Air Tahiti Magazine n°103 jui/aoû/sep 2019
Air Tahiti Magazine n°103 jui/aoû/sep 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°103 de jui/aoû/sep 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Tahiti Communication

  • Format : (197 x 260) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 41,3 Mo

  • Dans ce numéro : Manihi, l'île bleue.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Pa’u (tambour) de Mangareva Pa’u (drum) from Mangareva ; + < Confié par le chef Te-Maputeoa, dernier d’une grande lignée, à l’explorateur Jules Sébastien Dumont d’Urville en 1838, peut-être en signe de dévotion au dieu chrétien après l’évangélisation de l’île et comme témoignage du succès du mandat des missionnaires, ce tambour intégra l’ancienne collection du musée national de la Marine au Louvre puis du musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en- Laye avant de rejoindre le musée du Quai Branly. Si ce dernier établissement en est toujours le propriétaire, l’objet est visible au sein du Musée de Tahiti et des Îles depuis 2009, date de l’organisation conjointe par les deux établissements d’une exposition intitulée « Mangareva - Panthéon de Polynésie ». Matériaux  : bois de miro, fibres de cocotier et peau de requin Technique  : sculpture, ponçage, polissage, gravure, tannage et tressage Date de confection  : daté au carbone 14 entre 1650 et 1838 (date de sa collecte) Origine  : archipel des Gambier, île de Mangareva Dimensions  : hauteur 127,5 cm ; diamètre 27,5 cm Description  : ce tambour vertical, taillé dans un tronc, appartient à la catégorie des instruments de musique à percussion membranophones. Sa caisse de résonance, en partie évidée et de forme cylindrique, est ainsi recouverte à son faîte par une membrane en peau de requin, mise en tension grâce à un laçage complexe de tresses en fibres de cocotier, guidé par des encoches. Ces tresses s’étirent jusqu’à la base de l’instrument, décorée d’une frise de chevrons gravée, une base présentant elle-même une particularité unique  : une pièce de bois d’une dizaine de centimètres de long en dépasse afin de pouvoir le planter dans le sol et le maintenir en place. Ce pa’u de Mangareva est en effet incapable de tenir verticalement tout seul. Chief Te-Maputeoa, the last of a long line of chiefs, presented this drum to the explorer Jules Sébastien Dumont d’Urville in 1838, possibly as a sign of his devotion to the Christian God, after the island was converted and as tangible evidence of the missionaries’success. The drum became part of the collection held at the National Naval Museum at the Louvre, then the Museum of National Antiquities at Saint-Germain-en- Laye, before being moved to the Quai Branly Museum. It remains the property of the latter establishment, but has been on display at the Musée de Tahiti et des Îles since 2009, the date an exhibition entitled « Mangareva – Polynesia’s Pantheon » was jointly-organized by the two museums. Materials  : miro wood, coconut fiber and shark skin Techniques  : sculpture, sanding, polishing, engraving, tanning and weaving Date of creation  : carbon-14 dates it to between 1650 and 1838 (the date it was collected) Origin  : Gambier Islands, island of Mangareva Dimensions  : height 127.5cm ; diameter 27.5cm Description  : this tall drum, carved from a tree trunk, is a membranophone percussion instrument. The sound box, partially hollowed out and cylindrical in shape, has been covered by a membrane made of sharkskin, pulled taught by a complex system of plaited coconut fiber chords, held in place by notches. The plaited chords run the length of the instrument, which is decorated with a border of carved chevrons, the drum base has a unique feature  : a piece of wood around ten centimeters longer than the base allows the drum to be fixed into the ground and held in place. This Mangerevan pa’u cannot standup without it.
Air Tahiti s’associe au Musée de Tahiti et des Îles, Te Fare Manaha, pour présenter dans chaque numéro un objet emblématique de l’art polynésien provenant du musée. Une plongée dans le passé et notre héritage, riche de la diversité de nos îles, de nos cultures et de nos savoir-faire ancestraux. L’histoire de cet objet est très liée à celle, éminemment particulière, de l’île de Mangareva, île éloignée aux spécificités déjà nombreuses, considérée comme la patrie des Polynésiens de l’île de Pâques car partageant des points linguistiques communs avec Rapanui, qui connut surtout un processus d’évangélisation extrêmement rapide et radical. Après l’arrivée de deux missionnaires de la Congrégation catholique de Picpus, les pères Caret et Laval, en 1834, il ne fallut en effet pas plus de 4 ans pour que la conversion des îliens au christianisme balaye sur son passage tous les rites et coutumes anciens. « Aidés » par les conséquences désastreuses d’épidémies déjà importées dans ces îles par les navigateurs occidentaux, qui disqualifièrent aux yeux des Mangaréviens les anciens dieux, taxés d’inefficacité alors que les nouveaux venus savaient guérir, les missionnaires y furent à l’origine d’une table rase, d’une amnésie à nulle autre pareille. Devenues iconoclastes, les populations autochtones se lancèrent ainsi rapidement dans d’immenses autodafés et destructions, dont seulement 13 objets connus à ce jour furent sauvés. Les objets détruits connurent toutefois parfois des processus de désacralisation inédits tels que ceux qui consistèrent à les réduire en cendres avant d’y faire cuire de la nourriture, qui fut servie aux chefs et aux grands prêtres pour qu’ils en absorbent le mana (pouvoir). Parmi les très rares objets épargnés, ce pa’u, confié en même temps qu’une statue à l’explorateur Jules Sébastien Dumont d’Urville par le dernier chef de la dynastie, qui en était propriétaire. Ce type de tambour jouait chez les Polynésiens d’avant le contact un rôle extrêmement important dans nombre de rituels. Fabriqué dans des conditions bien particulières, chaque instrument était ensuite consacré tandis que son utilisation était restreinte aux initiés. Les tambours sacrés étaient essentiellement dédiés à la déesse Toamiru, déesse des naissances et gardienne du Po. Certains (pa’u tepere) étaient réservés au divertissement de la classe noble et la suivait à ce titre jusque dans ses déplacements en radeau ou en pirogue. Cette pièce extraordinairement sauvegardée reste en tous points exceptionnelle. Notes  : Iconoclaste  : personne qui interdit ou détruit les images saintes, et par extension les œuvres d’art, généralement pour des motifs religieux ou politiques. Autodafé  : à l’origine, « acte de foi » sous-tendant une cérémonie de pénitence publique concernant des personnes, organisée par le tribunal de l’Inquisition et durant laquelle ce dernier proclamait ses jugements, l’autodafé désigne désormais par extension l’action rituelle de détruire par le feu, notamment des livres, des manuscrits ou d’autres documents. culture Air Tahiti joins the Musée de Tahiti et des îles, Te Fare Manaha (Museum of Tahiti and her Islands), to showcase an emblematic object of Polynesian art, housed at the museum. A journey through our history, rich with the diversity of our islands, our cultures and our ancestral knowledge. The history of this object is closely tied to the unusual history of Mangareva, an isolated island with many specific traditions ; it is thought to have been the homeland of the Polynesians who reached Easter Island, because of the many linguistic similarities with Rapanui. Mangareva experienced a very rapid and radical conversion to Christianity by two missionaries from the Picpus Catholic Congregation, Fathers Caret and Laval, in 1834. It took no more than 4 years for the inhabitants to convert, all the ancient rites and customs were swept away almost without trace. The disastrous consequences of epidemics introduced by western visitors helped with the process, calling the powers of the ancient Mangarevan deities into question, the inhabitants accused them of being powerless, while the new arrivals knew how to heal the sick. The missionaries obliterated the existing culture, leaving an almost total amnesia about the past, more so than anywhere else in the region. Become iconoclastic, the indigenous populations rapidly set to torching their ancient objects in an auto-da-fé, just 13 known pieces were saved. Nevertheless the objects that were destroyed sometimes underwent a surprising deconsecration process, such as reducing them to ashes in a fire used to prepare food that was then served to the chiefs and high priests, so that they could absorb their mana (power). Among the few objects that were spared, this pa’u as wellas a statue was given to the explorer Jules Sébastien Dumont d’Urville by the last chief of his lineage, and to whom it belonged. This type of drum played an important role in a number of ancient Polynesian ceremonies, prior to European contact. Made under very specific conditions, each instrument became sacred, being used only by a restricted few. The sacred drums were generally dedicated to the goddess Toamiru, the goddess of birth and guardian of the Po. Certain (pa’u tepere) were exclusively used to entertain the nobility and were carried with them for this purpose when they travelled by raft or canoe. This extraordinarily well preserved object remains exceptional, by allaccounts. Notes  : Iconoclast  : someone who forbade or destroyed religious images, and by extension artworks, for religious or political reasons. Auto-da-fé  : coming from the French phrase » acte de foi (act of faith) » referring to a public demonstration of penitence organized by the Spanish Inquisition’tribunal and during which it proclaimedits verdicts, an auto-da-fé now refers to the ritual burning of books, manuscripts or other documents. RiR TFIHiTi 65



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