Air Tahiti Magazine n°92 oct/nov/déc 2016
Air Tahiti Magazine n°92 oct/nov/déc 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°92 de oct/nov/déc 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Tahiti Communication

  • Format : (197 x 260) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 6,5 Mo

  • Dans ce numéro : Hiva Oa... l'âme des Marquises.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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56 la marche rituelle sur des Pierres Brûlantes,umu ti, est encore en usage auJourd’hui/a ritual walk oVer The BurNiNg sToNes oF anumu ti, a tradition that CoNTiNues TodAy. stePhane mailion stePhane mailion Cette tradition s’est perpétuée, malgré une période au cours de laquelle, au XIX e siècle, les missionnaires chrétiens ont introduit et imposé des tenues européennes. Traditionnellement, il ne s’agissait pas seulement d’une mode. Comme les tatouages, ces costumes étaient des marques d’appartenance à certaines strates de la société. L’auteure Teuira Henry dans son ouvrage de la in du XIX e siècle, Tahiti aux temps anciens, rapporte qu’à Tahiti « les longues feuilles brillantes, d’un beau vert ou d’un jaune éclatant, étaient portés par les orateurs, les guerriers et les sorciers dans l’exercice de leurs fonctions ». Une plante magique L’on trouvait en abondance des buissons de tī dans l’enceinte des marae, au voisinage des sépultures et de la plupart des endroits tapu (tabous). Ce n’était pas un hasard. Les Polynésiens considéraient cette plante comme magique. Sa variété utī était retenue pour plusieurs usages dans les cérémonies religieuses et les chefs ainsi que les prêtres l’utilisaient dans la décoration de leurs habitations. Les voyages, d’île en île à bord des pirogues doubles traditionnelles, ne s’efectuaient pas non plus sans en emporter de pieds ain de les transplanter. La plante participait ainsi à la relation symbolique importante qui a toujours uni pirogues et marae dans la culture polynésienne. Elle était aussi présente en cas de conlits belliqueux entre clans. Les rautī, orateurs de guerre choisis pour leur éloquence et leur mépris du danger, gesticulaient durant la bataille ain de stimuler leurs compagnons et d’impressionner leurs adversaires. Ils ne portaient comme seul vêtement qu’une ceinture de larges feuilles (tiutī) sensées les rendre invulnérables. En revanche, un parlementaire tenant à la main un bouquet de cordyline pouvait proposer un armistice. C’est surtout dans la cérémonie duumu tī, qu’elle prenait toute sa valeur, la plante étant alors utilisée pour sa racine et ses feuilles. Umu ti, la marche sur le feu Les cérémonies de marche sur le feu sont connues dans plusieurs régions du monde. Elles font partie intégrante de rituels magiques et religieux dans de nombreuses cultures. En Polynésie, elles avaient aussi une fonction et un intérêt bien particuliers en liaison avec la cuisson, dans un four traditionnel, de racines de’autī (Cordyline fructicosa). Outre des fonctions spirituelles de puriication, il s’agissait pour la population de se prémunir à l’occasion de la rentrée dans la saison sèche (fêtes de Matari’i i raro, autour du 20 avril) qui s’étire de mai à novembre, période durant laquelle la nourriture est moins abondante. Cuites de cette manière (four tahitien), les tubercules de tī pouvaient être conservées pendant de longs mois, permettant à la population de faire face à la disette.
g.Boissy Decoration and clothing the ti-plant’s foliage covers well, and is used to decorate craft stands, or at the many diferent fairs that promote local products. garlands were and stillare made using the leaves. the leaves are split along the length of their secondary veins, to make a fringe of thin strips joined to the middle vein, that can be attached in various diferent ways. these prepared leaves are then used to make attractive headdresses or « skirts » that accentuate the waists’of male and female dancers, and can be admired during traditional dance shows. these costumes continue to be worn today, despite the best eforts of christian missionaries, who tried to suppress the tradition, introducing and imposing european dress, during the 19 th century. these costumes were much more than simple fashion statements. like tattoos, they denoted social status, and so were a dress worn only by certain members of the complex and hierarchical society. Teuira Henry, in her book, ancient tahiti, which dates from the late 19th century, reports that in tahiti « the long brilliant leaves, in an attractive shade of green or bright yellow, were worn by orators, warriors and sorcerers, whilst performing their duties ». A magical plant ti bushes are found in abundance within marae compounds, bordering burial grounds and on many tapu (sacred) sites. this is not a coincidence. Polynesians believed that the plants were magical. the utī variety, in particular, was used in many religious ceremonies, and both high priests and chiefs used the plants to decorate their dwellings, to denote their status. traditional double-hulled canoe voyages, between islands, would never be undertaken without several ti-plants NATURE irst being taken aboard, for plantingupon arrival at the destination. the plant thus provided an important symbolic link for Polynesian cultures, between their voyaging canoes and their marae. it also played a role during violent quarrels between tribes. the rautī, in this case, was also the termfor a war orator, chosen for his eloquence and fearlessness. his task was to standupon the battleield, using only words and gesticulations, to strike fear into the hearts of his enemy and whip his own warriors into a battle frenzy. the only item of clothing he was permitted to wear was a belt of large tileaves (tiutī), which supposedly had the ability to render him invincible. alternatively, a bunch of ti-leaves profered by a messenger was the sign of a truce. however, it was not on the battleield that the plant played its most signiicant role, but rather during theumu tī ceremony, where the roots and leaves both play a key part in the ancient rite. Umu ti, fire walking fire walking ceremonies are known from several parts of the world. they are an integral part of magical or religious rituals in a number of diferent cultures. in Polynesia, the ceremony had a very speciic function and signiicance, directly linked to the preparation of ti-root or ‘autī (Cordyline fructicosa) in the traditional oven. Besides spiritual puriication, the ceremony heralded the beginning of the dry season in tahiti, (a festival known as the matari’i i raro, marking the setting of the Pleaides constellation in the southern hemisphere sky, which happens around april 20 th), lasting from may to november. the season was a period when certain fruits and food was less abundant. the root tubers of the ti-plant, once slow-cooked in the tahitian oven, could be preserved for many months, and was an important food resource during such times of scarcity. 57



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