Aïki Mag n°9 déc 04 à mai 2005
Aïki Mag n°9 déc 04 à mai 2005
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de déc 04 à mai 2005

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 878 Ko

  • Dans ce numéro : Sylvia Noll, une énergie à toutes épreuves.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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aïkido CHACUN POUR SON GRADE La question délicate de l’attribution des grades vient de faire l’objet d’un accord entre la FFAAA, la FFAB et le ministère. Paul Lagarrigue, 5e dan, vice-président de la FFAAA, co-président de la CSDGE, qui a été un des négociateurs pour la FFAAA nous présente les nouvelles dispositions qui désormais s’imposent à tous. Qu’est ce que la CSDGE ? C’est la Commission Spécialisée des Dans et Grades Équivalents, appellation officielle depuis la Loi sur le sport du 6 juillet 2000. Auparavant elle s’appelait CSGA. l’arrêté créant la CSDGE AIKIDO a été signé le 23 septembre 2002. Qu’est ce que la loi a changé ? La grande nouveauté est que cette commission est composée pour moitié de représentants de l’Aïkido et pour l’autre moitié de représentants de fédérations multisports et de syndicats d’enseignants La nouvelle commission est composée, 8 c’est la loi qui l’exige, de 12 représentants : 3 pour la FFAAA, 3 pour la FFAB, 4 pour les fédérations multisports et 2 pour les syndicats d’enseignants en arts martiaux. Ainsi les fédérations d’Aïkido ne disposent que de la moitié des sièges et n’ont pas la majorité face aux représentants des multisports et des syndicats. La scission en deux fédérations de l’Aïkido français est ainsi un danger pour la discipline, car en cas de mésentente entre les deux fédérations, les « non-aïkido » ont la majorité. D’ou l’urgence d’une fédération unique… Pourquoi une telle Commission ? Pour bien comprendre, il faut faire un petit rappel sur la notion de grades. Dans une discipline où il n’y a pas d’autre valorisation reconnue, le grade est le moyen de se situer soi-même dans sa progression mais aussi (surtout ?) de se situer par rapport aux autres. Pourtant le « DAN » est aussi un niveau, comme celui d’une marche d’escalier que l’on monte que l’on descend, sauf qu’en Aïkido, on ne descend jamais ! Le grade le plus connu dans le monde est le grade « AÏKIKAÏ ». C’est le grade décerné, directement ou par l’intermédiaire d’experts accrédités, par l’école qu’est l’Aïkikaï de Tokyo. Dans la mesure où la quasi-totalité des pratiquants dans le monde a cette école comme référence, on pourrait imaginer qu’il soit seul reconnu. En France, cela n’est pas le cas. Depuis 1963 l’État délivre les grades DAN, aussi bien en judo, en Karate-do qu’en Aïkido et dans toutes les disciplines martiales reconnues. La raison en est simple. Cela permet de contrôler l’enseignement dispensé, notamment aux enfants et de limiter la multiplication des écoles et des grades que certains s’attribuent eux-mêmes. Car c’est en étant titulaire de ce grade officiel que l’on peut prétendre obtenir, par examen en principe, un Brevet d’État permettant d’enseigner. Cette contrainte étatique peut paraître pesante mais on ne peut y échapper. Cela peut même être risqué de s’y soustraire puisque « toute personne qui se prévaut d’un dan ou grade équivalent qui n’aurait pas été délivré par la CSDGE s’expose à des sanctions pénales prévues à l’article L 433-17 du nouveau code pénal » (un an de prison et 15 000 € d’amende). La directrice des sports a adressé le 16 septembre 2003 un courrier aux co-présidents de la CSDGE leur recommandant d’être extrêmement attentifs au respect de cette réglementation et de saisir en tant que de besoin les juridictions compétentes pour faire sanctionner ces abus. Et c’est parce que l’État ne dispose pas des fonctionnaires compétents pour organiser les examens de grades DAN, qu’il délègue cette mission à la CSDGE, chargée d’organiser ces examens à sa place. Comment la CSDGE fonctionne-t-elle ? Un règlement intérieur a été élaboré après de nombreux mois de « négociations » entre la FFAAA, la FFAB et le Ministère. Il a lui aussi fait l’objet d’un arrêté ministériel publié au Journal officiel du 3 mai 2004 : Ce règlement modifie un certain nombre de choses comme, par exemple : ● Les candidats des fédérations multisports et les candidats libres peuvent désormais se présenter aux examens ; ● Les jurys ne sont plus composés que de deuxjuges ; ● Un carnet de grade UFA est créé qui ne se substitue pas au passeport mais qui devient le seul document attestant d’un grade Dan ● Les juges doivent suivre régulièrement une formation ; ● Ils doivent être titulaires du Brevet d’État ; ● Ils doivent donner leur appréciation par écrit ; ● Un conseil supérieur des hauts gradés est créé pour donner des avis à la Commission.
Illustration Claude Seyfried Bien sûr, quelques unes de ces modifications ne sont pas appréciées par certains, qui étaient habitués aux dispositions précédentes du règlement CSGA. La majeure partie de ces modifications nous a pourtant été imposée par le Ministère. Ce nouveau règlement préfigure surtout ce que sera la Commission des grades de la prochaine fédération unique dont les bases ont été jetées par l’accord signé entre la FFAAA, la FFAB et le Ministère en novembre 2003. À défaut de cet accord, le Ministère était déterminé à ne pas renouveler notre agrément ni celui de la FFAB. Qui sont les juges ? Ce sont des juges UFA (Union des Fédérations d’Aïkido). Ils ne sont que deux par Jury et il faut l’accord des deux juges pour être admis. Pour cette saison encore, à titre transitoire, les deux juges sont issus chacun d’une fédération. La saison prochaine, ils seront désignés par tirage au sort, ainsi que le prévoit le règlement. On aura ainsi la possibilité de voir deux juges issus d’une même fédération évaluer un candidat de l’autre fédération. Ceci est nécessaire pour aller vers l’union des fédérations exigée par le Ministère et souhaitée par la FFAAA. Bien sûr, les juges seront formés pour avoir une vision la plus objective possible des prestations des candidats et leurs décisions seront suivies avec soin par la Commission. Ils sont désormais tous au minimum 4 e dan pour les jurys régionaux et 5 e ou 6 e dan pour les autres, et sont tous titulaires d’un Brevet d’État. Tout ceci n’est en fait qu’une transition vers la fédération unique qui doit être mise en place en 2008 et dans laquelle, bien sûr, l’appartenance à un groupe n’aura plus de sens. Comment se passent les examens ? Les examens se passent comme d’habitude, dans les régions pour les 1er et 2 e dan, dans six centres inter-régionaux pour les 3 e dan et au niveau national pour les 4 e dan. Les présidents de ligues déterminent les dates de leur examen, en général deux sessions par an, en janvier ou février et en juin. Le grade obtenu est désormais inscrit sur un carnet de grades UFA qui est le seul document qui fera la preuve du grade, ce qui ne fait pas disparaître le passeport qui reste un document indispensable pour le pratiquant puisqu’il retrace tout son parcours d’aïkidoka. Et au-delà du 4 e DAN ? Ensuite on entre dans les grades de haut niveau. Les critères sont d’abord le respect du règlement, notamment les délais entre grades. Ensuite l’avis des instances administratives nationales est requis. Il porte surtout sur l’aspect fédéral de l’activité du postulant. Enfin, vient l’avis des techniciens qui prennent en compte tous les autres aspects. Les présidents de ligues ont également, dans ce cadre, un rôle important à jouer. Ce sont eux qui doivent détecter et proposer les pratiquants qu’ils jugent dignes d’obtenir un grade. Mais bien sûr, leurs propositions doivent être mesurées et conformes aux exigences du règlement. Enfin, les pratiquants eux-mêmes doivent se placer en situation d’être promus. La CSDGE a nommé des 7 e DAN ? La CSDGE a validé en septembre, tous les grades passés sur examens entre juin 2000 et juin 2004 puisqu’il n’y avait plus de commission officielle entre ces deux dates. Ce sont ainsi plusieurs milliers de grades qui sont enfin devenus officiels. Sur l’ensemble des deux fédérations composant l’UFA, elle a aussi nommé 23 candidats au 6 e dan et 57 au 5 e dan. Quant aux 7 e dan, la nomination de dix postulants (5 FFAAA et 5 FFAB) a mis fin, du moins on peut le souhaiter, à un contentieux ancien entre la FFAAA et la FFAB. Il s’agit de Franck Noël, Claude Jalbert, Louis Clériot, Mariano Aristin et Paul Muller pour la FFAAA et de Jean Paul Avy, Claude Pellerin, Jean Luc Fontaine, Gilbert Millat et René Van Drogenbroek pour la FFAB. La commission a également attribué des grades « sur dossier » selon une procédure prévue par son règlement soit 39 candidats au 4 e dan, 27 au 3 e dan, 29 au 2 e dan et 56 au 1er dan pour les deux fédérations. Enfin nous avons « reconnu » un certain nombre de grades étrangers attribués par des instances officielles. En conclusion, la CSDGE représente une charge très lourde, difficile à gérer car elle intervient sur le sujet le plus sensible et le plus convoité : le grade. Les amicales pressions et les récriminations acerbes existent. Elles ne doivent, ni les unes, ni les autres, altérer notre volonté de garder à tous les grades leur valeur, car ils sont la vitrine, aux yeux des non initiés, de notre discipline. Il faut aussi assurer l’équité des grades. Le règlement élaboré avec le Ministère, par sa précision, même s’il est complexe, garantit cette nécessaire équité dans les examens. Pour les grades sur dossiers et de haut niveau, la marge d’erreur est plus considérable mais ces erreurs sont souvent initiées par ceux qui proposent des grades qui se révèlent sans consistance. Ainsi, tous les responsables administratifs et techniques ontils une part dans la recherche de cette équité. Paul Lagarrigue 9



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