Air Tahiti Magazine n°101 jan/fév/mar 2019
Air Tahiti Magazine n°101 jan/fév/mar 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°101 de jan/fév/mar 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Tahiti Communication

  • Format : (197 x 260) mm

  • Nombre de pages : 114

  • Taille du fichier PDF : 12,7 Mo

  • Dans ce numéro : Anaa, un projet-pilote d'écotourisme.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Pectoral en nacre et cheveux Cet exemplaire a longtemps fait partie de la collection du Britannique James Hooper (1897-1971), l’une des plus célèbres au monde, constituée auprès de privés et de musées anglais. Cette collection immense sur la Polynésie notamment fut dispersée à sa mort, mais Hooper avait émis le souhait que les pièces en soient prioritairement proposées aux pays d’origine à des conditions très avantageuses. Ce qui a permis au Musée de Tahiti et ses îles d’acquérir cette pièce en 1978. Matériaux  : nacre, cheveux humains et fibre (bourre) de coco. Technique  : ponçage, polissage et tressage Date de confection  : inconnue Origine  : archipel des Australes, de la Société ou îles Cook ? Dimensions  : nacre de 15 cm et attache de 45 cm Description  : Porté sur la poitrine cet ornement est constitué d’une grosse nacre faisant offce de pendentif. La nacre n’a pas été travaillée sur toute sa surface de la même manière  : polie au milieu, elle est laissée quasiment brute et plus épaisse sur son pourtour afin de créer un contraste de couleurs. Cette nacre imposante est fixée à plusieurs cordelettes en cheveux humains, très densément et finement tressées, par des liens en bourre de coco. Un fermoir manquant confectionné dans les mêmes matériaux devait maintenir les cordelettes ensemble. Il en existe des exemplaires complets. Breast-piece in shelland hair This object spent a long time in James Hooper(1897-1971)’s British collection, one of the best collections of Pacific art in the world, composed of objects he acquired from private collections and English museums. This immense collection of Polynesian objects has been dispersed since Hooper’s death, and he made it known that he wished the objects to be proposed firstly to their countries of origin, if appropriate conditions for their conservation existed. His legacy allowed the Musée de Tahiti et ses îles to acquire this piece in 1978. Materials : shell, human hair and coconut husk fiber Techniques  : sanding, polishing and weaving Date of creation : unknown Origin : Austral Islands, Society Islands or Cook Islands ? Dimensions : Shell 15 cm and chord 45 cm MUSÉE DE TAHITI ET DES ILES - TE FARE MANAHA Description : Worn on the chest as an ornament, madeup of a large piece of shell forming a pendant. Of note, the shell has not been uniformly worked : it is polished in the middle but has been left almost in its natural state, noticeably thicker and rougher around the edges, creating a marked color contrast. This impressive piece of shell has been attached using cords made of very finely and very densely plaited human hair, with coconut husk bindings. The clasp is missing but would probably have been made from the same materials, holding the cords in place. There are almost identical but complete objects like this ornament.
AIR TAHITI S’ASSOCIE AU MUSÉE DE TAHITI ET DES ÎLES, TE FARE MANAHA, POUR PRÉSENTER DANS CHAQUE NUMÉRO UN OBJET EMBLÉMATIQUE DE L’ART POLYNÉSIEN PROVENANT DU MUSÉE. UNE PLONGÉE DANS LE PASSÉ ET NOTRE HÉRITAGE, RICHE DE LA DIVERSITÉ DE NOS ÎLES, DE NOS CULTURES ET DE NOS SAVOIR-FAIRE ANCESTRAUX. CULTURE Il existe un certain nombre d’exemplaires quasiment identiques de cet ornement qui ont été collectés à différents endroits, des îles Australes aux îles Cook en passant par les îles de la Société, cette vaste zone ayant donné lieu à de très nombreux échanges d’objets avant la présence européenne, sans doute échangés ou partagés lors d’alliances entre chefferies. Cette circulation laisse en tout cas planer un doute sur la provenance exacte de ces ornements. La nacre utilisée pourrait en tout cas venir des îles basses de l’archipel des Cook, des lieux où les grosses nacres étaient présentes en abondance. James Morrison, l’un des mutins du Bounty, précisait dans ses écrits datant de la fin du XVIII e siècle que les gens de Tubuai, hommes comme femmes, ainsi que les guerriers portaient sur la poitrine une nacre suspendue par des cheveux. L’un des autres membres de l’équipage du capitaine William Bligh a également témoigné avoir vu un guerrier d'Aitutaki aux Cook (où le trois-mâts de la Royal Navy se trouvait encore quelques semaines avant la célèbre mutinerie) « porter court une grande nacre tenue par des cordes de cheveux ». On sait aussi que le souverain régnant de Raiatea, Tamatoa I er, en portait une similaire toujours à la fin du XVIII e siècle, désormais conservée au British Museum. Les conditions de leur collecte permettent très diffcilement d’avoir des certitudes quant à leur provenance. Il est même possible qu’ils soient eux-même le fruit d’échanges, des nacres d'Aitutaki ayant pu, par exemple, être convoyées ailleurs, à la Société ou aux Australes, pour y confectionner ces ornements. On sait en tout cas que la bourre de coco et les cheveux utilisés en faisceaux étaient traditionnellement très utilisés dans la confection des parures de la Société et des Australes ; des parures le plus souvent portées par des hommes. Les matériaux utilisés en disent également long sur le caractère prestigieux de cet ornement. Les cheveux, notamment, comme tous les restes humains, étaient considérés comme sacrés. La tête était la partie la plus sacrée du corps pour les anciens Polynésiens. Ainsi, dans les îles de la Société, les jeunes filles portaient sur la tête des colliers de cheveux tressés appartenant à des membres décédés de leur famille telles des reliques sacrées familiales. Parmi les tabous scrupuleusement respectés, il était interdit de passer la main au-dessus de la tête d’un chef ou d’un prêtre qu’il soit enfant ou adulte. De nombreux objets ou parures sacrés étaient ainsi confectionnés à partir de cheveux. Des traditions largement partagées dans l’ensemble de la Polynésie. Une cordelette de cheveux de plus de 10 mètres de long a ainsi été retrouvée enroulée autour de l’une des tablettes de l’île de Pâques. Quant à la nacre, elle revêtait également une dimension sacrée. Matériau de prestige du fait de sa rareté, de sa brillance, de sa couleur blanche aux reflets argent quasiment inconnue dans la nature, elle était souvent associée à tout ce qui avait trait aux rites funéraires. On la retrouvait aussi à l’intérieur des to’o, des effgies divines. Ce type d’ornement ne pouvait donc appartenir qu’à des personnalités de haut rang, hommes, parfois femmes ou encore guerriers que leurs prouesses, récompensées de richesses avaient élevés dans la hiérarchie sociale. AIR TAHITI JOINS WITH THE MUSÉE DE TAHITI ET DES ÎLES, TE FARE MANAHA (MUSEUM OF TAHITI AND HER ISLANDS), TO SHOWCASE AN EMBLEMATIC OBJECT OF POLYNESIAN ART, HOUSED AT THE MUSEUM. A JOURNEY THROUGH OUR HISTORY, RICH WITH THE DIVERSITY OF OUR ISLANDS, OUR CULTURES AND OUR ANCESTRAL KNOWLEDGE. Pectoral en nacre et cheveux Breast-piece in shelland hair There are numerous almost identical objects like this ornament, that have been collected in different places, from the Austral Islands to the Cook Islands as wellas the Society Islands, a vast geographic area that must have traded objects before European contact, probably the sign of an alliance between these chiefdoms. This wide distribution creates uncertainty about the exact origin of these ornaments. The shellused could well have come from the atolls in the Cook Islands, where similar large shells can be found in abundance. James Morrison, one of the Bounty’s mutineers, noted in his journal, dating from the late 18 th century, that the people of Tubuai, men like women and warriors, all wore a shell on their chest, hanging on a cord made of hair. Another member of Captain William Bligh’s crew also recorded having seen a warrior from Aitutaki in the Cooks (where the Royal Navy’s threemaster was moored just a few weeks before the famous mutiny) « wearing a large shell suspended on a short cord made of hair ». We also know that the reigning sovereign of Raiatea, Tamatoa I, wore a similar kind of ornament at the end of the 18 th century, which is now held at the British Museum. The collection information does not allow any certainty about its origin. It is also possible that it was the product of trade, shell from Aitutaki could, for example, have been sent elsewhere, to the Society or Austral Islands, where the ornaments were made. At any rate we know that coconut husk and hair were much used traditionally for making ornaments ; pieces most commonly worn by men. The materials used also tellus a great deal about the prestige of this ornament. In particular hair, like all human remains, was considered to be sacred. The head was considered to be the most sacred part of the body for ancient Polynesians. Thus, in the Society Islands, young women wore the plaited hair of their dead ancestors coiled around their heads, as a sacred family relic. Among many of the scrupulously respected taboos, passing your hand over the head of a chief or a priest, be he adult or child was strictly forbidden. Numerous sacred objects or decorations were made using human hair. A tradition practiced widely across Polynesia. A 10m long rope of hair was found wrapped around one of Rapa Nui (Easter Island)’s tablets. Mother-of-pearland shells also had a sacred aspect. Signs of status due to their rarity, their luster, their white and silver pearlescence, almost unknown elsewhere in nature, it was often associated with objects relating to funeral rites. It was also found inside to’o, representations of divinities. This type of ornament could only have belonged to an individual of high status, men, sometimes women and warriors whose achievements were awarded with riches, that allowed them to ascend the social hierarchy. MiR TFIHiTi 63



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