétées délivrées à faibles débits de dose. 500 le CONTACT Klervi Leuraud klervi.leuraud@irsn.fr Laboratoire d’épidémiologie des rayonnements ionisants - LEPID Risque relatif de décès par leucémie (hors leucémie lymphoïde chronique) en fonction de la dose cumulée à la moelle osseuse (délai de latence de deux ans), pour des intervalles de doses restreints (représentés avec des intervalles de confiance à 90%). INWORKS, 1943–2005. IRSN (1) La française (travailleurs d’Areva, du CEA et d’EDF), l’anglaise (National Registry of Radiation Workers - NRRW) et l’américaine (travailleurs des Departments of Energy and Defense). PUBLICATIONS Leuraud K. et al. « Ionizing Radiation and Leukaemia and Lymphoma  : Findings from an international cohort study of radiationmonitored workers (INWORKS) », the Lancet Haematology, publiée en ligne le 21 juin 2015. Aktis n°21 – juillet-septembre 2015 5



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