Air Tahiti Magazine n°104 oct/nov/déc 2019
Air Tahiti Magazine n°104 oct/nov/déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°104 de oct/nov/déc 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Tahiti Communication

  • Format : (197 x 260) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 53,0 Mo

  • Dans ce numéro : Raiatea, une île originale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Collier de chefferie de Rurutu Chief’s necklace from Rurutu Les Anglais ayant été les premiers à engager d’importantes missions en Océanie et notamment en Polynésie (Cook fit trois voyages assez longs à Tahiti), ils y collectèrent rapidement les pièces autochtones les plus précieuses, rares et anciennes, que l’on retrouva par la suite au British Museum mais également dans nombre de collections privées. Cet exemplaire, collecté aux îles Australes pour le compte de la London Missionary Society par le missionnaire protestant George Bennet entre 1821 et 1824, a longtemps fait partie de la collection du Britannique James Hooper (1897-1971), l’une des plus célèbres du monde. Immense et riche d’énormément d’objets polynésiens, elle fut dispersée à sa mort. Mais Hooper ayant émis le souhait que les pièces en soient prioritairement proposées aux pays d’origine à des conditions avantageuses, le Musée de Tahiti et ses îles put acquérir ce collier entre 1978 et 1980. Matériaux  : bourre de coco, cheveux humains et dents de cachalot Technique  : sculpture, ponçage, polissage et tressage Date de confection  : sans doute XVII e ou XVIII e siècle – peut-être plus tôt au regard de l’important niveau d’usure des petits éléments Origine  : îles Australes – Rurutu (lieu de collecte) Description  : ce collier relativement fin est confectionné en bourre de coco entourée de petits liens extrêmement serrés, très finement tressés avec des cheveux humains. Les différents éléments pendants qui y sont fixés sont en ivoire, taillés dans des dents de cachalot ; ces deux derniers matériaux (cheveux et dents de cachalot) étant toujours très prestigieux. The British were the first to undertake major explorations in Oceania and more particularly in French Polynesia (Cook made three quite lengthy visits to Tahiti), they rapidly collected precious, rare and ancient objects belonging to the indigenous population, many of which are to be found today at the British Museum and also in numerous other private collections. This piece, collected in the Austral Islands on behalf of the London Missionary Society by the Protestant missionary George Bennet between 1821 and 1824, was part of the world renowned British collection owned by James Hooper (1897-1971). This immense collection, which included many Polynesian objects, was dispersed after his death. It was Hooper’s wish that the objects should first be offered to the countries where they came from and under reasonable conditions, which meant that the Musée de Tahiti et des îles was able to acquire this necklace between 1978 and 1980. Materials  : coconut husk, human hair, whale-teeth Techniques  : sculpture, sanding, polishing and weaving Date of creation  : undoubtedly 17 th or 18 th century - possibly earlier, given the wear on the small pendants Origin  : Austral Islands – Rurutu (the collection location) Description  : this relatively dainty necklace is made from coconut husk wrapped in a thin cord made from very tightly and finely plaited human hair. The different suspended ivory pendants that hang from it have been carved in whale-tooth ivory ; these materials (human hair and whale-teeth) are both signs of great prestige.
AIR TAHITI S’ASSOCIE AU MUSÉE DE TAHITI ET DES ÎLES, TE FARE MANAHA, POUR PRÉSENTER DANS CHAQUE NUMÉRO UN OBJET EMBLÉMATIQUE DE L’ART POLYNÉSIEN PROVENANT DU MUSÉE. UNE PLONGÉE DANS LE PASSÉ ET NOTRE HÉRITAGE, RICHE DE LA DIVERSITÉ DE NOS ÎLES, DE NOS CULTURES ET DE NOS SAVOIR-FAIRE ANCESTRAUX. La société ancienne des îles Australes est malheureusement très peu connue  : l’archipel ayant été le premier converti au christianisme avec celui de la Société, et la conversion y ayant en outre été rapide sans que les missionnaires, peu nombreux au demeurant, se montrent soucieux (à l’inverse de ce qui se fit parfois ailleurs) de collecter des informations à propos des objets traditionnels, le sens et les usages de ces derniers tombèrent très rapidement dans l’oubli quand ils ne furent pas purement et simplement détruits. Il existe une vingtaine de ces colliers conservés dans le monde, en provenance des îles Australes et des Cook, deux groupements d’îles qui n’ont longtemps pas connu de frontière et participaient du même circuit d’alliances et d’échanges extrêmement proches. Le Musée de Tahiti et ses îles possède cet exemplaire ainsi qu’un autre en dépôt, de l’ancienne collection du Docteur Laurens. Comme pour la plupart des objets de la culture matérielle des Australes, on dispose de très peu d’informations fiables et avérées à propos de ce collier. Le caractère prestigieux des matériaux qui le constituent ainsi que la symbolique des motifs de ses éléments en font néanmoins forcément un objet très précieux, propriété de personnages de haut rang et sans doute transmis de génération en génération (ce que laisse supposer l’important degré d’usure de cette pièce qui ne devait par ailleurs pas être très manipulée). Une hypothèse communément répandue, certainement basée sur des informations recueillies au moment de sa collecte par le missionnaire George Bennet lui-même et transmises jusqu’à Hooper, présente ce collier comme étant celui d’une femme, femme de chef ou femme-cheffe. Si la tradition orale a confirmé de nombreuses règles sociales, à commencer par celle de la primogéniture qui voulait que le pouvoir soit transmis au premier garçon né, les femmes pouvaient également détenir un pouvoir très important au sein de ces sociétés guerrières ; des sociétés matriarcales au regard de nombreux aspects de leur fonctionnement. Ainsi les femmes issues de lignées de chefs et les branches cousines avaient tendance à conserver les terres alors que les hommes étaient appelés à se déplacer pour entériner des alliances. L’hypothèse voulant que ce collier ait appartenu à une femme n’est toutefois pas vérifiée. On retiendra surtout sa symbolique fortement associée au pouvoir à travers la présence de huit petits éléments de trois types différents  : un type qui reprend clairement un motif de testicules, un autre qui évoque la forme du siège ou de l’appui-nuque du chef et un dernier en forme de cylindre à cannelures horizontales, plus énigmatique. Un quatrième motif, absent ici, est fréquemment trouvé sur les autres exemplaires  : un cochon stylisé avec une forme très phallique, toujours symbole de pouvoir. CULTURE AIR TAHITI JOINS THE MUSÉE DE TAHITI ET DES ÎLES, TE FARE MANAHA (MUSEUM OF THE ISLANDS OF TAHITI), TO SHOWCASE AN EMBLEMATIC OBJECT OF POLYNESIAN ART, HOUSED AT THE MUSEUM. IT IS A JOURNEY THROUGH OUR HISTORY AND HERITAGE, RICH WITH THE DIVERSITY OF OUR ISLANDS, OUR CULTURES AND OUR ANCESTRAL KNOWLEDGE. Sadly very little is known of ancient Austral Islands’society, the archipelago being among the first to convert to Christianity, alongside the Society Islands. The rapidity of this conversion with few missionaries actually spending much time there meant that information about the traditional objects was not recorded (unlike in other parts of French Polynesia). The significance and purpose of the objects that had not already been destroyed was quickly forgotten. There are around twenty necklaces of this kind still in existence across the world, coming from both the Austral and Cook Islands, two island groups that were not initially different geographic entities, forming neighboring parts of the same political and trade group. Tahiti’s museum owns this example, as wellas a second that is not on display, belonging to Doctor Laurens’collection. As is the case for most objects belonging to the Austral Islands’material culture, there is little genuine or reliable information about this necklace. The prestigious natures of the materials used, as wellas the symbolism of the pendants make it certain that this was an extremely precious object. It must have belonged to someone of high status and must have been passed down from generation to generation (which would explain the extreme wear on this piece that can’t have been handled very frequently). A widely accepted idea, likely based on information gathered at the moment that the object was collected by the missionary George Bennet himself, eventually finding its way to Hooper, suggests that this necklace belonged to a woman, the wife of a chief or a female chief. The oral tradition supports the idea that the ancient society was highly structured, one of these rules being the rights of the primogenitor, whereby power is passed down to the firstborn son. Nevertheless women could also play an important role in these warrior societies ; in some functional aspects they could even be considered matriarchal. Thus women born to chiefly lineages and related family branches of high-standing would often keep their lands while the men tended to travel about, engaged in maintaining their inter-island alliances. However, the assumption that this necklace belonged to a woman is not verified. The strong symbolic nature of the piece is striking, with itseight small pendants, of three different forms. One clearly represents a pair of testes, another seems to represent a chief’s head-rest and the third with its horizontally grooved cylindrical formhas a less clear significance. A fourth motif, not found on this particular necklace, but often found on other necklaces of this type, represents a stylized pig, with a very phallic form, that also appears to have been a symbol of power. mn TrIH.TI 63



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