Air le Mag n°40 juin 2013
Air le Mag n°40 juin 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°40 de juin 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Textuel La Mine

  • Format : (220 x 287) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 64,6 Mo

  • Dans ce numéro : Man of Steel... Superman s'envole vers les sommets.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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RENCONTRE AVEC CHRIS ESQUERRE EST UN PEU À LA TÉLÉ, UN PEU À LA RADIO, UN PEU SUR SCÈNE. HUMORISTE INTÈGRE ET MODESTE, IL N’EN EST PAS MOINS BOSSEUR ET LUCIDE. AUTOUR D’UN JUS D’ORANGE AU BALTO, LE BISTROT DU COIN, L’ARTISTE SE RACONTE, EN TOUTE SIMPLICITÉ. RENCONT Chris Es CHRIS ESQUERRE « Je suis protéiforme » 38 38 JUIN 2013 Canal+
RE AVEC Ton spectacle n’a pas de nom. Pourquoi ? Ton spectacle n'a pas de nom. Pourquoi ? Eh non, il n'a pas de nom parce que, quand Mick Jagger passe en concert à Wembley, il affiche « Mick Jagger - Wembley », il ne met pas « Mick Jagger revient » ou « Mick Jagger est énervé ». Les musiciens ne le font pas, je ne vois pas pourquoi nous, les humoristes, on devrait le faire. Je trouve ça ringard. Et puis ça ne dit pas ce qu'il y a dans le spectacle. Chris Esquerre : Eh non, il n’a pas de nom parce que, quand Mick Jagger passe en concert à Wembley, il affiche « Mick Jagger – Wembley », il ne met pas « Mick Jagger revient » ou « Mick Jagger est énervé ». Les musiciens ne le font pas, je ne vois pas pourquoi nous, les humoristes, on devrait le faire. Je trouve ça ringard. Et puis ça ne dit pas ce qu’il y a dans le spectacle. Aujourd’hui, il y a les humoristes du Jamel Comedy Club, puis ceux qui ont été lancés par Ruquier et enfin les rigolos du Web, comme Norman ou Cyprien. Et toi, où te situes-tu ? querre Aujourd'hui, il y a les humoristes du Jamel Comedy Club, puis ceux qui ont été lancés par Ruquier et enfin les rigolos du Web, comme Norman ou Cyprien. Et toi, où te situes-tu ? Je suis dans un cercle dans lequel on n'est pas très nombreux parce qu'on est à la fois à la télé, à la radio et sur scène. Disons que je suis protéiforme. Mon travail peut s'exprimer dans différents domaines, sachant que ce n'est pas tout à fait la même chose d'être sur scène que d'être à la radio. À la radio, on s'appuie beaucoup sur l'écrit, la réflexion, alors qu'au « Grand Journal », je fais des grimaces... Ce sont des exercices assez différents.C. E. : Je suis dans un cercle dans lequel on n’est pas très nombreux parce qu’on est à la fois à la télé, à la radio et sur scène. Disons que je suis protéiforme. Mon travail peut s’exprimer dans différents domaines, sachant que ce n’est pas tout à fait la même chose d’être sur scène que d’être à la radio. À la radio, on s’appuie beaucoup sur l’écrit, la réflexion, alors qu’au « Grand Journal », je fais des grimaces… Ce sont des exercices assez différents. Souvent, les humoristes dénoncent, critiquent. Toi, pas du tout… Souvent, les humoristes dénoncent, critiquent. Toi, pas du tout... J'ai déjà essayé et je ne suis pas très doué dans ce répertoire. Il y en a qui savent bien le faire, et il y en a qui savent moins bien le faire. Moi, je suis clairement dans la seconde catégorie. Pour bien le faire, il faut être naturellement indigné, ce que je ne suis pas. Pourtant, j'ai eu des parents un peu engagés, ce n'est donc pas par manque de culture d'engagement. C'est peut-être par désillusion, ou parce que je suis désabusé. En fait, il y a un corollaire pour que l'humour engagé soit drôle : il faut accepter d'être un tout petit peu méchant. Or moi, je suis un vrai gentil. Je ne peux pas être vachard.C. E. : J’ai déjà essayé et je ne suis pas très doué dans ce répertoire. Il y en a qui savent bien le faire, et il y en a qui savent moins bien le faire. Moi, je suis clairement dans la seconde catégorie. Pour bien le faire, il faut être naturellement indigné, ce que je ne suis pas. Pourtant, j’ai eu des parents un peu engagés, ce n’est donc pas par manque de culture d’engagement. C’est peut-être par désillusion, ou parce que je suis désabusé. En fait, il y a un corollaire pour que l’humour engagé soit drôle : il faut accepter d’être un tout petit peu méchant. Or moi, je suis un vrai gentil. Je ne peux pas être vachard. Mais tu as quand même des convictions… Mais tu as quand même des convictions... Pas au point d'avoir envie d'oublier ma gentillesse. Cela dit, il n'y a pas non plus besoin d'être engagé pour être méchant, mais je trouve qu'il est beaucoup plus subversif et audacieux, aujourd'hui, d'être gentil.C. E. : Pas au point d’avoir envie d’oublier ma gentillesse. Cela dit, il n’y a pas non plus besoin d’être engagé pour être méchant, mais je trouve qu’il est beaucoup plus subversif et audacieux, aujourd’hui, d’être gentil. Lorsque ton spectacle prend la forme d’une conférence de séminaire d’entreprise, tu te moques un peu, mais de façon subtile… Lorsque ton spectacle prend la forme d'une conférence de séminaire d'entreprise, tu te moques un peu, mais de façon subtile... Complètement. C'est fait en filigrane. Je me moque en quelque sorte de l'absurdité du monde. Ça va des objets que je montre à la nature même de mon spectacle. Que ce soit l'éducation ou la mort, je balaie quand même des thèmes assez essentiels.C. E. : Complètement. C’est fait en filigrane. Je me moque en quelque sorte de l’absurdité du monde. Ça va des objets que je montre à la nature même de mon spectacle. Que ce soit l’éducation ou la mort, je balaie quand même des thèmes assez essentiels. Les publications que personne ne lit, c’est un peu ta marque de fabrique… Les publications que personne ne lit, c'est un peu ta marque de fabrique... Oui. Ça permet aussi aux gens qui ne connaissent pas mon passage à « L'Édition spéciale » [sur Canal+, saison 2010-2011] de découvrir mon travail. Ça me permet surtout d'installer un fil rouge pour développer plein de théories sur tout.C. E. : Oui. Ça permet aussi aux gens qui ne connaissent pas mon passage à « L’Édition spéciale » [sur Canal+, saison 2010-2011] de découvrir mon travail. Ça me permet surtout d’installer un fil rouge pour développer plein de théories sur tout. 39 Tu es sur Facebook. Et sur Twitter ? Tu es sur Facebook. Et sur Twitter ? J'ai un compte Twitter depuis un an. Depuis six mois, j'essaie de poster régulièrement, ce que je ne faisais pas auparavant.C. E. : J’ai un compte Twitter depuis un an. Depuis six mois, j’essaie de poster régulièrement, ce que je ne faisais pas auparavant. Est-ce important pour toi d’entretenir une relation avec tes fans ou tes followers ? Est-ce important pour toi d'entretenir une relation avec tes fans ou tes followers ? Pas trop. Je le fais de façon assez tranquille. Sur Facebook, je réponds à tous ceux qui m'écrivent. Je n'alimente pas ma page comme M Pokora ou Justin Bieber. Les gens me demandent parfois si c'est vraiment moi qui écris : ben oui, c'est moi ! Mon site Internet, je l'ai fait moimême avec un petit logiciel gratuit. Je fais tout tout seul et je n'aurai jamais de community manager.C. E. : Pas trop. Je le fais de façon assez tranquille. Sur Facebook, je réponds à tous ceux qui m’écrivent. Je n’alimente pas ma page comme M Pokora ou Justin Bieber. Les gens me demandent parfois si c’est vraiment moi qui écris : ben oui, c’est moi ! Mon site Internet, je l’ai fait moimême avec un petit logiciel gratuit. Je fais tout tout seul et je n’aurai jamais de community manager. Pour produire ta chronique « Le bilan de la semaine », tous les vendredis soir, au « Grand Journal », tu regardes vraiment toutes les émissions de la semaine ? Pour produire ta chronique « Le bilan de la semaine », tous les vendredis soir, au « Grand Journal », tu regardes vraiment toutes les émissions de la semaine ? Oui oui, et c'est un boulot de chien ! Je visionne toutes les émissions de la première à la dernière minute. J'ai une journée qui n'est consacrée qu'à ça. Le deuxième jour, j'écris, en faisant le tri. La matinée de la troisième journée, je vais à Canal+ pour préparer les éléments graphiques, le tableau de bord des comédiennes qui sont malades avec leur température, par exemple... Et puis, le jour J, je peaufine en une autre demi-journée. En tout, c'est trois ou quatre jours de boulot, surtout d'écriture. Ça ne doit pas avoir l'air d'être travaillé, ça demande donc encore plus de travail. Les gens disent « Oh, il est payé à rien foutre » alors qu'en fait c'est un boulot de dingue ! C. E. : Oui oui, et c’est un boulot de chien ! Je visionne toutes les émissions de la première à la dernière minute. J’ai une journée qui n’est consacrée qu’à ça. Le deuxième jour, j’écris, en faisant le tri. La matinée de la troisième journée, je vais à Canal+ pour préparer les éléments graphiques, le tableau de bord des comédiennes qui sont malades avec leur température, par exemple… Et puis, le jour J, je peaufine en une autre demi-journée. En tout, c’est trois ou quatre jours de boulot, surtout d’écriture. Ça ne doit pas avoir l’air d’être travaillé, ça demande donc encore plus de travail. Les gens disent « Oh, il est payé à rien foutre » alors qu’en fait c’est un boulot de dingue ! On sent que tu es très à l’écoute, que tu captes les codes, les signes du monde… On sent que tu es très à l'écoute, que tu captes les codes, les signes du monde... C'est exactement ça ! C'est le coeur de mon travail. Je suis très sensible à ce qui peut être, non pas la norme, mais le signe qu'il va être facile de reproduire et d'amplifier. Que ce soit visuel ou parlé. Je m'adapte aux langages des médias et des thèmes que j'aborde, parce que je suis sensible au côté ridicule des choses.C. E. : C’est exactement ça ! C’est le cœur de mon travail. Je suis très sensible à ce qui peut être, non pas la norme, mais le signe qu’il va être facile de reproduire et d’amplifier. Que ce soit visuel ou parlé. Je m’adapte aux langages des médias et des thèmes que j’aborde, parce que je suis sensible au côté ridicule des choses. Tu as aussi plein de mimiques. Sont-elles travaillées ? Tu as aussi plein de mimiques. Sont-elles travaillées ? Non, elles ne sont pas travaillées. Enfin, quand je dodeline de la tête, ça va avec le personnage. Il y a aussi beaucoup de tics.C. E. : Non, elles ne sont pas travaillées. Enfin, quand je dodeline de la tête, ça va avec le personnage. Il y a aussi beaucoup de tics. TOUS LES VENDREDIS : PROPOS RECUEILLIS PAR CÉCILE ROUSSELET PROPOS RECUEIWS PAR CÉCILE ROUSSELET'mus I FS VEN1IRF11, « Le Grand Journal », sur Canal+ en clair, à 19h10. « Le Grand Journal », sur Canal+ en clair, à 19 h 10. TOUS LES LUNDIS : « On va tous y passer ! », sur France Inter, de 11 h à 12 h 30. « On va tous y passer ! », sur France Inter, de 11 h à 12h 30. TOUS LES DIMANCHES : au théâtre Le Grand Point-Virgule, à Paris, à 18h. au théâtre Le Grand Point-Virgule, à Paris, à 18h. 39



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