Air le Mag n°30 juin 2012
Air le Mag n°30 juin 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°30 de juin 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Textuel La Mine

  • Format : (220 x 287) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 54,5 Mo

  • Dans ce numéro : mobilisation générale pour « Medal of Honor: Warfighter ».

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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AIR DU TEMPS AIR DU PREMIERS PA ALAIN RUEL 24 ANS, ASSISTANT WEB MARKETING, CAEN « J’ai cherché à créer un CV qui me permette de sortir du lot… » SURPRENDRE POUR RÉUSSIR Tout est nickel : pas une mèche qui dépasse, pas une faille dans ce parcours sans faute. Ce beau Normand bac + 5 de vingt-quatre ans est déjà un pro jusqu’au bout des ongles. Après un DUT de marketing et une licence professionnelle en technologies de l’information et de la communication, il a obtenu un master 2 de marketing à l’Institut d’administration des entreprises de Caen. Encore en stage de fin d’études, il a profité de la saison des soldes pour « se vendre » sur Internet. Il le savait déjà avant même de se trouver sur le marché du travail : la voie classique du CV papier de fin d’études, avec sa lettre de motivation, ça ne marche plus dans son secteur. La concurrence est rude, et les postes sont rares. « J’ai cherché à créer un CV qui me permette de sortir du lot, pour avoir le luxe de choisir mon travail, plutôt que d’être obligé de prendre le premier boulot se présentant. » En 2012, un CV en ligne n’a plus rien d’exotique, il lui fallait faire mieux : « J’ai monté un Système d. a vrai site personnel, avec une stratégie marketing pour attirer les recruteurs et montrer mes compétences dans un domaine qui est justement le mien. » L’appel de ses fausses soldes, judicieusement lancé le premier jour des vrais, lui a surtout permis de trouver le ton décalé qui fait la différence et un référencement de choix de son Web CV. « Sur la page d’accueil de mon site, j’offrais un entretien pour un contact pris ! J’ai affiché un faux bandeau publicitaire à la mode des années 1980, dans le style pub pour dentifrice, dès le premier jour des soldes, et ça m’a valu environ dix mille visites en une semaine ! En quelques jours, j’ai décroché trois entretiens, dont un à Caen, qui m’a permis d’être embauché à mon poste actuel. Pour l’anecdote, je partais le lendemain en vacances en Corse, alors j’ai proposé à mon futur employeur de le rencontrer sur le bord du périph’, à Paris, à 6 h 45, et il a eu la gentillesse – ou la curiosité – d’accepter. » Alain travaille aujourd’hui en CDI comme assistant en Web marketing pour Testntrust, une start-up spécialiste des tests de satisfaction de consommateurs. « Ça correspondait tout à fait à ce que je cherchais. Aujourd’hui, je fais ce que j’aime et j’engrange le maximum de connaissances pour évoluer. » Et côté sous ? « Je ne gagne pas une fortune, mais c’est un premier emploi. Et puis je vis dans une région où la vie est plus facile que dans les grandes métropoles, le logement reste abordable, d’autant que je partage un appart avec ma copine qui est professeur des écoles. » Sur la lancée de sa propre expérience, il a monté depuis quelques mois un blog consacré aux CV originaux (www.cv-originaux.fr), bourré d’exemples (le top du meilleur) et de contre-exemples (le top du pire), intelligemment alimenté. « À condition d’être réussi, un CV original marche dans 90% des cas », rappelle-t-il. Alain Ruel tient son arme anticrise. Et il compte bien s’en servir longtemps. 46 46 JUIN 2012 Baudouin pour Air le mag
S TEMPS LUCIE FARINE 27 ANS, COMÉDIENNE, PARIS LA DÉBROUILLE, COMME UN DES BEAUX-ARTS La crise ne lui fait pas peur. Lucie est une experte de la récup, une pro de la débrouille. Elle a choisi les chemins de traverse dès son CAP de coiffure en poche, quand elle a rejoint une troupe de théâtre dans sa Suisse natale. Elle est restée trois ans comédienne amateur, jouant tous les week-ends, jusqu’à ce que l’appel de la scène finisse par l’emporter. « À vingt-trois ans, je suis venue à Paris. Moi qui n’avais pas fait d’études, j’ai rejoint l’école de théâtre des Enfants terribles. Je n’y serais pas arrivée si ma famille ne m’avait pas soutenue dans mon projet. » Pour joindre les deux bouts tout en suivant ses cours, Lucie u compte sur quotidien les petits boulots : baby-sitting, coiffure… 47 À la sortie de son école, elle rejoint une troupe de théâtre à Brivela-Gaillarde, dans laquelle elle joue plusieurs mois. Dès lors, elle enchaîne les engagements sur de petites scènes. Elle joue aujourd’hui dans la pièce Mais n’te promène donc pas toute nue ! de Feydeau à l’Espace Saint-Honoré, à Paris. « On est en roulement, à trois sur le même rôle. Il n’y a pas de billetterie, mais une participation « au chapeau » [les gens donnent ce qu’ils veulent après le spectacle]. La troupe et le régisseur se partagent la recette. » Dans de telles conditions, impossible de vivre de sa passion. Alors, Lucie travaille toujours à côté : hôtesse d’accueil dans une boîte d’intérim, elle fait entrer chaque mois l’argent nécessaire pour payer son loyer, se nourrir et se vêtir, sans faire de folies. Elle fréquente les foires aux vélos d’occasion et compte sur le Vélib’parce que le métro « à 60 euros par mois, c’est juste pas possible ! » Quand elle part en vacances, c’est toujours chez des amis ou dans son pays, la Suisse. « Échanger des services, je trouve ça génial ! » Et, pour améliorer l’ordinaire, elle compte sur le troc de services : coiffure des copains contre pose d’étagères dans son appart, meuble contre cours de couture… Une vie de crise ? « Je ne sais pas. C’est ma façon de vivre. Échanger des services, je trouve ça génial ! Je vis au jour le jour dans 20 m². Il faut s’accrocher, mais j’ai l’habitude. » Elle sourit : « C’est sûr, je préférerais vivre de mon seul travail d’artiste. Mais, si je dois continuer à concilier boulots alimentaires et comédie, je continuerai. C’est ma vie, je ne pourrais pas faire autre chose. Renoncer, ça ne me viendrait pas à l’esprit. » Elle parle sans regret, avec légèreté, des amis qui ont bientôt trente ans, bien logés, mariés, qui ont ou vont faire un bébé… Elle n’a pas choisi leur vie. C’est définitif. « Je n’ai pas les mêmes buts. Gagner de l’argent n’est pas mon objectif principal. C’est parfois frustrant dans une ville comme Paris où tout est à portée de main, de ne pas pouvoir s’offrir ce dont j’ai envie. Mais je savais à quoi m’attendre. Il y a 1% des comédiens qui sont connus et riches, les autres vivent comme moi. De toute façon, je continuerai à rêver toute ma vie ! » 47



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