Air le Mag n°40 juin 2013
Air le Mag n°40 juin 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°40 de juin 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Textuel La Mine

  • Format : (220 x 287) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 64,6 Mo

  • Dans ce numéro : Man of Steel... Superman s'envole vers les sommets.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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INSTANT SPORTIF INSTANT Le plo 48 48 JUIN 2013 48 En 2012, vous êtes devenu le premier Français champion d’Europe de plongeon depuis 1952. Comment abordez-vous, à vingt-trois ans, la défense de votre titre à Rostock ? Matthieu Rosset : J’ai été champion d’Europe au plongeoir de 3 mètres et, cette fois, je serai seulement en lice dans la compétition du plongeoir de 1 mètre. Ce sera peut-être le moyen de me qualifier pour les Championnats du monde, qui auront lieu en juillet à Barcelone. 2013 est une année transitoire pour moi. Si je garde toujours en tête l’objectif des Jeux olympiques de 2016, j’ai décidé de privilégier mes études – je prépare un BTS d’aménagement paysagiste. Il est difficile de les concilier avec les obligations d’un sportif de haut niveau. J’ai dû réduire mon entraînement dans des proportions assez importantes. L’an passé, les Jeux et une mononucléose, qui m’a forcé à garder la chambre durant deux mois, ont eu des conséquences sérieuses sur mes études : j’ai dû tout reprendre de zéro cet automne. À quelle carrière vous destinez-vous ? M. R. : J’aimerais être conducteur de travaux, mais cela implique de passer par une école d’ingénieurs après le BTS. Pas facile de trouver une formation qui soit compatible avec le plongeon de haut niveau. Je me suis interrogé après les JO de Londres. Étais-je prêt à repartir pour un cycle de quatre ans ? Je n’ai pas encore fait de choix définitif, je réfléchis encore. J’essaie de voir si tout cela est compatible sur le court et le moyen terme. Vous êtes devenu champion d’Europe en 2012, mais, sur le plan mondial, le plongeon est dominé par les Chinois. Compte tenu de cette différence de niveau, n’avez-vous pas été tenté d’en rester là après Londres ? M. R. : J’ai cru qu’il y avait une vraie différence de niveau, mais, en réalité, ce n’est pas totalement le cas : à Londres, au plongeoir de 3 mètres, c’est un Russe qui a gagné. Un Russe que j’avais battu aux Championnats d’Europe ! Je me dis donc qu’il y a encore de la place pour moi, d’autant que j’ai une petite réputation auprès des juges. Je prendrai ma décision l’hiver prochain. À Rostock, vous délaissez votre point fort, le 3 mètres, au profit du 1 mètre. Pour quelle raison ? M. R. : Je perds mon titre volontairement car je ne peux plus suivre l’entraînement adapté au 3 mètres en raison de mes études. Le 1 mètre est plus facile à aborder dans ce cadre allégé. C’est la base du 3 mètres. Quant à la plate-forme à 10 mètres, je l’ai plus ou moins abandonnée. Il faut savoir que le manque de plongeoirs en France pose de vrais problèmes. L’incendie des installations de l’Insep il y a cinq ans n’a pas arrangé la situation. Comment le plongeon est-il entré dans votre existence ? M. R. : J’ai passé mon enfance dans la région lyonnaise et j’avais pris l’habitude de faire des cabrioles au bord des piscines ou de la mer. Mes parents se sont dit qu’il y avait là quelque chose à creuser [sourire]. J’ai donc commencé en 1997 au Lyon Plongeon Club et j’ai intégré l’Insep en 2005. Voilà huit ans que j’y suis pensionnaire. Je connais tous les bâtiments [sourire]. Comment vivez-vous de votre sport ? M. R. : J’ai des bourses fédérales. Je n’ai plus de sponsors. La Fédération française de natation prend en charge 80% de ce que me coûte l’hébergement à l’Insep : chambre, nourriture… Pour le reste, mes parents et mon club m’aident, sachant que je touche des primes en fonction de mes résultats internationaux. Je suis toujours plus ou moins ric-rac [sourire], mais je ne me plains pas. Vivre les Jeux olympiques comme je les ai vécus du début jusqu’à la fin, à Londres, cela vaut le coup de faire des sacrifices ici ou là. Isabelle Rimbert pour Air le mag
SPORTIF « Il faut être fort mentalement pour dompter la peur qui peut éventuellement vous saisir. » Le plongeon est un sport spectaculaire, mais relativement dangereux. Vous êtes-vous parfois blessé ? M. R. : En 2008, lors d’un entraînement sur trampoline, je me suis cassé les deux talons. Il m’a fallu six mois avant de remonter sur une planche. Je me suis aussi cassé le petit doigt. Mais le risque fait partie de notre quotidien, et il est possible de le réduire grâce à une concentration extrême. La concentration est primordiale pour ne pas toucher la planche. Il faut être fort mentalement pour dompter la peur qui peut éventuellement vous saisir. Quelle est votre figure de prédilection ? M. R. : Le triple et demi renversé sur le 3 mètres : face à l’eau, je pars vers l’avant et je tourne en arrière sur trois tours et demi en position groupée. J’aime bien également le quadruple et demi avant. Disons que je peux le « planter » violemment et marquer mes adversaires [sourire].ngeon Devez-vous faire des efforts particuliers d’hygiène de vie ? M. R. : Les plongeurs de haut vol, depuis la plate-forme de 10 mètres, sont plus légers que les plongeurs à 3 mètres. La morpho logie est différente. Pour le reste, il s’agit de faire attention. Le mal de dos est très courant, les poignets sont très sollicités aussi. La prévention est donc importante pour éviter les tendinites. Estimez-vous votre sport suffisamment médiatisé ? M. R. : Non, on ne parle presque jamais des plongeurs. D’autant plus que nous subissons maintenant la « concurrence » du high diving, ces sauts qui se font depuis une plate-forme de 27 mètres. Ils seront au programme des Championnats du monde de natation cet été à Barcelone. Cette année, j’ai aussi fait une très brève apparition dans l’émission de télévision « Splash : le grand plongeon ». Ils n’ont même pas indiqué que j’étais champion d’Europe ! À oublier, ou presque [sourire]. Cela n’a rien apporté ni à moi ni à la discipline. PROPOS RECUEILLIS PAR YANNICK COCHENNEC LE PLONGEON EN GROS PLAN Le plongeon est l’une des quatre disciplines aquatiques des Jeux olympiques avec la natation, le water-polo et la natation synchronisée. À Londres, huit épreuves étaient au programme (quatre pour les hommes, quatre pour les femmes) : le tremplin à 3 mètres individuel, le tremplin à 3 mètres synchronisé, le haut vol à 10 mètres individuel et le haut vol à 10 mètres synchronisé. D’autres hauteurs existent, comme le 1 mètre, inscrit au programme Championnats d’Europe et du monde. Notés par un jury, les plongeurs doivent réaliser des figures acrobatiques avec l’entrée dans l’eau (la tête la première) la plus « propre » possible. 49 49



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