Aktis n°18 oct/nov/déc 2014
Aktis n°18 oct/nov/déc 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°18 de oct/nov/déc 2014

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire

  • Format : (150 x 210) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 989 Ko

  • Dans ce numéro : de nouvelles voies de traitement pour les brûlures radiologiques.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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(1) Notamment  : étude européenne publiée en 2005 ; synthèse du comité scientifique des Nations unies sur les effets des rayonnements ionisants (UNscear) en 2006 ; étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2009 ; Publication 115 de la Commission internationale de protection radiologique (CIPR) de 2010. (2) Le projet Geocap étudie le rôle de différentes sources d’expositions environnementales géolocalisées (trafic routier, benzène, lignes à haute tension, PCBs, dioxines, radon, etc.) sur des cancers pédiatriques. (3) Le projet Elfe suit une cohorte de 20 000 enfants nés en France en 2011 jusqu’à 20 ans pour comprendre comment l’environnement affecte leur développement, leur santé et leur socialisation. PUBLICATIONS Laurier D. « Progressin understanding radon risk. » Radiation Protection ; 2013 ; 168 ; 65-89. DemouryC., Ielsch G. et al. « A statistical evaluation of the influence of housing characteristics and geogenic radon potential on indoor radon concentrations in France. » Journal of Environmental Radioactivity 126 (2013) 216-225.'9 En savoir plus sur l’évaluation réalisée à Bessinessur-Gartempe 4 Aktis n°18 – octobre-décembre 2014 statistique de ces données a montré qu’un modèle prenant en compte le potentiel géogénique, en plus des caractéristiques de l’habitat et du mode de vie des habitants, permet de mieux expliquer la variabilité de la concentration en radon. Les résultats obtenus par ce modèle sont comparables à ceux obtenus en Suisse ou en Angleterre. Le potentiel radon géogénique s’avère être le paramètre prédominant  : il influe directement sur la concentration moyenne en radon, à l’échelle locale, ainsi que sur la probabilité de dépasser certains seuils de concentration (par exemple 100 Bq.m -3, seuil recommandé par l’OMS, ou 400 Bq.m -3, niveau d’action fixé par la réglementation française pour les lieux ouverts au public). L’ensemble des paramètres d’habitat expliquent, quant à eux, environ 8% de la variabilité. L’influence respective de chacun a été évaluée  : les matériaux de construction, la nature du sol, le type de fondation, de bâtiment et l’année de construction importeraient bien plus que les habitudes de vie (fréquence d’aération, ventilation). Cette conclusion est à nuancer car elle n’est basée que sur les seules données qualitatives recueillies. Les résultats permettent de mieux estimer statistiquement l’exposition au radon dans une région donnée, notamment quand peu de mesures sont disponibles, et de définir les zones où la concentration en radon est susceptible d’être élevée. L’IRSN poursuit ses recherches en étudiant l’influence de facteurs géologiques spécifiques tels que les cavités souterraines, en développant des modèles géostatistiques, ou en modélisant le transport du radon dans les sols et l’habitat. Estimer les risques sanitaires Le radon ayant été classé cancérigène pulmonaire en 1988 par le Centre international de recherches sur le cancer (Circ), l’IRSN a réalisé des études épidémiologiques, parallèlement aux mesures sur le terrain, pour évaluer son effet sur la santé, notam ment pour les mineurs d’uranium qui constituent la population la plus exposée. À partir de la fin des années 1990, le cas des faibles concentrations que l’on trouve en particulier dans l’habitat a été analysé (1). Dans ce but, un projet européen, qui a impliqué neuf pays avec un protocole unique et dont l’IRSN a mené l’étude française, a conclu que l’exposition au radon peut, dans l’habitat aussi, entraîner un cancer des poumons. L’étude européenne révèle ainsi qu’une exposition pendant 25 ans augmente de 16% le risque par tranche de concentration de radon de 100 Bq.m -3. Toutefois, des incertitudes importantes subsistent quant à l’impact sanitaire de très faibles concentrations (<200 Bq.m -3) , en raison des lacunes des connaissances scientifiques dans le domaine plus large des effets des faibles doses de rayonnements ionisants. Selon le modèle utilisé, entre 3 et 12% des décès par cancer du poumon pourraient être attribués à l’exposition au radon dans l’habitat. On estime que 27% de ces cas attribuables au radon sont associés à des habitats présentant une concentration de plus de 200 Bq.m -3. Le radon est le deuxième cancérigène après le tabac. La Commission internationale de protection radiologique (CIPR) publiera sous peu des recommandations, auxquelles l’IRSN a contribué, sur la gestion du risque lié à l’exposition au radon dans l’habitat. Parallèlement, une directive européenne (2013/59/Euratom du 5 décembre 2013 sur les normes de base en radioprotection) doit être transposée en droit français pour mettre en place des dispositions de protection dans l’habitat en France à partir d’un certain niveau d’exposition que la directive fixe. L’IRSN a, par ailleurs, récemment utilisé ce modèle de risque (développé dans le cadre de l’étude épidémiologique européenne) dans le cas exceptionnel d’une maison à Bessines-sur- Gartempe (87). Construite sur des remblais contenant des résidus miniers d’uranium, cette dernière présentait des concentrations de radon comprises entre 8 500 à 18 700 Bq.m -3. Le modèle a permis d’évaluer le risque de cancer du poumon pour les personnes qui y avaient séjourné. Les données d’exposition (mesurées ou sous la forme de cartes de potentiel) ainsi que les analyses épidémiologiques et sanitaires évoquées précédemment sont désormais exploitées conjointement dans plusieurs projets. Le projet Geocap (2) mené avec l’Insermdoit évaluer l’impact de l’exposition au radon sur d’autres pathologies que le cancer du poumon comme les leucémies infantiles. L’IRSN participe par ailleurs à l’ambitieux projet Elfe (3) qui suit sur 20 ans une large cohorte d’enfants ; l’Institut évaluera les risques inhérents à l’exposition au radon en fonction de leur lieu d’habitation.
Irradiation, thérapie FOCUS De nouvelles voies de TRAITEMENT pour les brûlures RADIOLOGIQUES ? La thérapie cellulaire a depuis dix ans révolutionné le traitement des brûlures de la peau occasionnées par une surexposition localisée aux rayonnements ionisants. Une collaboration très étroite entre les équipes de l’IRSN et celles de l’hôpital Percy (Clamart, Hauts-de-Seine) a, en effet, démontré l’efficacité de l’injection de cellules stromales mésenchymateuses (CSM) sur une dizaine de patients, en complément de la chirurgie. Cependant, l’utilisation des CSM comporte des limites, notamment pour l’accès au prélèvement et la durée de la mise en culture des cellules. Les chercheurs de l’IRSN continuent à explorer la possibilité d’utiliser d’autres types de cellules souches. Plusieurs pistes sont prometteuses pour le cas d’accident radiologique ou dans celui de complications des radiothérapies. Une personne exposée accidentellement à de très fortes doses de rayonnements ionisants (20-25 Grays) développe de très graves lésions sur la peau. Il y a encore quelques années, leur cicatrisation était un défi majeur. Les rayonnements ionisants produisent des effets à la fois aigus et retardés touchant la peau et les tissus sous-cutanés pouvant conduire à la nécrose. De plus, ces lésions sont accompagnées de douleurs intenses. Les traitements classiquement utilisés pour des brûlures thermiques (exérèse GLO et chirurgie reconstructrice) sont insuffisants pour circonscrire leur évolution (1). Une autre voie devait donc être recherchée. Les CSM, des propriétés immunomodulatrices À la fin des années 1990, les chercheurs de l’IRSN ont exploré les possibilités des cellules stromales mésenchymateuses (CSM) extraites de la moelle osseuse pour traiter les lésions cutanées radioinduites. En effet, ces cellules (2) ont des propriétés immunomodulatrices GLO et avaient déjà montré un bénéfice en médecine régénérative, elles sont faciles à isoler et à mettre en culture. Les chercheurs de l’IRSN ont démontré par des études expérimentales réalisées chez la souris et le porc que l’injection de CSM dans les lésions radio- induites favorise la régénération des tissus irradiés. En 2005, un premier patient, victime au Chili d’un accident d’irradiation localisée, a été traité par injections de CSM autologues GLO en complément de l’exérèse des zones lésées. Cette exérèse s’est appuyée sur une cartographie des doses reçues en surface et en profondeur réalisée par l’IRSN à partir du scénario de l’accident ; il était important d’enlever les tissus ayant reçu plus de 20-25 Gy, doses à partir desquelles les tissus vont nécroser. Le protocole d’injection et l’exérèse, réalisés grâce à la collaboration des équipes de l’IRSN et de celles de l’hôpital Percy (Clamart, Hautsde-Seine), ont conduit à un succès qui a été une première mondiale  : les douleurs ont été fortement réduites, les lésions ont cessé de s’étendre et ont cicatrisé ; le suivi médical à long terme de ce Traitement par cellules issues de la moelle osseuse. Activation endothéliale du réseau vasculaire de la peau durant le processus de cicatrisation, 60 jours après une irradiation à 20 Gy. Image de gauche, témoin non irradié ; image centrale, la peau irradiée et traitée par une injection de cellules de moelle osseuse montre une augmentation du flux sanguin ; image de droite, la peau irradiée n’a pas été traitée et montre des problèmes de perméabilité et de dilatation vasculaire. Voir aussi la vidéo via le QR code ci-contre. IRSN/V. Holler u- Institut des vaisseaux et du sang, Inserm, Hôpital d’instruction des armées Percy, Centre de transfusion sanguine des armées (CTSA) CONTACT Radia Tamarat radia.tamarat@irsn.fr Laboratoire de recherche en régénération des tissus sains irradiés (LR2I) de l’IRSN (1) Lorsque ce traitement est appliqué à une lésion radio-induite, celle-ci peut être difficile à stabiliser  : d’une part, parce que la limite entre les tissus sains et les tissus irradiés qui vont nécroser n’apparaît pas clairement ; d’autre part, parce que l’intervention chirurgicale elle-même stimule les poussées inflammatoires, renforçant le processus de fibrose et de nécrose, ce qui nécessite de nouvelles interventions chirurgicales. (2) Le rôle des cellules stromales mésenchymateuses dans la moelle osseuse est de maintenir des niches de cellules souches hématopoïétiques GLO. 9'Vidéos  : adhésion des lymphocytes sur la paroi des cellules endothéliales Aktis n°18 – octobre-décembre 2014 5



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