Air le Mag n°39 mai 2013
Air le Mag n°39 mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°39 de mai 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Textuel La Mine

  • Format : (220 x 287) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 75,8 Mo

  • Dans ce numéro : fast & furious 6, une équipe toujours plus explosive !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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AIR DU TEMPS AIR DU ROBOTS OUI, ESCLAVES NON ! Manutentionnaires, aides ménagères, assistantes de vie…, les hubots de Real Humans ont été conçus pour faciliter la vie des humains. Mais ne seraient-ils pas plus que de simples robots ? humains ?, de Philippe Borrel. Arte Éditions. CES ROBOTS SONT BEAUX COMME DES HUMAINS, performants comme des humains, mais ne sont pas des humains. Ce sont les hubots de la série suédoise d’anticipation Real Humans, diffusée en avril sur Arte. Ils habitent une époque contemporaine de la nôtre, conçus pour servir l’homme – et la femme – vingt-quatre heures sur vingt-quatre, faire son boulot à l’usine, ses courses au supermarché, les devoirs de ses enfants, son petit-déjeuner, et plus si affinités. Mais rien ne va plus quand ces belles machines pètent un plomb, préfèrent donner des ordres plutôt qu’en recevoir ou se révoltent carrément contre leur condition, prouvant qu’elles ont une conscience – et de très humaines tendances à l’homicide. L’astuce de Real Humans est d’avoir laissé tomber l’attirail futuriste des classiques du genre pour se limiter au questionnement sur la place des machines Les robots s dans une société qui ressemble furieusement à la nôtre. Un point de vue inédit, qui nous fait plonger dans ce monde parallèle avec fascination. Real Humans, saison 1, coffret 4 DVD. En bonus, le documentaire Un monde sans• FAITES-VOUS PLAISIR, ADOPTEZ UN ROBOT ! Quant aux robots domestiques, ils auront bientôt dépassé le stade de jouets qui leur collait à la tôle. Jusqu’ici réservé à la recherche universitaire, Nao, le mignon petit robot sorti en 2006 du cerveau des ingénieurs français d’Aldebaran Robotics, perçoit son environnement, se protège des chutes, reconnaît son interlocuteur, parle avec lui, écoute et apprend… Déjà développé pour l’assistance aux personnes malades et la thérapie des enfants autistes, il a vocation à entrer chez les particuliers. Tout comme son concurrent, Asimo (advanced step in innovative mobility), développé par Honda, un humanoïde de 1,30 mètre au look de cosmonaute, qui peut aussi courir et monter les escaliers. Rien de tel à attendre chez les « géminoïdes » (clones robots) japonais dotés d’un teint de pêche et d’yeux de biche, expressifs et doués de parole, destinés à susciter l’empathie de leurs maîtres humains. Depuis la création de son double en silicone, le chercheur Hiroshi Ishiguro a mis au point de nouveaux spécimens en version féminine, qui semblent aller au-delà d’une maladroite copie de soi frappée d’autisme. Ces jeunes femmes robots pourraient à terme servir d’auxiliaires de compagnie, bien qu’elles n’aient qu’un pois chiche dans la tête et ne sachent pas (encore) marcher. Sentant la bonne affaire, les fabricants japonais d’ustensiles érotiques s’en sont déjà inspirés pour créer leurs premières poupées androïdes, revêtues de silicone imitant la peau humaine, équipées de zones de stimulation sensorielle et capables d’exprimer leur satisfaction à leur heureux utilisateur. Mais l’ensemble vieillit mal, manque de souplesse et de conversation. MAMAN, DEMAIN, JE ME MARIE AVEC UN ANDROÏDE ! On se rapproche alors de la vision de David Levy, homme d’affaires, champion d’échecs et piqué d’intelligence artificielle, qui a fait grand bruit en 2007 avec son livre Love & Sex with Robots. Ce chercheur autoproclamé jure que nous pourrons coucher et même nous marier avec des robots d’ici à la fin du siècle. Pis : il assure que nous en aurons envie ! En attendant ce jour, les robots s’insinuent patiemment dans nos quotidiens et deviennent des compagnons familiers. Leur retour parmi nous a réveillé l’intérêt des producteurs de fiction. Les hubots de Lars Lundström, le créateur de la série Real Humans, diffusée sur Arte en avril dernier (voir encadré ci-dessus), nous font retrouver la sensation d’étrangeté éprouvée face à un double androïde, rivalisant d’humanité avec son créateur. L’édition, pour sa part, nous offre aujourd’hui l’occasion de (re)lire le roman de Philip K. Dick paru en 1968, Do Androids Dream of Electric Sheep ? (Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?), réédité en BD aux éditions Emmanuel Proust sous le crayon de Tony Parker. Le sixième et dernier tome vient de sortir. Et nous repose cette question existentielle : qu’est-ce qu’être humain ? 46 DOMINIQUE VALOTTO 46 MAI 2013
TEMPS Pourquoi vous être intéressé à l’intelligence artificielle ? S. H. : Je voulais brosser un portrait de San Francisco et montrer comment les gens sont gagnés par les obsessions des ingénieurs de la Silicon Valley, qui sont persuadés que l’intelligence artificielle va bouleverser le monde. Les futuristes parient sur la « singularité », un concept qui suppose que nous deviendrons nous-mêmes des robots demain, pour parvenir à l’immortalité. Les circuits de « Dr Bassett » maintiennent théoriquement « en vie » le père de Neill. Au fur et à mesure des conversations par messagerie instantanée, c’est Neill qui façonne son père… S. H. : Quand ses dialogues maladroits et plutôt comiques avec la machine commencent à fonctionner, il crée en effet son père. Il se construit un personnage idéal, combinaison de son père réel, de l’ordinateur et de lui-même. ont partout Parlez-nous du prix Loebner, inspiré par le test de Turing, que le projet de recherche est censé remporter… Avez-vous assisté à l’une de ces compétitions ? S. H. : Oui, dans l’appartement de Hugh Loebner, qui a créé le prix ! C’était amusant car cela ressemblait plus à une sympathique réunion de geeks qu’à une compétition sérieuse. Le prix est attribué au programme d’ordinateur qui peut duper 30% des participants qui « chattent » avec lui, en leur faisant croire qu’ils sont en train de dialoguer. Le programme qui y parvient peut être qualifié d’intelligent. Le test à l’origine de ce prix a été conçu par Alan Turing, l’inventeur de la science informatique dans les années 1950, qui pensait que les ordinateurs en seraient capables en 2000. Quand j’ai écrit le livre, ce n’était toujours pas le cas ! « Le langage n’est pas du tout encore au point » Arte | Trunk Archive Roman construit sur la relation entre un homme et un ordinateur, L’Amour comme hypothèse de travail (Belfond) met en scène un trentenaire américain, travaillant sur un programme d’intelligence artificielle pour remporter le fameux test de Turing, qui récompensera l’intelligence la plus « humaine » … Rencontre avec l’auteur, Scott Hutchins. Neill, le héros du roman, dialogue par messagerie instantanée avec « Dr Bassett », un ordinateur dont la mémoire contient les 5 000 pages du journal intime de son propre père décédé. Lui ressemblez-vous ? Scott Hutchins : Je vis à San Francisco comme lui, et quand j’ai écrit le roman, j’étais célibataire comme lui. Ma vie m’a servi de support d’écriture, mais ce n’est pas moi le sujet du livre. Par l’ordinateur, Neill cherche à communiquer avec son père, avec qui il n’a jamais beaucoup parlé de son vivant. Il était intéressant de s’interroger sur la différence entre l’être humain et un ensemble de données censées le représenter, en résumé sur ce qui fait qu’on est un humain. 47 La recherche sur la robotique avance, mais l’intelligence artificielle est un domaine quelque peu abandonné… Pourquoi, selon vous ? S. H. : Je ne dirais pas ça : les fondateurs de Google ont leur propre laboratoire d’intelligence artificielle. Chez moi, à San Francisco, on voit tous les jours passer leurs prototypes de Google Cars, des voitures sans chauffeur dirigées par pilotage automatique. Mais le langage n’est pas du tout encore au point. Quand j’ai assisté à la compétition autour du test de Turing, les machines ne parvenaient à tromper personne. Reproduire les subtilités de la communication par le langage humain, c’est presque impossible. Ça m’amusait de montrer ces Californiens, qui espèrent toujours révolutionner le monde en brandissant à tout bout de champ les bouleversements de l’intelligence artificielle, et qui finissent par concevoir une « app » … pour attraper un taxi ! PROPOS RECUEILLIS PAR D. V. 47



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