Air le Mag n°30 juin 2012
Air le Mag n°30 juin 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°30 de juin 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Textuel La Mine

  • Format : (220 x 287) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 54,5 Mo

  • Dans ce numéro : mobilisation générale pour « Medal of Honor: Warfighter ».

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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AIR DU TEMPS MATHILDE DUVAL 22 ANS, GENDARME ADJOINTE VOLONTAIRE, GUÉNANGE LA PATIENTE TACTIQUE DE LA GENDARME La crise, elle la voit de loin. Elle n’est pourtant pas passée si loin de la galère des jeunes sans qualification. Avec un bac G de comptabilité, elle aurait aimé faire du droit, pour « un métier en relation avec la justice ». « Les cours, ça n’était pas trop mon truc », avoue-t-elle. Restaient les concours dans la fonction publique. Mais elle voulait « bouger, pas rester le c… derrière un bureau ». Elle est entrée, il y a deux ans et demi, tout de suite après son bac, dans la gendarmerie, en tant que gendarme adjointe volontaire, une filière permettant aux entrants refusés au concours de sous-officier d’intégrer à l’essai la gendarmerie pour cinq ans. Retenue après un premier écrémage à l’issue de trois mois d’école à Tulle, elle est partie en brigade à Guénange, dans la Moselle. À la clé : la sérénité de cinq années dans un poste salarié et l’apprentissage du métier. Pendant la durée du contrat, les jeunes élèves gendarmes se forment sur le terrain et peuvent passer le concours de sous-officier autant de fois qu’ils le souhaitent. Mathilde a réussi la AIR DU PREMI première partie du concours. La seconde est pour bientôt, et elle espère bien transformer l’essai, même en sachant que rien n’est gagné : « Un candidat sur deux est pris. Ce sera un peu ric-rac, car il y a une épreuve chaque année, il ne me reste que deux ans… » Repartir de zéro après cinq ans pour rien ? C’est le risque, et elle y pense. Tout en sachant que d’autres concours comme celui des douanes lui seront alors ouverts, avec plus de chances d’être sélectionnée. « On est bien entraînés pour ces concours, « On est bien entraînés pour ces concours… » ce n’est pas du temps perdu. » En attendant, elle fait son temps dans ce coin de Lorraine, à une demi-heure de Metz, pas vraiment enthousiasmant pour cette Nantaise, qui retourne « à la maison » retrouver ses bords de Loire dès sa semaine de travail terminée. Les sorties et le shopping attendent le week-end : « En semaine, on s’invite parfois à dîner ou à boire un verre entre collègues, mais la plupart du temps, je suis trop crevée, je rentre et je dors. » Cet exil austère a ses avantages : « Je ne dépense pas grand- Système d. a chose. Et, financièrement, je suis plutôt privilégiée : c’est mon premier boulot, et je gagne 1 200 euros par mois, avec une indemnité de nourriture et le logement assuré. » Alors, cette économe en profite pour mettre de l’argent de côté, « pour l’avenir ». Avec l’argent qui lui reste, « je me fais plaisir, bien sûr, je m’achète des fringues, des chaussures, des sacs. Mais je ne claque pas mon argent tous les mois, je suis plutôt du genre à faire attention. » Elle n’a pas rencontré la crise et elle ne tient pas à la connaître. Son objectif à moyen et à long terme : réussir le concours de sous-officier pour rester dans la gendarmerie, et plus tard passer des concours en interne pour devenir officier de police judiciaire. Elle se voit bien dans une section de recherche, spécialisée dans les affaires de délinquance ou le trafic de stupéfiants. En espérant être mutée un jour dans l’Ouest… Patienter ? C’est dans sa nature. 44 44 JUIN 2012 Baudouin pour Air le mag
ERS PAS TEMPS « Mon père est aussi ingénieur, c’est un peu de famille ! » TAN THÔNG VO 24 ANS, INGÉNIEUR CONSULTANT, PARIS u quotidien LA CHANCE POUR COMPAGNE « En juin, je pars Angleterre pour une mission d’un an chez Jaguar. C’est super bien rémunéré, j’aurai droit à des indemnités de déplacement, et ma copine pourra me rejoindre tous les week-ends ! Je sais que j’ai de la chance. » Chanceux : c’est ainsi que se voit ce tout jeune ingénieur consultant récemment recruté chez PCO Innovation, une société de conseil en PLM – product lifecycle management, en français, « gestion du cycle de vie des produits » –, qui envoie ses salariés en missions successives de plusieurs mois un peu partout dans le monde. Ce matheux doué, qui s’avoue « bosseur, mais pas trop », ne se voyait pas « galérer » des années pour bien vivre, « comme certains de mes potes en fac de psycho ou en biologie ». Alors, « quand j’ai été intégré à l’université de technologie de Troyes (UTT), je me suis dit que j’avais trouvé le bon filon ». Toujours la chance. Celle de la naissance d’abord, il l’admet volontiers : « Mon père est aussi ingénieur, c’est un peu de famille ! Et puis mes parents m’ont toujours aidé. En émigrant du Vietnam, ils n’avaient rien, mais ils s’en sont bien sortis et ils en ont fait profiter leurs enfants. Ils ont tout fait pour qu’on réussisse. Ils ont financé mon logement à Troyes, puis mon séjour quand je suis parti six mois en stage à l’École polytechnique de Montréal. » Après ses cinq années d’études à l’UTT, il est passé par six mois de stage chez Renault : « Je sortais de mon cursus d’ingénieur et je n’y connaissais rien. J’ai été pris sur ma capacité à apprendre de nouvelles choses. J’ai adoré ça ! J’aurais aimé être recruté. La mécanique, c’est mon truc. Mais Renault n’embauchait pas à ce moment-là, c’est la crise, mais aussi l’approche de l’élection présidentielle qui les paralysait. » Il n’est pas resté longtemps sans rebondir : « Heureusement. J’ai eu le choix entre deux propositions d’emploi, et j’ai rejoint PCO Innovation. Un job de rêve : jamais le même emploi plus de douze mois d’affilée, des voyages dans le monde entier, en Amérique du Nord, en Europe, en Asie… » 45 Pour lui qui serait bien resté au Canada et imagine sans problème sa vie à l’étranger, l’idéal n’est pas loin d’être atteint. « Ma copine, elle, fait des études de médecine, et c’est long : elle en a encore pour trois ou quatre ans avant de pouvoir gagner sa vie ! Et puis ses parents n’ont pas pu l’aider comme les miens l’ont fait. Pour gagner un peu plus d’argent, elle fait des remplacements de nuit dans les hôpitaux tout en poursuivant ses études. Mais on est deux. Et puis on a un logement très avantageux à Deuil-la-Barre, dans le Val-d’Oise, que nous loue sa mère pour presque rien. On s’en sort plutôt bien, on ne se prive pas. Pour les projets d’installation, de bébé, entre ses études et mon boulot, il faudra encore attendre quelques années. » 45



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