Air le Mag n°33 octobre 2012
Air le Mag n°33 octobre 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°33 de octobre 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Textuel La Mine

  • Format : (220 x 287) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 61,8 Mo

  • Dans ce numéro : Nous York, cinq français à New York.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 40 - 41  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
40 41
RENCONTRE AVEC RENCONT Vos parents sont scénaristes, votre grand-père s’appelait Elia Kazan (Baby Doll, À l’est d’Éden)… Auriez-vous pu être autre chose qu’auteur et comédienne ? Zoe Kazan : Je ne sais pas si c’est à cause de ma famille ou si c’est quelque chose d’inné… Toute petite, je lisais des histoires, j’étais toujours plongée dans les bouquins. J’ai voulu être écrivain avant de penser à être actrice. Sans doute qu’il y avait une influence familiale, mais je suis née avec un intérêt naturel pour la fiction. Admiriez-vous les films de votre grand-père ? Z. K. : Je ne les ai vus que vers treize ou quatorze ans. Et je les ai adorés ! Mais mon grand-père avait arrêté de travailler avant ma naissance, et je ne parviens pas à associer ses films avec le souvenir de lui. Je ne le voyais pas comme un cinéaste. Et vous, comment vous voyez-vous aujourd’hui ? Z. K. : D’abord comme une actrice. Écrire pour moi est une activité d’ordre privé, je le fais pour mon plaisir, pas pour mon ego. J’espère continuer à faire les deux parce que les deux comblent de manière complémentaire ma créativité. Comment avez-vous eu l’idée du personnage de Ruby Sparks ? Z. K. : J’avais le mythe de Pygmalion en tête. Je voulais parler de la façon dont on influence l’autre quand on est amoureux. Je me suis demandé ce que je pouvais faire de ce thème, et ça a été le point de départ. J’ai écrit d’une traite à peu près quinze pages et, toute enthousiasmée, j’ai voulu les montrer à Paul [Dano]. Quand il les a lues, il m’a dit : « Oh, tu écris sur nous ? » Ça ne Zoe K m’était pas venu à l’esprit, mais ça m’a paru tout à fait juste. J’ai su que je nous voulais pour jouer les rôles principaux. Ensuite, j’ai essayé de penser le moins possible à nous pendant que j’écrivais, parce que je ne voulais pas que notre couple déteigne sur Calvin et Ruby. Je voulais en faire des personnes à part entière, avec leur propre histoire. « Elle s’appC’est tout de même un film miroir, avez-vous pensé aux conséquences qu’il pourrait avoir sur votre couple ? Z. K. : J’y ai effectivement pensé. Il y avait un risque. Paul et moi y avons réfléchi et nous avons décidé que nous en étions capables. Nous sommes ensemble depuis cinq ans, et, pendant cette période, nous avons déjà traversé tellement de choses… Alors, malgré un certain stress à surmonter, nous avons pensé que ça en valait la peine. Calvin s’invente la femme parfaite pour lui, mais, pour Ruby, Calvin est-il vraiment l’homme qu’il lui faut ? Z. K. : C’est une question intéressante. Certains spectateurs croient que Calvin imagine la femme parfaite. Mais, si j’avais voulu quelqu’un pour incarner la femme parfaite, je ne l’aurais pas jouée ! Calvin crée la femme qui lui convient à lui, et c’est une fille normale. C’était très important pour moi de préciser que Ruby se sent réelle, et se conduit comme une fille réelle. Mais Calvin a peur qu’elle change, qu’elle ne l’aime plus. Il a tellement peur de la perdre qu’il n’est pas capable d’aimer pleinement. Quand Ruby veut faire évoluer leur relation, il est incapable de l’accepter. Cela n’en fait pas l’amoureux idéal ! Parlez-moi de Harry, le frère de Calvin, qui est le témoin le plus proche de leur relation… Z. K. : Calvin est anxieux, névrotique, obsessionnel, tandis que son grand frère est très sûr de lui, heureux de sa vie. Tout ce qu’il veut, c’est que Calvin soit heureux et ait confiance en lui. 40 40 OCTOBRE 2012
RE AVEC azan Cela donne lieu à des scènes très drôles. Était-ce difficile de concilier ces deux registres ? Z. K. : C’est ce que j’ai voulu faire. J’adore des films comme elle Le Lauréat, qui jouent à la Ruby » fois sur le terrain de la comédie romantique, celui de la critique sociale et de l’étude de mœurs : il n’y a pas qu’une lecture possible. Et c’était bien de confier le film à Valerie Faris et Jonathan Dayton, qui ont montré avec Little Miss Sunshine qu’ils étaient capables de créer ce délicat 20th Century Fox On voit tellement de films où des frères et sœurs sont en situation de compétition et de jalousie… Moi qui ai eu une relation très heureuse avec ma sœur, j’avais envie de montrer une simple relation d’affection, en particulier entre deux hommes. Harry représente aussi le point de vue sceptique dans l’histoire. Au début, il ne croit pas à l’existence de Ruby. Mais, quand il en est convaincu, il aide le public à l’être aussi. En même temps, on n’est jamais très loin du drame. équilibre entre les différents registres. Il y a très peu de réalisateurs qui savent faire ça. Un couple dirigeant un autre couple, était-ce difficile à négocier ? Z. K. : Pas du tout, au contraire ! Paul est resté leur ami depuis Little Miss Sunshine, et il voulait qu’ils dirigent le film. C’était merveilleux de les voir travailler ensemble avec tellement d’harmonie, comme une seule personne ! Pendant les neuf mois que nous avons passé ensemble, j’ai beaucoup observé leur manière d’être en tant que parents, amants, complices… Et je pense que c’était très utile pour Paul et moi d’avoir sous les yeux un tel exemple ! Quels sont vos projets aujourd’hui ? Z. K. : Cette année, j’ai joué dans trois films indépendants, qui sortiront l’année prochaine. Prochainement, je vais tourner à Toronto dans une comédie romantique avec Daniel Radcliffe (Harry Potter). Après quoi je vais essayer de lever le pied quelques mois, car j’ai eu une année très chargée et pas beaucoup de temps pour écrire. PROPOS RECUEILLIS PAR DOMINIQUE VALOTTO SORTIE LE 3 OCTOBRE ELLE S’APPELLE RUBY, de Jonathan Dayton et Valerie Faris 41 ELLE S’APPELLE RUBY Calvin (Paul Dano) est un génie précoce, romancier à succès qui n’a rien écrit depuis dix ans. Anxieux, solitaire et en panne d’inspiration, il se confie à son psychiatre (Elliott Gould), qui l’encourage à écrire sur la fille de ses rêves. Calvin s’écrit sur mesure une histoire d’amour avec Ruby (Zoe Kazan), jolie rousse, goûts, aspirations, qualités et défauts compris. Un jour, Calvin découvre Ruby en chair et en os dans son salon, amoureuse et fidèle trait pour trait à la description qu’il en a faite. Les ennuis vont commencer. Avec une brochette réjouissante de guest stars en pleine forme (Antonio Banderas, Annette Bening, Chris Messina…), cette comédie romantique, absurde et fantaisiste nous parle de la difficulté de confronter son amour idéal à la réalité. Une réussite des réalisateurs Valerie Faris et Jonathan Dayton, dans la veine de leur Little Miss Sunshine. UN FILM DE Jonathan Dayton et Valerie Faris AVEC Paul Dano, Zoe Kazan, Chris Messina… DURÉE : 1 h 44 41



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 1Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 2-3Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 4-5Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 6-7Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 8-9Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 10-11Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 12-13Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 14-15Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 16-17Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 18-19Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 20-21Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 22-23Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 24-25Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 26-27Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 28-29Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 30-31Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 32-33Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 34-35Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 36-37Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 38-39Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 40-41Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 42-43Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 44-45Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 46-47Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 48-49Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 50-51Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 52-53Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 54-55Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 56-57Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 58-59Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 60-61Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 62-63Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 64-65Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 66-67Air le Mag numéro 33 octobre 2012 Page 68