Air le Mag n°30 juin 2012
Air le Mag n°30 juin 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°30 de juin 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Textuel La Mine

  • Format : (220 x 287) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 54,5 Mo

  • Dans ce numéro : mobilisation générale pour « Medal of Honor: Warfighter ».

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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(DÉ) CONNECTÉ (DÉ)CON Facebook : le mu Le storyteller Persuadé que sa vie est palpitante, il abreuve le Web de chaque morceau de son existence pouvant être numérisé : albums de vacances, photos « bouche de canard » prises dans les soirées, géolocalisation dans tous les aéroports du monde, statuts sans cesse renouvelés, etc. Un excès de narcissisme adoubé par les autres membres de la tribu (une petite dizaine de contacts ultra-présents sur les six cents friends de ce genre de profil), qui « aiment » et commentent à longueur de journée ses publications. Évidemment, le statut amoureux est à la mesure de ce storytelling : mouvant et souvent « compliqué ». Degré d’intérêt. Passionnant ! Même si on n’a pas revu cette personne depuis la classe de cinquième, on adore suivre ses faits et gestes, souvent dignes d’un épisode de Gossip Girl. Le leader d’opinion Bénéficiant d’une petite autorité dans un domaine (la mode, la photo, l’art…), il est fort de plus de quatre mille amis, qu’il matraque d’articles et de vidéos en rapport avec sa spécialité. Comme un professeur qui distribuerait des bons points, il « like » les publications de ses contacts qu’il estime dignes d’intérêt. Consécration ultime pour ses friends, il lui arrive parfois d’en « taguer » dans des statuts élogieux. Degré d’intérêt. Limité dans le temps. Si, d’abord, on rêve d’être « liké » ou « tagué » par ce leader d’opinion, on finit par ne plus oser publier la moindre chose de peur d’essuyer un commentaire négatif. Car ce type de personnes ne se prive pas pour distribuer les mauvais points. La figure publique Un peu artiste, un peu mannequin, un peu journaliste-blogueur, il se sert de son profil comme d’une page à sa gloire. Un peu comme le storyteller, il alterne photos (avec des gens connus, c’est mieux), géolocalisation dans des lieux branchés et statuts valorisants, mais n’oublie pas non plus de faire sa promotion : « Moi défilant pour un copain styliste à Stockholm », « Moi en concert à Bordeaux », « Moi et mon expo photo dans une galerie du Marais à Paris », etc. Ses amis sont évidemment nombreux, et il élargit régulièrement son cercle à base de request. Degré d’intérêt. Bof. Amateur et très vite assimilée à des spams, cette autopromo ne donne qu’une envie : passer son chemin. Le couple fusionnel On le reconnaît à sa photo de profil, prise lors de leur lune de miel. Bronzés et souriants, ils posent enlacés devant un coucher de soleil. Image du bonheur. Quelques mois plus tard, une photo de bébé vient généralement remplacer le premier cliché. Elle est alors agrémentée de dizaines de commentaires premier degré du type : « Tout votre portrait ! On vous embrasse tous les trois ». Leurs albums photo montrent les grandes étapes de la vie de bébé : son premier sourire, sa première dent, ses premiers pas… Pratique pour papy et mamie qui ont des nouvelles quand ils veulent. Degré d’intérêt. Intéressant pour les parents et les couples amis. Ennuyeux au possible pour tous les autres. 64 64 JUIN 2012
NECTÉ Le comique des photos compromettantes. Également pourvu d’autodérision, il est Ici, rien ne dépasse, image publique oblige. Ce membre de Facebook ne s’est inscrit que pour avoir une visibilité professionnelle. La preuve ? Il fait partie des rares à avoir rempli leur CV et affiche fièrement sa promo au-dessous de son nom. Sans oublier ses coordonnées, au cas où un chasseur de têtes passerait par là. Donc, oubliez les photos de beuverie, le second degré et les LOL à longueur de page. Pour faire bonne impression, ce propret du Net a des passions consensuelles (la randonnée, le chocolat, le groupe U2) et adhère à des groupes engagés (Amnesty International…). Quant aux paramètres de sécurité, r des ils sont maîtrisés à la exhibitions perfection. Avec des collègues et belle-maman parmi ses friends, n’est jamais trop prudent. Degré d’intérêt. Nul, à moins d’être chasseur de têtes. Jules Le Barazer chez Talkie Walkie pour Air le mag Amateur d’humour gras, il a fait de Facebook son nouveau terrain de jeu, n’hésitant pas à coller la honte à ses copains en publiant sur leur mur « en couple », mais avec le pape, et possède des albums entiers le montrant dans des situations tout aussi embarrassantes : déguisé en femme lors d’un enterrement de vie de garçon ou en caleçon, une bouteille de bière à la main, au milieu de la rue. S’il a un chien, il lui a créé un profil et prêté quelques friends. Enfin, il est membre de groupes « trop délire » comme « 69 raisons de préférer la bière à une femme » ou « comité de soutien pour le mec qui n’a plus sa photo sur les Kinder ». Degré d’intérêt. Possible uniquement si on fait partie de la bande et qu’on partage cet humour débilo-trash. Le parano Le passager clandestin Sa photo de profil ? Inexistante. Une inquiétante silhouette bleue fournie par Facebook la remplace. Et la page est en friche : informations personnelles limitées au strict minimum (ville, sexe, date de naissance…), une dizaine d’amis tout au plus. Derrière ce mystérieux profil se cache souvent une personne de plus de cinquante ans, qui a tenté de s’inscrire mais a buté à l’étape « ajouter une photo de profil » et compte sur ses enfants pour l’aider. Et lui expliquer l’intérêt de Facebook. Degré d’intérêt. Circulez, il n’y a rien à voir… et personne avec qui communiquer non plus. Cette personne serait en effet bien incapable de trouver la messagerie si vous lui envoyez un message. Peut-être ne se souvient-elle même plus qu’elle est inscrite. Le voyeur À la différence du passager clandestin, il sait parfaitement utiliser Facebook, mais il cultive la discrétion. Sa photo de profil est un paysage anonyme, et ses informations personnelles se limitent à sa date de naissance. L’idée ? Montrer qu’il n’a pas succombé aux sirènes du narcissisme de Facebook. Ce qui ne l’empêche pas de se connecter régulièrement pour surveiller ce que publient les autres sur la Toile. Juste « comme ça, pour voir » … Degré d’intérêt. Dangereux, car, s’il s’abstient de tout commentaire, il n’en pense pas moins derrière son ordinateur. Et ne se gêne pas pour commenter tout ça in real life. Méfiance donc. Pour le reconnaître, c’est facile : il possède de nombreux friends 65 et en « requeste » régulièrement de nouveaux. 65



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